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5 films effrayants qui valent la peine d’être revus

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E.T. – Mes parents ont toujours su exercer un bon jugement sur ce que nous avions le droit de regarder ou pas. Ils n’ont jamais été particulièrement sévères, mais nous n’avons pas visionné des films ayant le potentiel de trop nous impressionner, comme Le Seigneur des anneaux, avant d’avoir 10 ans. Pourtant, ils ont commis sans le savoir une erreur monumentale : ils m’ont permis de voir E.T., un film qui m’a hanté pendant plus d’une décennie, quand j’avais 3 ans.

films_etLa figure d’E.T. l’extraterrestre est mon plus grand traumatisme d’enfance. Elle a été pendant près de quinze ans mon cauchemar personnel. Hier soir, après maintes tentatives de la part de ma famille de me convaincre d’affronter ma peur, j’ai finalement décidé de redonner une chance au film. Après tout, il s’agit d’un classique réalisé par l’un des géants du cinéma, et l’un de mes grands favoris, Steven Spielberg. Je me suis donc assise samedi soir dans mon salon avec deux amies en guise de soutien moral et j’ai démarré le film, le cœur battant.

Revoir le film 14 ans plus tard n’a pas empêché les larmes d’effroi de monter encore à mes yeux à la vue du visage d’E.T. Je ne peux nier par contre que cela m’a permis d’apprécier le film à sa juste valeur. Je vais donc admettre, malgré ce qui m’en coûte — c’est-à-dire un «je te l’avais dit!» bien affirmé de la part de ma mère – que E.T. l’Extraterrestre est un film formidable qui mérite son statut de classique. On y retrouve tout le génie de Spielberg, qui utilise divers trucs de réalisation comme le fait de toujours filmer du point de vue des enfants en plaçant la caméra à leur hauteur afin de créer un effet de réalisme subtil, mais poignant. Les enfants acteurs sont charmants et entraînent facilement adultes comme enfants dans leur univers d’innocence. Il s’agit d’ailleurs du premier long-métrage de Drew Barrymore, qui poursuivra par la suite une longue, mais tumultueuse, carrière qu’elle décrit dans son autobiographie, Little Girl Lost. La superbe cinématographie est bien sûr merveilleusement soulignée par la musique de John Williams qui crée, avec ses grands thèmes, une atmosphère magique et enivrante. L’ensemble produit chez le spectateur un sentiment grisant d’aventure. L’histoire d’E.T. est simple, mais enchanteresse, et elle est livrée de manière à ce que tous puissent l’apprécier. Le critique Roger Ebert a dit d’E.T. que c’était, tout comme Le Magicien d’Oz, «un film avec lequel on peut grandir et vieillir». J’ajouterais que c’en est un qui vieillit bien. Alors si vous ne l’avez jamais vu, ou ne l’avez pas revu depuis votre enfance, louez-le, regardez-le et montrez-le à vos enfants (pourvu qu’ils aient au moins 5 ans, afin d’éviter que le visage d’E.T. soit pour eux comme pour moi une source d’effroi pendant des années…) puisque E.T. l’Extraterrestre est un film qui rend heureux.

POULETS EN FUITE / WALLACE ET GROMIT

films_poulets-en-fuiteIl semble y avoir une tendance relativement à ces films: la plupart de ceux qui les ont regardés enfants en ont eu peur, et pourtant, ils disent les avoir tout de même aimés. Pour ma part, ma sœur et moi avons tellement regardé la cassette VHS de Poulets en fuite que nous l’avons brisée. Pourtant, ce film me terrifiait. Je crois aujourd’hui que c’est surtout le style d’animation en pâte à modeler qui m’a effrayée. En les regardant plus vieille, j’ai réalisé à quel point les films de cette collection étaient en fait intelligents, originaux et surtout, drôles. C’est l’humour britannique à son meilleur et c’est peut-être exactement pour cela qu’ils sont encore plus divertissants pour les adultes que pour les enfants. Il s’agit également d’un film d’animation qui diffère des autres du même genre par l’audace de son histoire qui ne suit pas une formule classique et qui est, au contraire, pleine de rebondissements. C’est un film qui est à bien des égards innovateur et inventif et qui vaut assurément la peine d’être revu aujourd’hui, même s’il vous inspirait la peur lorsque vous étiez enfant.

POLTERGEIST (1982)

films_poltergeistJe n’ai jamais été fan de films d’horreur. Je dois pourtant admettre avoir, comme plusieurs, une sorte de fascination morbide pour ce qui a trait à l’occulte. Si des films d’horreur comme Décadence et The Human Centipede ne m’intéressent aucunement, ceux dans la veine de Poltergeist peuvent parfois piquer ma curiosité. Ces films me semblent d’une certaine manière, plus pertinents et certainement plus effrayants, car ils touchent des peurs profondes qui sont ancrées en nous et face auxquelles nous nous sentons complètement impuissants puisque nous ne pourrions nous défendre d’aucune manière si elles s’avéraient être fondées. Ce qui est particulièrement attrayant dans ce film de Spielberg, c’est le fait que contrairement à la majorité des autres films de ce genre, celui-ci ne fait pas que lancer à la figure des spectateurs effets spéciaux après effets spéciaux. Au contraire, Poltergeist se concentre plutôt sur le côté «humain» de l’attaque surnaturelle, c’est-à-dire qu’il s’attarde à la manière dont la famille visée est affectée par les activités paranormales qui l’affligent. On ressent un certain lien avec les personnages qui nous sont présentés et ceux-ci ne sont pas écrits de manière complètement unidimensionnelle comme il est d’ordinaire le cas dans la plupart des films d’horreur. Poltergeist est un film à suspense efficace et bien réalisé qui offre plus en matière de contenu, et qui est donc de manière générale plus intéressant. Si j’ai un film d’horreur à recommander, c’est bien celui-là.

