Culturel

Barbie a une bedaine!

barbie_3

Quand j’étais petite, presque toutes les jeunes filles jouaient à la Barbie… Sauf moi! Mes parents hippies n’étaient tout simplement pas du type «plastique». Ça, c’était jusqu’à ce que la tante de mon père m’offre ses propres Barbie des années 50 et 60. Pas juste les poupées, mais aussi les vêtements, accessoires et sacs pour voyager avec elles partout dans le monde… et surtout, jusque dans mon sous-sol où elles ont débarqué comme sur un tapis rouge.

J’hallucinais! Je me suis mise à jouer à la Barbie (sans Ken). Je n’ai aucun doute que d’avoir eu ces poupées vintage entre les mains a eu une influence sur le look des années 50 et 60 que j’ai souvent emprunté. Quand je regarde ces vieilles photos du début de ma carrière, je réalise à quel point je suis restée longtemps dans le La la land de ces fameuses poupées Mattel. Cette photo (avec mon pauvre père qui a dû jouer le jeu avec moi pour la caméra d’un magazine à potins) en est un exemple flagrant.

barbie_1

Je n’ai pas pu garder tout l’héritage de la tante. Les poupées et leurs habits se sont perdus avec le temps, sinon jetés aux poubelles par mon père qui était trop impatient que ses filles fassent le ménage de la salle de jeu. J’ai réussi par contre à garder toute ma vie un sac original de la collection (j’avais les poupées qui y sont imprimé).

barbie_5

Nous avons tous une relation amour/haine avec l’image que ces jouets projettent. Je me souviendrai toujours de mon ami Marco, dans l’autobus scolaire, qui écrase la tête d’une Barbie entre ses doigts et qui dit, debout dans l’allée «regardez, c’est Mitsou!». Son geste m’a marquée pour des décennies. J’avais l’impression d’être un modèle pas si mal, mais écrapou. J’ai inconsciemment attendu une vie que le Bon Dieu vienne me tirer par les pieds et la tête pour me donner la bonne forme. Je ne suis certainement pas la seule à avoir l’impression de ne pas avoir été faite dans le bon moule. J’ai pu dire bye bye aux poupées, mais pas aux régimes qu’elles m’ont infligées.

Les filles jouent beaucoup à la poupée Barbie vers 9 ans, l’âge ingrat où leurs hormones font rapidement et bizarrement évoluer leurs corps, les épaississant avant de les faire grandir. N’est-ce pas le pire moment pour manipuler une minifemme de plastique avec laquelle aucun mannequin ne pourrait même rivaliser? Mattel se devait de moderniser son offre et de donner au public ce qu’il réclamait (surtout que les ventes de miss plastique déclinaient à vue d’œil). On a lancé hier trois nouvelles morphologies: la grande, la petite et la ronde, ayant différentes teintes de peau. Sur photo, de face, la ronde m’a semblée inspirée de la silhouette de Kim Kardashian, avec des hanches et des fesses rondes. Bref, elle avait un booty parfait, comme la mode populaire l’exige maintenant. De quoi complexer une couple de filles qui n’ont pas la silhouette hispanique de Kim et JLo. Je l’avoue, j’étais un peu déçue de ne pas mieux m’y retrouver. Mais c’est en voyant une photo de Miss B de côté que j’ai explosé… Quoi? C’est un mirage? Non! C’est bien vrai! Je l’ai vue! Barbie a une petite BEDAINE comme mouaaaaaaaa!!!!!! Et elle porte des talons PLATS en pluuuuuussssss!!!!!! Alors maintenant, j’y crois. Dieu existe! Il a exaucé mon vœu le plus ancien. Je ne voyagerai plus jamais seule dans l’univers. Maintenant, à quand la Barbie préménopausée?

Partager cet article

Vous aimerez également