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Chrissy Teigen s’ouvre sur sa dépression postpartum

Crédit photo: instagram.com/chrissyteigen

La psychologie périnatale, c’est ma spécialité. Plus que ça, c’est ma passion! Comprendre les enjeux qui entourent l’accouchement, la période prénatale et postnatale est un champ d’expertise qui mérite d’être connu davantage.

Au cours de ma pratique clinique, j’ai rencontré plusieurs parents ou des futurs parents qui vivaient des émotions intenses et des changements de comportements en lien avec le désir d’enfant, la grossesse ou l’arrivée d’un nouveau bébé. Ce qui est généralement présent, c’est ce sentiment d’être seul à vivre ces chamboulements. Et pourtant, s’il y a bien une utilité à la psychologie périnatale, c’est bien d’exposer que ces processus multiples sont généralement communs.

Ceci dit, de plus en plus, certaines personnalités publiques s’expriment sur les hauts et les bas de la maternité et de la parentalité. C’est le cas de Chrissy Teigen, cette auteure, mannequin, animatrice, maman, femme du chanteur John Legend et reine des médias sociaux! Dans une lettre parue dans le magazine Glamour, elle dévoile avoir vécu une dépression postpartum. Avec toute l’honnêteté qu’on lui connaît, certaines phrases-clés sont particulièrement intéressantes.

J’ai commencé à prendre un antidépresseur et cela m’a aidée.

Cela fait plus d’un mois que je prends mon antidépresseur et je viens tout juste d’obtenir le nom d’un thérapeute que je prévois aller consulter.

Il demeure encore un certain tabou face à la médication. Certaines femmes que je rencontre se sentent faibles ou s’en veulent de prendre un antidépresseur. Le parallèle qui est souvent aidant, c’est l’exemple du diabète. Les personnes qui souffrent de diabète peuvent avoir besoin d’insuline. Jamais on ne culpabiliserait une personne qui en prend pour se stabiliser. Ceci dit, l’insuline ne règle pas tout. Un diabétique se doit tout de même d’avoir une saine hygiène de vie pour éviter les crises. C’est exactement la même chose pour la dépression. Les antidépresseurs sont utiles et aidants. Toutefois, comme pour le diabète, la médication ne règle pas tout. Une psychothérapie servira à mieux prendre conscience des enjeux qui vous habitent et à vous outiller face à la dépression.

Je n’aime pas vraiment dire que je souffre de dépression postpartum parce que le mot dépression fait peur à beaucoup de gens.

Je voulais écrire une lettre ouverte à mes amis et à mes employeurs pour leur expliquer pourquoi j’étais si malheureuse. La douleur mentale de savoir que j’ai laissé tomber autant de personnes d’un coup était pire que la douleur physique. C’est difficile lorsque des gens que l’on respecte, qui sont les meilleurs de l’industrie, nous voient à notre pire. 

C’est vrai. La dépression est encore tabou malgré tous les efforts qui sont faits quotidiennement dans les médias ou par certains organismes. S’admettre à soi-même que l’on ne va pas bien est très difficile. Se permettre d’avoir besoin d’aide est une autre étape qui peut l’être encore plus. Alors imaginez lorsqu’on doit l’admettre aux autres! Le contexte de la maternité est d’autant plus blessant pour certaines femmes. Elles peuvent s’en vouloir de vivre des émotions négatives à la venue de l’enfant ou encore trouvent ardu de s’admettre tout leur ressenti.

Une image fantasmée du bonheur persiste dans la société quant à l’expérience de grossesse. Ainsi, il devient d’autant plus difficile pour les mamans et les futures mamans de tolérer qu’elles ne correspondent pas à cette image de bien-être absolu. Elles ont plutôt la tâche de réaliser que même si leur expérience ne correspond pas aux stéréotypes, elle n’est pas moins valide ou totalement anormale.

Je regardais Luna tous les jours et j’étais émerveillée. Je ne croyais donc pas que j’en souffrais.

S’il existe des stéréotypes face à la maternité, il en existe également face au visage de la dépression postpartum. Il est vrai que certains symptômes clés servent au dépistage, toutefois si une inquiétude persiste, écoutez-la!

Certaines mamans tentent de trouver une raison rationnelle pour comprendre leurs symptômes et ont le réflexe de comparer leur souffrance. Elles jugent sévèrement leur détresse, car elles considèrent qu’avec tous les éléments positifs de leur vie, elles ne devraient pas souffrir de dépression. Mais la dépression postpartum est beaucoup plus complexe que cela. C’est chimique, hormonal, identitaire et relationnel, tant face aux liens actuels que passés. De plus, une détresse est une détresse. Pas plus, pas moins.

S’il y a bien un message que j’aimerais vous laisser, c’est que souffrir de dépression postpartum ne veut pas dire que vous n’appréciez pas votre bébé et encore moins que vous êtes une mauvaise mère. Cela veut simplement dire que vous avez besoin d’aide. Permettez-vous d’accepter une aide professionnelle, d’abord pour vous, mais également pour votre conjoint et votre bébé. Donnez-vous ce droit de prendre soin de vous.

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