Culturel

330 millions de Dieux… et bien des poubelles!

Notre voyage en Inde nous en fait voir de toutes les couleurs. Nous avons vu, ces dernières semaines, le meilleur et une partie du pire de ce que ce grand pays peut offrir.

Après nous avoir fait une grande frousse, le ciel ne nous est pas tombé sur la tête. Le deuxième cyclone que nous attendions est passé loin des côtes et nous avons pu profiter de quelques jours de détente sur le bord de la mer dans le petit village de Mahabalipuram (pas de panique! Je ne vais pas vous bombarder de noms pareils, mais je voulais seulement vous montrer à quoi ressemblent les noms tamouls… et il y en a de bien plus longs.) Une plage magnifique, mais à regarder seulement, car comme presque toutes les plages indiennes (sauf Goa), elle est remplie de déchets. Ceci dit, on était bien content quand même de s’y retrouver après le rythme infernal des villes indiennes.

Parlant d’enfer, celui des hindous est temporaire, tout comme leur paradis. Pour ce qui est des Dieux, c’est plus compliqué. Il y en aurait des dizaines de millions. (J’entends déjà les mauvaises langues dire que j’exagère, mais vous saurez qu’on parle souvent de 330 millions!!!). Un guide nous expliquait cependant qu’il n’y a en fait qu’un seul Dieu, mais qu’il prend plusieurs formes.

PONDICHERRY: LA VILLE BLANCHE ET LA VILLE NOIRE

Nous sommes ensuite partis pour Pondichéry, une petite enclave qui dut sous gouvernance française jusqu’en 1954. La ville est divisée en deux, la ville blanche, devinez pour qui… et la ville noire subdivisée en trois quartiers: musulman, chrétien et hindou. Notre guesthouse était dans le quartier musulman, juste à côté de la mosquée, un environnement très agréable, sauf lors de l’appel à la prière du matin… à 5 heures. Si vous trouvez que les cloches des églises, c’est fatigant…

Ceci dit, nous avons beaucoup apprécié cette ville tranquille et propre (pas de vaches dans les rues, donc pas de bouses, pas de déchets partout et, en prime, un peu de cuisine française).

Crédit photo: legarchatho.blogspot.com

TANJORE: ATTENTION AUX TUK-TUKS

Nous sommes ensuite retournés dans la vraie Inde, à Tanjore, avec ses foules, ses embouteillages et le reste. Nous avons pris un tuk-tuk et avons été rappelés à la prudence: nous sommes arrivés sur les lieux d’un accident. Une jeune femme d’à peine vingt ans gisait dans son sang, heurtée par un autobus qui roulait à toute vitesse. Il faut dire qu’en Inde, il y a très peu de trottoirs et qu’ils servent la plupart du temps de stationnement ou d’extension des commerces et ateliers.

Les piétons marchent donc dans la rue, frôlés par les motos, tuk-tuks, autos, camions, etc. C’est TRÈS stressant et le soir, c’est presque suicidaire.

On a passé 4 jours dans cette ville et malgré tout, on s’est payé la traite: un spectacle de musique extraordinaire et un bon souper de fin d’année en regardant un spectacle de danse traditionnelle tamoule.

LES TEMPLES POUR PRIER… ET OUBLIER

 
Dans toutes les villes visitées, beaucoup de temples hindous dont certains sont assez intéressants, d’autres plus ordinaires. (Il faut dire que des temples, on en a vu beaucoup dans nos voyages précédents.) Mais ce qui est toujours impressionnant, c’est tout le travail de sculpture fait par des milliers d’artisans pendant des décennies et parfois des siècles pour honorer les Dieux. À l’époque, c’était les rois qui commandaient ces temples grandioses sensés leur garantir une prochaine vie encore meilleure, ou du moins, faire oublier les massacres qu’ils avaient perpétrés. Aujourd’hui, ce sont les pauvres qui paient pour construire de petits autels modestes à tous les coins de rue. Les hindous prient beaucoup, surtout pour demander des faveurs et éloigner les malheurs.

