Vivre

28 jours sans alcool et sucre (ou presque!)

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On lit souvent qu’apprendre à dire non est l’une des actions primordiales pour connaître une paix intérieure. Est-ce un cliché? Sûrement pas! Mais comment faire? J’ai eu un wake up call assez radical récemment lors d’une émission du midi à Rythme FM alors que Sébastien et moi demandions pour notre question du jour si les gens seraient capables de faire 28 jours sans alcool. J’avais été interpellée par ce défi de la Maison Jean Lapointe en plein recrutement pour le mois de février qui approchait.

Bien que je ne sois pas une buveuse assidue et régulière — je ne bois jamais seule avec mon chum à la maison — nous avons beaucoup d’événements qui viennent troubler la donne. Un 5 à 7 pour un client, des anniversaires le week-end… Je racontais au micro que j’avais beaucoup de difficulté à dire non à un ami qui m’offre un verre, même si je n’en désire pas nécessairement. Comme si de l’accepter faisait partie de la politesse et de la bienséance d’un invité envers son hôte. Même chose pour un dessert à la fin d’un repas. On a le ventre beaucoup trop plein, mais on nous regarde avec de grands yeux… Prends-en juste un peu… Tu vas voir, la tarte au chocolat est tellement bonne! La pression sociale est à son comble.

J’ai une amie qui a pris la décision d’arrêter de boire après avoir eu des problèmes de santé. Bien qu’elle allait beaucoup mieux, elle ne souhaitait pas reprendre la route du bourbon. Un ami lui a tendu une flûte de champagne lors du nouvel an et je me souviens que son refus a été très direct. Elle nous a servi un NON sec, sans explication. Ça nous a coupé le sifflet un peu, mais je saisissais qu’elle n’avait pas envie de se justifier ou de nous convaincre un 31 janvier à 23 h 50. C’est maintenant à mon tour. Aurai-je le courage, moi, la Mitsou-fine-avec-tout-le-monde-qui-veut-plaire-à-l’univers, de faire de même?

Ben oui, j’ai été capable!

Au cours de cette même émission, une auditrice a appelé pour raconter que le meilleur moyen de refuser était de dire aux gens que l’on participait à un défi. Comme ça, les gens encouragent la personne au lieu de lui donner du fil à retordre. Je lui ai répondu que c’était une merveilleuse idée et j’ai pris la décision sur-le-champ. Catherine, la recherchiste de l’émission, est venue me voir pendant la pause et m’a lancé un défi de plus.

Pourquoi ne fais-tu pas aussi, tant qu’à faire, le défi sans sucre? Ça a l’air que l’on se sent vraiment bien après.

J’étais sur une lancée. Pourquoi pas? Mais je devais commencer tout de suite, sinon mon intention serait diluée arrivée au premier février.

Je l’ai fait. Moi, la bibitte à sucre qui ne peut pas dire non, j’ai réussi mon défi à 95 %. Il y a eu, bien sûr, la bouchée du magnifique gâteau de fête de ma fille Mila (les Italiens disent que cela porte malchance au fêté de ne pas y goûter alors je n’ai pas pris de chance!). Il y a eu aussi le verre du nouveau gin de mon ami Nicolas servi devant lui lors d’un party du Super Bowl, les quelques gorgées de vin lors d’une dégustation d’un client, les deux verres de vin servis au dîner sur la plage en vacances pendant la relâche et les cuillères de Nutella prises debout devant le garde-manger lors d’un après-midi où j’ai appris une très mauvaise nouvelle (et que personne ne vienne m’écœurer avec ça, ça arrive à tout le monde!)

Mais les autres fois, les autres occasions, j’ai dit non tout simplement, en faisant quelques blagues avec mon défi Jean Lapointe (l’humour, ça marche toujours, Lapointe en sait quelque chose) et à ma grande surprise, personne ne m’a mis de pression. J’ai autant apprécié mes mojitos sans alcool et sans sucre (le soda remplace le 7up) que les originaux en vacances. À toutes les fois, la vie a continué, la fête aussi. Au final, mon chum était bien content d’avoir une conductrice désignée et surtout, une femme plus en forme arrivée au lit à minuit… On compte des points ici!

La plus grande surprise? Mon ventre… Mon ventre qui, en deux semaines, a désenflé. Moi qui m’étais juré de ne plus vivre le traumatisme des régimes à répétition et d’accepter mon corps tel qu’il est, j’ai reçu un beau bonus! J’avais lu un jour que les gens souffrant d’une dépendance à l’alcool souffrent aussi souvent d’hypoglycémie parce que l’alcool a un effet hypoglycémiant et empêche le foie de produire du sucre et que c’est ainsi que commence le jeu des montagnes russes du taux de sucre dans le sang. J’ai réalisé que même si ma consommation était, à l’origine du défi, déjà bien petite, mettre un frein aux deux en même temps me donnait une énergie beaucoup plus équilibrée puisque l’un (l’alcool) n’appelait plus l’autre (le sucre).

Il est vrai que l’on peut créer de nouvelles habitudes en 21 jours. Après un mois et demi, je n’ai aucunement envie de recommencer, mais je me donne tout de même la latitude de prendre un verre une fois de temps en temps, à MON gré. Les autres fois, j’exercerai mon privilège avec un grand sourire, pendant que la Terre continuera de tourner et que les gens continueront de m’aimer, même si j’ai dit non.

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