Culturel

Berlin: le mur maquillé

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Il y a des murs que l’on construit en soi pour ne pas laisser les autres nous atteindre. Il y a les murs pervers, que l’on peut escalader pour s’exciter de voir ce qu’il y a de l’autre côté. Et il y a les autres murs. Ceux qui isolent les populations pendant trop d’années et qui un jour se démantèlent à coups de pioche et de pied.

Le mur de Berlin. Il était là, devant nous, comme un vieillard, gris, percé, affaibli. Je le regardais, tentant d’imaginer celui qu’il avait été. Un grand gaillard féroce, manipulateur sans aucune compassion humaine. Aujourd’hui, il est devenu un lieu de rassemblement historique. On l’a graffité, émietté, puis décoré de différentes expositions. Quand j’y étais cet été, c’était War on Wall sur la Syrie. Les photos des murs de maisons bombardées à des milliers de kilomètres étaient appliquées sur des briques qui ont étouffé une partie de la population allemande. Un drame d’aujourd’hui appliqué sur les vestiges d’un des plus grands drames du siècle dernier. Ça fout la trouille.

On y découvre les portraits et récits des enfants, des femmes et des hommes charcutés, tentant de poursuivre leur vie sans jambe, bras ou pire, sans les êtres chers qui ont mordu la poussière. War on Wall nous sensibilise sur la réalité des habitants atteints par la guerre qui sévit depuis cinq ans, mais aussi sur la réalité des réfugiés qui n’ont eu d’autre choix que de quitter leur pays. Aujourd’hui, un quart de million de Syriens ont été tués et plus d’un million et demie ont été blessés, sept millions ont été déplacés sur leur propre territoire et quatre millions de réfugiés ont quitté leur pays.

Crédit photo: Gesellschaft für Humanistische Fotografie -GfHF http://icrowdnewswire.com/

Le mur de Berlin a été maquillé, mais le drame humain est encore malheureusement d’actualité. C’est à cela que je pensais quand j’ai rencontré Julie et ses canons des Forces armées pour Mitsou et Léa. C’est à cela que je pense quand Trump parle d’ériger un mur à la frontière du Mexique, c’est à cela que je pense quand je lis sur la télévision de Russie qui annonce l’imminence d’une troisième guerre mondiale. C’est à cela que je pense quand j’ouvre le journal ou que je regarde le téléjournal à toute heure du jour et que je me réconforte entre les quatre murs de ma maison au Canada.

L’épisode Femmes de combat de Mitsou et Léa sera présenté une dernière fois ce dimanche à 19h sur la chaîne Moi&cie.


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