LE LABYRINTHE DE PAN

films_panslabyrinthLe Labyrinthe de Pan se présente à première vue comme un conte de fées plutôt classique: une fillette débordante d’imagination rencontre dans un labyrinthe une faune qui la croit être la réincarnation de la princesse perdue d’un royaume souterrain. La fillette doit entreprendre une quête en trois parties au terme de laquelle elle retournera auprès de ses parents. Pourtant, le film s’avère être à l’opposé d’une histoire pour enfants. Il est d’ailleurs classé «R». Ancré dans la tradition latino-américaine du réalisme magique, le récit présente de nombreux éléments fantastiques parfois enchanteurs, mais le plus souvent sordides ou effrayants, qui se déroulent tout de même dans le monde «réel», quelques années après la guerre civile espagnole. Le spectateur est donc inévitablement porté à se demander si les aventures de la jeune Ofélia ne sont que le produit de son imagination et sa manière d’échapper aux atrocités et à la violence de l’univers dans lequel elle grandit. Pourtant, ce monde dans lequel elle s’évade est sombre, angoissant et dangereux lui aussi. C’est un monde qui fait peur et qui rend parfois inconfortable. Même si je l’ai découvert tard dans l’adolescence, il m’a effrayée, mais également fascinée. Guillermo del Toro n’a créé rien de moins qu’un chef-d’œuvre avec ce conte de fée pour adultes qui regorge de symbolismes puissants, de scènes troublantes et de moments touchants. Même si vous avez été, comme moi, hantés par les images de l’humanoïde pâle et rachitique qui porte ses yeux dans les paumes de ses mains, il vaut définitivement la peine de tenter de surmonter votre dégoût comme je l’ai fait pour redonner une chance au film. Il s’agit d’un récit poignant et réalisé de manière brillante, mais qui est malheureusement souvent négligé ou sous-estimé.

LES DENTS DE LA MER

films_jawsIl va sans dire que Les dents de la mer est un classique incontestable de l’histoire du cinéma, mais qu’il est probablement également la source d’une phobie irrationnelle de l’océan chez plusieurs, ce qui est tout à fait compréhensible étant donné le génie de sa réalisation. Spielberg a réussi en effet à créer un film à suspense captivant et à instaurer chez les spectateurs un sentiment puissant de peur face au requin, et ce même si celui-ci est en fait à peine montré à l’écran durant le film. Sa présence est plutôt suggérée par diverses astuces qui laissent deviner qu’il est à quelques mètres seulement des protagonistes et qu’il représente un danger imminent pour ceux-ci. Les dents de la mer est un exploit de réalisation où s’enchaînent images et dialogues mémorables le tout accompagné de l’inoubliable trame sonore de John Williams, qui est aujourd’hui peut-être encore plus connu que le film lui-même. Les dents de la mer est encore aujourd’hui un film impressionnant, effrayant, mais surtout, incroyablement divertissant.

Dites-moi, quel film vous a fait le plus peur quand vous étiez enfant?
Voici ceux qui ont marqué l’équipe de blogueurs de Mitsou.com.

Anne-Emmanuelle Cyrenne:
Le peintre dans Opération beurre de peanut et le géant difforme dans les Goonies!

Abeille Gélinas:
Oh mon dieu! Opération beurre de peanut était tellement traumatisant.
Sinon, les Gremlins.

Alex Marsolais:
Les Gremlins! Et la fille dans Poltergeist! J’ai été incapable de regarder les 3 films jusqu’à la fin!

Lory Zephyr:
C’est un peu évident d’en avoir peur, mais j’ai entrevu la poupée Chucky jeune et c’est clairement mon traumatisme d’enfance. Plus de 20 ans plus tard, je n’ai jamais regardé les films

Josée Brunet:
Chucky. Et l’abominable lutin un peu plus vieille.

Annie Leclerc:
Freddy… J’avais peur de m’endormir de peur justement d’aller le retrouver!
Jaws aussi… Au point où je m’imagine le point de vue des requins quand je nage dans la mer!
Et bien sûr, Poltergeist.

Sylvie Savard:
Petite, c’était le grand méchant loup dans Le rock du grand méchant loup
Je l’ai réécouté hier… Il était finalement très sexy dans son genre.

Kia Martin (la belle-fille de Mitsou):
Moi aussi c’est E.T. qui m’a traumatisée! Je ne sais pas si Mitsou s’en souvient, mais nous avions loué E.T. à la maison lorsque j’avais 7 ans et j’ai eu tellement peur que je n’ai rien compris de l’histoire. Par la suite, je ne pouvais pas dormir… Mon papa s’est levé en plein milieu de la nuit pour regarder un film de Barbie avec moi pour me changer les idées!

Comme quoi, même Mitsou a fait ce genre d’erreur de belle-mère!

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