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Et si le pardon était un cadeau?

Je n’ai jamais eu de talent pour la rancune. Par contre, je n’oublie jamais le mal que l’on m’a fait. Pardonner n’est pas toujours chose facile et certaines personnes préfèrent renier leurs amis de longue date plutôt que d’enterrer la hache de guerre.

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Récemment, j’ai remarqué beaucoup de rancune dans mon entourage et ça m’a donné l’occasion de réfléchir sur ce qu’était la rancune. Marie-Pierrette Chambre et Étienne Jalenques, dans un très beau livre intitulé La dynamique du pardon, parlent d’une forme de punition que l’on infligerait à l’autre pour nous avoir blessé. Une rupture dans l’échange avec l’autre. Ce concept de rupture me parle beaucoup parce qu’il me fait comprendre pourquoi je suis incapable de ressentir de la rancune: j’aime beaucoup trop l’échange avec autrui! Pour moi, l’échange est primordial à ma croissance personnelle en tant qu’être humain. Chaque discorde, chaque trahison sont une occasion de grandir, d’évoluer et de transformer la colère et le ressentiment en bonne entente et en harmonie. Nous avons tous le pouvoir de changer notre regard sur les choses que nous vivons.

Pardonner s’apprend.

Il est peu utile de faire comprendre à l’autre par la punition et le rejet le mal qu’il nous a fait. Souvent, l’autre n’a pas les mêmes repères que nous et il ne connait pas forcément nos points sensibles, notre monde intérieur. Ce qui m’importe dans mes relations humaines, c’est d’apprendre des conflits que je vis et que je fais vivre aux autres. C’est très formateur de pardonner parce que ça nous aide à mieux nous connaître comme personne. Avoir une plus grande ouverture et déterminer nos limites avec ceux qui partagent nos vies permet de faire grandir nos relations. Évidemment, je mets dans une catégorie à part les offenses graves de violence physique et psychologique. Devant la perversion, le pardon peut venir… mais bien longtemps après la reconstruction de notre estime de soi.

« Je t’ai aidé donc tu dois m’aider »

J’ai souvent fait passer les besoins des autres avant les miens. Ça me rendait heureuse de leur faire plaisir. Pourtant, à force d’écouter mes amis et de les consoler, j’ai faussement cru qu’ils m’étaient redevables en présence et en attention quand moi j’avais besoin que l’on m’écoute. Eh bien non! Les dons de soi, d’amour, d’attention et de compassion ne sont pas quantifiables. Soyez patient et n’attendez pas un retour immédiat.

Comme l’illustrent très bien les auteurs de « La dynamique du pardon », nous avons tous une ardoise humaine cachée. Trop souvent, on entend des phrases comme «après tout ce que j’ai fait pour toi…», «s’il était vraiment mon ami, il devrait…»  Ces phrases reflètent bien nos attentes, notre machine invisible à calculer nos dus émotifs et si nous ne faisons pas attention, nous pouvons nous retrouver vite fait avec une ardoise de haine et de ressentiment. Longtemps, j’ai gardé mes ardoises pour moi-même et j’ai payé cher la note en souffrance. Certaines personnes peuvent même tomber gravement malades à force d’entretenir de la haine. Aujourd’hui, je me fais un devoir de me faire passer en premier, car c’est ce qui me donne la force d’être disponible émotivement pour les autres. La vie est trop courte pour la vivre dans le conflit. En ce temps des fêtes, pourquoi ne pas grandir en humanité et vous faire le cadeau du pardon?

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