Il faut dire que pour la plupart, la vie n’est pas facile. Les gens travaillent beaucoup, surtout les femmes, qui font une grande partie du travail agricole, surtout dans les champs de riz et de thé. On les voit aussi transportant des grosses chaudières de cailloux et de terre pour la construction ou la réparation des routes.

Pourtant les gens sont toujours souriants et semblent aimer la vie. Ils se satisfont de leur sort et ça les aide à vivre heureux.

POLLUTION À PROFUSION

La pollution de l’air est étouffante. Comme il y a peu ou pas de collecte des ordures, les gens brûlent les déchets sur le bord des rues.  D’autres utilisent des bouteilles de plastique vides comme combustible pour cuisiner… Le nombre de voitures et de motos augmente très rapidement, mais les règlements antipollution ne sont pas appliqués. Des fois on se sent ridicule de venir se faire polluer les poumons, nous qui faisons attention à notre santé au Québec.

Le fait de se déplacer en tuk-tuk n’aide certainement pas, mais on a fait ce choix, car on a pas le budget pour les taxis. Je comprends mieux les Chinois qui se promènent presque toujours avec un masque pour se couvrir la bouche et le nez. Ce sera mon prochain achat si j’en trouve…

Le pays se développe, mais le manque d’éducation, de formation et la religion est un frein important. J’ai lu dernièrement un article dans la presse sur les 10 choses qui avaient changé en Inde ces 10 dernières années. (Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez lire l’article ici)

Préparer un voyage en se servant de guides et d’Internet, c’est une chose, mais faire le voyage, c’est une tout autre chose. Nous étions assez bien préparés, mais on a trouvé que visiter le Tamil Nadu, la région où on était, c’était beaucoup plus difficile que ce qu’on avait prévu: pollution, difficulté à communiquer, car très peu de gens parlent anglais, foules étouffantes, temples moins intéressants que prévu, etc. On a donc décidé de modifier notre itinéraire et on est partis vers le Karnataka et Goa.

GOA: UNE PLAGE AU PARADIS

Le prix à payer: trois longs trajets d’autobus (9 à 10 heures chacun) dont certains de nuit. On s’était promis de les éviter à tout prix, car les chauffeurs se droguent souvent pour ne pas tomber endormis, mais on n’avait pas le choix étant donné qu’il n’y a pas de train.

Mais ça valait la peine. Après une journée à Bangalore, la Silicon Valley indienne, où j’ai pu avoir une coupe et une teinture de cheveux (j’étais plus que due!) et visiter un beau parc, on est arrivés à Hampi, un petit village bâti au milieu des ruines d’un des plus grands royaumes de l’Inde. On a pris un guide pour visiter les principaux temples construits dans un décor magnifique d’immenses rochers. Une ambiance magique. Dans ce petit village tranquille, on ne vit que du tourisme. Le matin, les gens se rassemblent à la rivière pour se laver et laver leur linge. Nous, on avait la douche, mais le matin, en ouvrant la porte de notre chambre d’hôtel, on était accueillis par des vaches qui semblaient attendre pour se faire flatter.

Enfin, on s’est payé quelques jours à Benaolim (Goa), sur la plus belle plage que j’ai jamais vue, longue de 27 kilomètres et large de 150 mètres. Non, je n’exagère pas quoique puissent en penser mes sœurs… On a même loué des vélos pas de vitesses, pour se rendre à l’une des extrémités sur le sable durci. On était dus pour faire un peu d’exercice autre que la marche. Nos pauvres genoux!

On s’est sentis en vacances. La mer était magnifique. On mangeait dans de petits restaurants sur la plage. Il y avait du poisson, de la bière, des couchers de soleil, tout pour nous réconcilier avec l’Inde. Que voulez-vous de plus?

La prochaine étape? Notre grand départ, pas en bus cette fois-ci, pour le Sri Lanka! Je ne sais pas ce qui nous attend là-bas et tout ce que j’espère, c’est de pouvoir vous le décrire dans quelques semaines!

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