Vivre

Au Sri Lanka avec une dent de Bouddha

Nous venons de faire un petit vol tout doux d’une heure pour nous retrouver dans la capitale du Sri Lanka, Colombo. Notre guide du routard indiquait bien qu’il n’y avait pas grand intérêt dans cette grosse ville tout aussi bruyante que celles en Inde, à l’exception qu’il y a des trottoirs et des traverses de piétons que tous les véhicules motorisés respectent, à quelques exceptions près (enfin!).

Je dois vous dire que Colombo est un passage obligé pour faire la demande d’une prolongation de nos visas de touristes et réserver nos billets de train pour visiter le triangle culturel au nord de l’île. On en a quand même profité pour flâner dans les rues du fort qui sont le noyau historique de la ville, même s’il y a aussi quelques gros édifices modernes.

Notre guesthouse était un peu éloigné du centre, mais la dame qui nous louait était d’une grande amabilité. Très souvent, elle nous a servi de guide et d’interprète. On a même eu la chance d’apprendre sur sa philosophie bouddhiste. Sa mère, après avoir élevé ses enfants, est devenue moniale (religieuse cloîtrée), ce qui est permis chez les bouddhistes, et d’après ce que j’ai compris, elle suivra les traces de sa mère.

UNE DENT DE BOUDDAH

Après quelques jours à Colombo, nous avons commencé notre périple du triangle culturel. Des petites villes, ou plutôt des villages, où l’on sent la ferveur religieuse des lieux saints. Pour nous, c’est tout un mélange de croyances, de «bondieuseries» et souvent de mythes, mais c’est tellement étrange que ça nous attire. Par exemple, on a visité un temple où une supposée dent de Buddah est conservée comme une relique dans une espèce de tabernacle. Cette dent aurait été sauvée lors de la crémation de Bouddha et aurait voyagé de l’Inde jusqu’à Kandy, au centre du Sri Lanka dissimulée dans la chevelure d’une belle princesse. Des milliers, voire des millions de bouddhistes et de touristes se déplacent à Kandy pour défiler devant l’autel de la dent et y apportent des offrandes et beaucoup de fleurs. Certains, des étrangers, probablement des «langues sales » disent que c’est une dent de buffle… L’important dans ce cas-ci, c’est la foi. À chacun la sienne.

Immense statue de Bouddha ( Dambulla)

LE TRIANGLE MÉTÉO

Nous avons fait tout le triangle culturel, mais météorologique aussi!
Après les cyclones de l’Inde nous avons eu droit au changement climatique avec une grosse semaine de pluies torrentielles, mais heureusement chaudes. En toute confidence, ce n’est pas trop agréable de vivre dans nos valises qui ne contiennent que des vêtements humides. Sans soleil, rien ne séchait, je pense que vous pouvez imaginer…  En plus, les petites guesthouses cheapo n’étaient pas de nature à nous réconforter. Comme lorsqu’il y a une tempête de neige au Québec, tout le monde ici parlait de la température. Ici aussi, c’était un bon sujet d’introduction pour entamer la discussion avec les Sri Lankais et les étrangers. Nous avons fait quelques belles rencontres. C’est toujours agréable d’échanger sur nos expériences de voyage et parfois même sur nos vies avec des gens qui viennent de partout. Quant aux Sri Lankais, ils sont, comme les Indiens, toujours souriants et d’une grande gentillesse.

Temple Bouddhiste du premier siècle à l’intérieur d’une caverne.

L’ENFER MOINS LE FEU

Tant qu’à vivre des expériences, en voilà une qui nous a marqués. Prendre le train 2e classe à 6 h du matin pour un trajet de 5 h… comment vous le décrire… Probablement l’enfer moins le feu! Non. Dans mon petit catéchisme, on ne disait pas que l’enfer c’était bruyant, non, juste brûlant… Il m’a fallu à quelques reprises respirer par le nez pour ne pas paniquer dans cette chaleur étouffante alors que j’étais entourée de dizaines de personnes se tenant debout tant bien que mal sur un ou deux pieds faute de places assises. J’avais déjà vu des reportages à la télé sur les trains en Asie, mais je ne pensais pas que je me retrouverais un jour dans cet enfer. J’espérais réserver en première classe, mais il y a très peu de trains qui ont une première classe et quand il y en a une, elle n’a vraiment rien à voir avec la nôtre. Oubliez les petits chocolats offerts par VIA Rail Montréal/Toronto.

SNOWBIRDS ASIATIQUE

Ce train nous a tout de même amenés sur une très belle plage du sud (Bentota) où nous sommes présentement, nous régalant d’un soleil ardent et d’une vue magnifique. Le reste de notre voyage devrait plutôt ressembler à ça, car nous sommes ici en tant que «snowbirds asiatiques», ne l’oubliez pas.

Wow! Que l’eau est chaude. Je me jette dans les vagues et rigole sous l’œil observateur de mon chum (parfois, je ris jaune, car j’ai un peu peur de l’eau), mais la plupart des heures que je passe sur la plage et sous le parasol, je les passe à lire un livre super passionnant de Ken Follet. En fait c’est une trilogie et je suis en train de lire le dernier. Les 2 premiers racontent respectivement les première et deuxième guerres mondiales à travers des personnages tout aussi attachants les uns que les autres. Le 3e livre raconte l’après-guerre vécue par les enfants des personnages principaux des deux premiers tomes. L’époque des Kennedy, leur assassinat, etc. On y traite des ségrégationnistes et des luttes de Martin Luther King visant à obtenir l’égalité pour les noirs. On y parle des joutes politiques de Kennedy pour garder le pouvoir le temps d’un autre mandat à la Maison-Blanche, malheureusement aux dépens des droits civiques. Si on pouvait enseigner l’histoire comme le fait cette trilogie, il y aurait pas mal plus de monde qui s’y intéresserait.

RETENIR L’HISTOIRE

En lisant ce livre, je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle avec ce qui s’est passé à Québec. Haine des noirs, haine des juifs ou haine des musulmans, quelle est la différence? Je ne peux pas non plus ne pas en faire un, avec le nouveau président Trump qui crée un climat de haine et d’inégalité entre les peuples. On dirait qu’on a rien retenu de l’histoire. Faudrait peut-être commencer à l’enseigner comme dans les romans de Ken Follet…

Malgré tout, je me sens encore une fois choyée de me balader d’un pays à l’autre, de faire des rencontres enrichissantes et de prendre le temps de faire des belles lectures.

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