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Berlin : le musée du pire

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Il nous arrive à Iohann et moi d’avoir des idées originales, mais j’avoue que quand Io m’a lancé : Pourquoi on n’irait pas à Copenhague et Berlin cet été?, je n’avais pas imaginé à quel point ce voyage serait différent des autres.

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Je l’ai réalisé en réveillant mes filles dans la chambre d’hôtel en ce matin de juillet. Habillez-vous les filles, on s’en va au Musée de l’holocauste. J’avoue aujourd’hui que j’aurais aimé avoir eu la présence de les préparer à ce qu’elles allaient voir, mais mon été avait été rempli de tournages pour ma nouvelle émission Mitsou et Léa, puis j’ai eu cette commotion cérébrale. Deux bonnes excuses pour ne pas être prête pour une telle visite. La découverte en fut d’autant plus percutante.


Les jours précédents, nous avions visité le mur de Berlin, la Place du 18 mars, la tour de Berlin et le musée de Dali (j’ai adoré ce dernier), mais cette journée serait différente des autres. La pluie ajoutait à la grisaille de la journée. Nous étions fébriles d’arriver sur ce lieu situé en plein cœur de Berlin. Le Mémorial de l’Holocauste a été créé Peter Eisenman en 2005 à la mémoire des Juifs d’Europe assassinés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Le musée est enfoui sous la terre est recouvert de 2 711 blocs de pierres gris foncés, créant une œuvre d’art saisissante.

Le champ de stèles


Ce champ de pierres de grosseurs différentes évoque des pierres tombales, mais sans aucune inscription. On y entre comme dans un labyrinthe suffocant, seul, car les corridors n’ont volontairement pas été créés assez grands pour que l’on puisse être deux. Une sensation de crainte nous envahit en découvrant cet univers plus que froid, mais ô combien révélateur. Plus on avance, plus le sol semble se dérober sous nos pieds.

Le centre de documentation

Sous ce champ de pierres, on peut visiter le centre de documentation qui comprend quatre salles distinctes. Dans la première, on marche sur un plancher translucide où sont reproduites en format géant des pages de lettres et de carnets personnels d’hommes, d’enfants et de femmes qui décrivent les peurs, les questionnements des premiers jours, parfois l’espoir de retrouver les leurs, parfois l’horreur dans toute sa lucidité.

La seconde, la salle du silence, présente l’histoire de douze familles en photos. Avant, pendant et après. Des gens de nationalité, culture et classe sociale différentes, comme moi, comme vous, qui ont vu leur clan happé de plein fouet.

La salle des lieux relate l’extermination sous toutes ses facettes : les sévices, les exécutions en masse et le génocide à l’échelle industrielle dans les camps d’extermination et de travail forcé.

En terminant, on entre dans la salle des noms où une voix nomme le nom de chacune des 6 millions de victimes de l’Holocauste, avec une très courte biographie, alors que les noms s’affichent aux murs du monument. Il faudrait y rester quinze ans pour entendre la présentation de toutes les victimes.

Encore aujourd’hui

Ce qui nous est resté de cette visite? C’est d’avoir concrétisé à jamais dans nos âmes le destin non pas seulement de cette population, mais des individus. Mes enfants l’apprendront dans les livres, comme nous l’avons fait, mais leur perspective du monde en sera transformée à jamais. En résumé, comme dit Mila, être raciste, ça peut être pire que tu penses. Le plus dur est de savoir qu’encore aujourd’hui, une personne peut entraîner tout un pays vers le pire. Cela commence par des idées, des propos tenus qui confortent une partie de la population et qui font boule de neige. Pour l’éternité, il faudra dénoncer la bêtise humaine et malheureusement subir les choix des autres. En espérant que le choix de nos voisins du sud ne créera pas plus de confusion et d’incompréhension entre les différentes cultures et religions de notre belle planète.

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