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Chroniques d’une paramédic: l’épisode du gars pas gêné

garspasgene

Avertissement: Cette histoire est basée sur des faits réels, mais elle a été changée et elle est fictive. Toute ressemblance avec des personnes ou des événements réels relève d’une pure coïncidence.

Les gens me font confiance et je l’apprécie

Je n’ai aucune idée pourquoi, mais les gens me font confiance. Depuis toujours. Je suis celle à qui tu peux dire tes secrets les plus intimes sans jugement ni conséquence. Mais hey! Ne m’appelle pas pour me confier un meurtre au milieu de la nuit, je t’en prie. 

Je me souviens que même très jeune, les mères de mes amies ou de mes copains me racontaient des choses très intimes. Je ne les répétais pas, elles me faisaient confiance. Mais pourquoi moi?

Ma grand-mère est celle qui m’a fait les plus belles confessions avant de nous quitter. J’allais la visiter régulièrement chez elle et en jouant aux cartes, elle me racontait des choses troublantes sur sa vie de couple avec mon grand-père. Rien de grave, mais je pense que si le divorce avait été aussi trendy dans le temps, elle aurait suivi la mode. Dans ses derniers moments, lorsqu’elle était à l’hôpital sous l’effet des médicaments, les histoires étaient encore plus croustillantes.

Croustillantes pour l’époque. Tu sais, quand l’histoire commence par «j’étais sur un traversier et il y avait un matelot qui me faisait de l’œil». C’est cute! Elle c’est un vrai matelot. Moi, si je te raconte une histoire de matelot, je ne suis certainement pas à jeun, ni sur un bateau, mais bien dans un bar de danseurs!

La vie me préparait à mon métier

J’aime penser que la vie est déjà tracée et que l’on vit notre histoire comme un petit film pour se rendre jusqu’à la fin… Qui est souvent trop abrupte. Mais c’est pour ça que j’aime faire des liens.

Quand je me suis séparée, la maison ne se vendait pas et ça me rendait très nerveuse. Je n’avais aucune idée comment j’allais régler ce dossier et je n’avais plus d’argent. Donc, j’ai décidé de dépenser pour aller avec ma sœur dans le sud question de me stresser au soleil… Et de m’endetter un brin de plus.

La maison a été en vente d’octobre à avril. C’est long quand tu grattes tes cennes et que tu te payes un loyer en plus! Un travail est arrivé par magie au mois de février et BOOM! j’étais solvable pour racheter la maison au complet et la reprendre.

Ma mère disait toujours «attends, tu vas comprendre assez tôt le pourquoi d’une chose.» Ma maman, elle avait toujours raison. J’espère bien être le quart de la maman qu’elle a été. Bref, elle était là la raison. La maison ne se vendait pas parce qu’elle était pour moi.

D’ailleurs à l’époque où j’avais remis les clés, dans ma tête c’était IM-POS-SIBLE que j’aie tout vécu ce que j’avais à vivre dans cette maison. J’y suis donc toujours et je me suis même rematchée! Le plus magique dans tout ça? Nous avons aujourd’hui une petite chambre de bébé fraîchement peinte qui attend un nouvel humain tout neuf!

J’aime penser que la vie est déjà décidée, car ça me rassure. Y’a un plan établi et j’aime ça. Je pense donc que la vie m’a préparée très jeune à devenir paramédic en me donnant certains prérequis comme l’écoute.

L’épisode du gars pas gêné à la station

Nous étions quelques paramédics au travail l’autre matin, en plein changement de quart de travail. La porte du garage était ouverte et un passant a décidé d’entrer. Je jasais avec un collègue, mais nous tendions l’oreille. C’est une qualité de paramédic de pouvoir entendre 3 conversations en même temps. Ça, c’est hot! Plus je vieillis, plus je capte des conversations au centre commercial en même temps que j’en ai une aussi. Je me sens comme Superman.

Donc, nous écoutions l’homme qui, sans gène, y est allé d’une confession urgente du mardi matin. «Bonjour, je m’appelle Guy et je me suis levé avec un gros mal dans mon anus. Ça fait au moins 3 semaines que ça saigne quand je fais caca.»

Eh bien bonjour Guy!

Je ne le blâme pas, mais mon collègue et moi on s’est demandé dans quel autre métier tu prends ton café à 7 heures et quelqu’un entre pour dire à tout le monde au bureau qu’il a mal à l’anus?

Comme les histoires non résolues nous fascinent tous, nous avons fini par faire un cercle autour de lui et lui poser toute une batterie de questions plus anales les unes que les autres, afin de pouvoir l’aider un peu. On lui a collectivement offert une piste. Vous vous en doutez, c’était probablement des hémorroïdes! Pauvre Guy…

Notre bureau n’est pas une clinique sans rendez-vous, mais ce genre de situation te fait définitivement réaliser que tu peux à ta manière aider une portion de l’humanité, même avec ces petits maux qui sont drôlement désagréables.

Merci Guy et toutes les autres personnes, de me faire confiance. Mais surtout, merci la vie de m’avoir choisie et si bien préparée à faire face à toutes ces situations qui peuvent survenir quand tu es paramédic.

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