Vivre

Briller, ça dérange…

gala

Page blanche. Il y a pourtant tant de mots qui se heurtent dans ma tête et qui ne désirent que se pointer le bout du nez sur cette page vierge de verbes. Ils seront au départ probablement un amas chaotique et puis prendront forme à la pointe de mes doigts. Je sais que je pondrai un texte sorti du creux de mon ventre parce que… c’est ce que je fais.

J’écris, avalée par la spontanéité. Sans calculs ni manigances. Sans prévoir ni présager. J’écris. La question est la suivante. Ai-je envie de publier ces deux, trois, derniers billets qui trouvent refuge dans le coin d’un dossier d’ordi?   Ai-je encore le souhait d’ouvrir mon journal intime? J’écrirai et la suite je la découvrirai. Voilà. Je ne suis pas prête ni à oui ni à non. J’ai simplement besoin de coucher sur papier cet état qui me perturbe. Sans fla-flas. Sans rimes, ni rythmes et surtout pas de trompette. Non. Les trompettes demeurent au lit ce soir.

Briller ça dérange. Briller ça confronte. Briller ça perturbe. Ça bouscule les petits nuages gris renfrognés dans leurs nombrils et je m’objecte. Ils ne feront pas taire qui je suis. Je refuse, je les rejette, je les dénonce et les pointe du doigt. Ces p’tits bouttes de cumulus colériques et névrosés qui trainent tout à coup dans mon ciel n’auront pas le dessus sur les rayons qui plombent sur ma tête en ces jours heureux. Je n’ai pas volé mon bonheur. Des minis bouttes d’humains grognons et négatifs ne viendront pas effacer le sourire esquissé sur le bout de mes lèvres. Ce sourire-là, ça fait des années que je l’attends. Et des p’tits bouttes à deux pattes, aux yeux mesquins, il y en a une trâlée cachés dans les couloirs sombres et les racoins. Et quand tu brilles, ils sortent de tous bords tous côtés avec leur venin et ils tentent de frapper là où ça fait mal, dans notre milieu tout doux qui bat vite, là où on est vulnérable.

Pourquoi? Pourquoi certaines personnes décident de te prendre en grippe et de faire de toi une obsession? Pourquoi certains malheureux harcèlent, intimident et prennent plaisir à vouloir crayonner de noir ta page blanche? Jalousie, envie, rivalité. Peur.

Nous sommes nés pour un petit pain. C’est inculqué dans notre quotidien. Le succès nous effraie. Rayonner nous libèrerait de ce que l’ont connait depuis des lustres. Nous perdrions tout repère et risquerions de déranger ou même de perdre notre entourage. Se faire tout petit rassure nos pairs. Rester minuscule dans la file en attendant que demain recommence, même heure, même lieu, même train-train, c’est rassurant. Vibrer? Pas trop fort. Changer? Pas trop souvent. Devenir propriétaire? Pas vraiment. Locataire, c’est bien moins compromettant. Locataire de ce temps emprunté sans tenter de sortir des sentiers battus, sans exploiter la clairière des infinis, battre des mains au même rythme que son prochain. Je ne suis pas d’accord.

europe

J’ai choisi de mettre fin aux tabous, de casser le rythme du non-dit, de lutter contre le silence et de régner dans mon monde. Mon monde. Il m’appartient. Mon univers est empreint de défis et je retrousse mes manches afin de faire taire cette petite voix, celle qui, trop souvent, a éteint sa lumière pour faire partie du troupeau. De peur. Peur d’avoir l’air. Peur d’être. Peur de vivre les bras grands ouverts, et de radier, resplendir, flamboyer à sa pure potentialité. Et oui, à travers les fissures du plancher, des mains essaient d’agripper mon bonheur et se battent pour l’enfermer dans une case sombre, noire, exempte de lumière.

Je me battrai à nouveau. Je rayonnerai aussi fort que les projecteurs d’un plateau de tournage. Je brillerai autant et aussi souvent que mon petit cœur le souhaite. Je le répands dans mon entourage, sur mes réseaux sociaux, dans la rue alors que je gambade le cœur léger. Je le crie haut et fort au bras de mon homme qui rayonne lui aussi. Ça gosse. Ça dérange. Ça fait jaillir de la noirceur et du ressentiment. Tant pis pour eux. Moi, je suis. Et je vous souhaite d’être. Totalement, entièrement, sans censure. Conséquents et en équilibre. Diplomates, mais sans compromis de l’essence du je-me-moi. Et lorsqu’un petit cumulus essaiera de se placer devant votre soleil, soufflez-lui des cœurs. Faites un Calinours de vous-même. L’amour triomphe toujours.

calinours

Entourée de mes amies, mes inconditionnelles, mes vraies, lors de mon mariage, je danserai sur les airs de Rihanna en chantant  SHINE BRIGHT LIKE A DIAMOND. Même si c’est quétaine. Ma couronne sera bien en place et celle-ci me protègera de la pluie de ces nuages gris, qui essaient fort de secouer mon univers et d’effacer mes couleurs.

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