Vivre

Et si les téléphones intelligents disparaissaient?

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Au quotidien, j’ai tendance à être obsédée par le choix du mot juste pour exprimer ma pensée. Je me fais un devoir… et une joie (comme si j’étais dans un jeu questionnaire et qu’une somme faramineuse était en jeu) d’aider les gens qui cherchent un mot (s’ils hésitent plus d’une demi-seconde, j’entre en scène), afin de sauver la mise! Ouf! Un orienteur m’a déjà dit que j’aurais fait une bonne prof. de français… Il avait sans doute raison, mais j’ai suivi mon cœur et une tout autre voie! En regardant la série de photos «Removed» du photographe américain Erick Pickersgill, je me suis dit que le mot « Enlevé » avait été parfaitement choisi, mais que l’expression «Une image vaut mille mots» s’appliquait aussi très bien. Notre relation avec les appareils intelligents est présentée en une série d’images de façon si réaliste et évocatrice que le ridicule de la situation saute aux yeux.

Crédits photos Erick Pickersgill

Crédits photos Erick Pickersgill

Crédits photos Erick Pickersgill

Crédits photos Erick Pickersgill

Crédits photos: Erick Pickersgill

Crédits photos: Erick Pickersgill

Crédits photos: Erick Pickersgill

Crédits photos: Erick Pickersgill

Crédits photos: Erick Pickersgill

Crédits photos: Erick Pickersgill

Crédits photos: Erick Pickersgill

Crédits photos: Erick Pickersgill

Crédits photos: Erick Pickersgill

Crédits photos: Erick Pickersgill

Sur tous les clichés, les appareils intelligents ont été retirés, de façon à exposer avec justesse notre dépendance à la technologie. Chapeau à l’artiste! Je suis sous le choc. J’adore le traitement en noir et blanc qui appuie le propos. Ces photos auraient pu être prises dans ma ville, ma rue, mon entourage… ma vie! Je les regarde en boucle et j’essaie de me convaincre que je suis au-dessus de tout ça, mais non. Je me lance la première pierre… Je suis ça… Et ça m’embarrasse. Quand a-t-on décidé d’investir plus d’énergie dans nos relations virtuelles, au détriment de celles qu’on a la chance d’avoir en chair et en os? On dit qu’« Il faut le voir pour le croire ». Maintenant que j’ai vu, j’y crois et je me dis que cette situation n’est pas normale.

En fouinant sur le web, je suis tombée sur «Notre cellulaire, notre 2e cœur», un article que j’ai écrit il y a exactement 2 ans. Ce qu’il y a de particulier avec ce texte, c’est qu’il me semble encore d’actualité à ce jour. C’est quand même fou, non? On a évolué en tant que société, sous différents aspects, on a réalisé plein de choses collectivement… mais on a omis de se dire que la relation qu’on était en train de développer avec nos téléphones intelligents devenait malsaine. On est obsédé par eux, littéralement! On parle, mange, parfois même marche en textant ou en surfant sur le Net. Nos journées débutent et se terminent à la lumière de notre écran fétiche… pas mal moins romantique qu’un baiser! On veut tout savoir et ne rien manquer, c’est d’ailleurs ce qu’il y a de merveilleux avec ces petites bêtes-là. Je suis la première à les utiliser à outrance et à reconnaître leurs multiples utilités, dont je me verrais mal me passer. Difficile de retourner en arrière. On est dans le vent, en temps réel. On ne cherche plus rien ou presque, tout y est, en un seul clic. Impossible de nous en passer une! À trop vouloir suivre la vie de tout un chacun, on finit par perdre le fil de la nôtre… 

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Ma fille et moi en grande conversation avec mamie, avant de partir pour la garderie.

Ce n’est un secret pour personne : pour voir clairement ce qu’on projette comme parent, on n’a qu’à regarder nos enfants agir; ils sont à certains égards notre reflet. Lorsque ma fille de 18 mois a commencé à nous « voler » nos téléphones pour les porter à son oreille et dire dans un « faux » élan de joie « Allô maman! Coucou papa! », je trouvais ça tellement cute! Ohhhh, elle nous imite. Lorsqu’elle a commencé à glisser son mini-micro-petit-doigt sur l’écran principal dans le but de voir apparaître sa grand-maman «Est où mamie? Mamie partie?» (vive Skype!), j’ai aussi trouvé ça craquant! La technologie, ce n’est pas Satan! Je suis heureuse que ma fille apprenne à connaître ses grands-parents via nos téléphones intelligents (entre autres), comme ils n’habitent pas la porte d’à côté. Ça n’a pas de prix! Ils développent une relation virtuelle qui se renforce toujours plus lorsqu’ils se voient en personne.

Je n’ai rien contre la technologie, j’embarque dans le bateau comme tout le monde et je me laisse porter par la vague. Je réalise seulement qu’il est difficile de doser l’utilisation qu’on en fait. C’est tellement accessible et rapide qu’on finit par fusionner avec notre téléphone. Plus moyen d’aller à la salle de bain sans notre appareil! (On a quand même un 10 secondes de libre…) Est-ce normal de laisser le iPad à son enfant pendant un souper au restaurant? Ou de lire le journal sur son cellulaire lorsqu’on joue au parc avec son petit? Quand dépasse-t-on les bornes? Comment l’interdire à notre enfant, lorsqu’on l’utilise nous-mêmes à outrance? Je ne crois pas qu’on doive chercher une solution, mais plutôt un dosage. L’idée, ce n’est pas d’envoyer tous nos appareils de prédilection au bûcher (comment arrivera-t-on à faire des selfies sinon?), mais de prendre conscience de l’utilisation qu’on en fait en société. Comme disait l’autre, la modération a bien meilleur goût!

Pour voir toutes les photos du projet « Removed » d’Eric Pickersgill, c’est ici! Et croyez-moi, ça vaut le clic!

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