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Comment je suis devenue la mère folle

Crédit photo: Bruno Florin photographe Crédit photo: Bruno Florin photographe

Ça s’est passé dans l’espace d’un été. Ou peut-être l’étais-je déjà, folle, sans l’avoir vraiment réalisé (on est fou ou on l’est pas!)? Reste qu’aujourd’hui, même si mes filles pensent le contraire, j’en ressens comme un peu de fierté.

N’empêche que la déclaration a été un peu raide. 21h, je couche les filles, bisous, on s’aime, dormez bien.

Stella s’avance:

-Maman, est-ce que cela te dérangerait si c’était papa qui me reconduisait à l’école pour la première journée du secondaire?

Moi:

-Ben non! C’est l’fun! Pourquoi?

 

-C’est que ça ne me tente pas que tu fasses un malaise… Du genre Alloooo! Je vous présente ma fille Stellaaaaa! Je vous souhaite une bonne année ensemble les nouvelles amiiiiies!!! Tu sais, comme tu as fait avec Mila au camp d’été http://www.mitsou.com/le-mois-du-mascara-waterproof/? Tu es allée voir tout le monde de son dortoir pour la présenter! Malaise, maman…

-Ah… Donc, être fin avec les gens, c’est vu comme étant débile?

-C’est comme trop maman… Tu parles trop fort et tu souris et parles à des gens que l’on ne connaît pas. Bref, je préférerais que ce soit papa qui m’emmène…

Était-ce une déformation professionnelle? Dans mon métier, comme dans ma vie professionnelle, les gens m’abordent et me parlent comme s’ils me connaissaient déjà. Je fais donc la même chose à mon tour. Était-ce peut-être l’âge? Un moment donné, tu n’es plus gêné de commencer une conversation.

Ou peut-être suis-je devenue Johanne? Johanne, c’était la mère thérapeute hippie de ma meilleure amie du primaire, Mélissa. Elle était la plus fine, la plus drôle et accueillante, mais Dieu que Mélissa et moi étions gênées de nous promener avec elle. Je me souviens clairement qu’elle testait l’acoustique du corridor vide en chantant alors que nous marchions ensemble à l’université où elle enseignait. Nous avions 11 ans. Elle avait une jolie voix, mais on aurait tout donné pour qu’elle arrête d’être de bonne humeur!

Crédit photo: Bruno Florin photographe

Crédit photo: Bruno Florin photographe

Les mères ont le droit d’être contentes

Je le revendique, les mères ont le droit d’être contentes, même si, dans la tête d’une enfant, le monde arrête de tourner quand sa génitrice déborde de sa case habituelle. J’imagine aussi que quand sa maman est connue, ça pose un autre niveau de difficulté.

Mes filles, je suis désolée de vous dire ça, mais votre mère va être folle pendant longtemps, jusqu’au moment où, plus vieilles, vous allez trouver ça drôle et vous ennuyer de mes gestes et moments (en ressentant peut-être encore un soupçon de malaise). Une mère heureuse,  c’est pas un mauvais exemple, même si ça peut être un peu gênant la première journée dans une nouvelle école. On est tous le fou de quelqu’un d’autre, et moi j’aime bien être la vôtre.

C’est promis Stella, je n’irai pas te reconduire à ta première journée du secondaire, mais sache qu’en revanche, je vais t’applaudir un peu trop fort à ton spectacle de fin d’année. Deal?

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