Vivre

Faites le plein d’essence de temps en temps

Dans mon dernier article, je vous disais que je ne prendrais pas de vacances, car j’écrirais.

Perte d’essence.

J’aurais aimé me péter les bretelles à mon retour, vous dire à quel point je suis fière de moi, de tout ce boulot abattu.

Après un mois de juin fécond au cours duquel j’ai pondu ma géniale proposition en vue de présenter mon projet aux maisons d’édition, après de stimulantes rencontres avec des DG de maisons réputées, dont une New-yorkaise, je n’ai plus rien écrit. Passage à vide. Pas un seul mot consacré à mon futur livre. Je me trouvais mille excuses pour ne pas faire face à mon écran. À plat, pendant deux mois non-stop. Quelle souffrance! Pourtant, mon printemps avait fière allure avec son 300% d’hypercroissance.

Bien sûr que j’ai garni des «post-it» colligeant mes observations sur l’être et la société, mais je n’ai rien livré de tangible.

Subrepticement, mon livre était devenu un résultat à produire. Acharnée envers son objectif, Marie-la-performante était de retour. J’ai momentanément perdu mon élan, revenant sur les traces de ce chemin trop connu: produire en un temps record un livrable m’assurant mention pour conduite parfaite. De retour dans le siège du conducteur, Marie-la-petite-fille-modèle n’avait plus de gaz.

En mai, lors de ma première retraite d’écriture, des signaux annonciateurs de cet abattement s’étaient manifestés. Intense comme je le suis, les premières journées ont été fabuleusement prolifiques. On me trouvait la mine bonne, tout le contraire de ces histoires d’écrivains torturés par la leur. Puis, à la sixième journée, boum! J’ai frappé un mur. Hébétée, j’ai questionné mon entourage, m’enquérant de leurs directions pour retrouver mon chemin. À ce moment-là, je suis tombée sur une dame qui m’a parlé d’un message que Steve Jobs a écrit alors qu’il était sur ses derniers milles.

L’essentiel, nous dit-il, n’est pas le matériel, l’argent ou la célébrité, mais plutôt l’amour pour les siens et le monde qui nous entoure.

Alignement

Je comprends subito que je viens de tomber dans la performance full speed. Arrêt stop. Ma fille Marine nous faisant la magnifique surprise d’une visite, ma famille m’attend. Poursuivre ma retraite d’écriture serait un sacrilège envers l’une de mes valeurs foncières de vie qui est l’équilibre, pas «l’écrit livre». J’ai décidé de me réaligner et j’ai pacté mon bataclan pour retourner auprès des miens.

Les semaines de juin qui ont suivi ont été magnifiques, lumineuses. J’étais drivée.

Eh bien, je crois que c’est exactement la même chose qui s’est passé cet été. Après six mois de dur labeur, j’ai passé la saison chaude sur les chapeaux de roue, sur la voie de service, en panne d’inspiration. Qui suis-je? Où vais-je? Qu’ai-je à apporter?

Puis, j’ai trouvé mon Ikigai. Je désire profondément communiquer à partir de mon essence pour faire réfléchir, faire grandir, pour nous construire une société du travail bienveillante et nourrissante. Mais il faut que je fasse le plein de temps à autre. Je ne peux pas que me vider. Alors, comment je me remplis? Tout d’abord m’assurant que je suis un modèle de l’année incarnant mes valeurs, mes quatre roues motrices bien alignées: famille, authenticité, contribution et équilibre. Ensuite, en laissant du temps à la vie, du temps pour qu’elle roule sa bosse. Je me suis mise à vouloir les conduire, ces inspirations, à les diriger et à accélérer le rythme, espérant y arriver vite, vite, vite. Et c’est là où je me suis dégonflée: l’espérance du résultat a pris le dessus.

Je méritais une saison estivale à cogiter gaiement en vue d’un automne qui sera tout aussi fructueux que l’a été mon printemps.

Faire le plein

Je vous disais que ça se terminait bien. Tout d’abord, une ou deux maisons d’édition se disent vraiment intéressées. De plus, je reviens de ma seconde retraite d’écriture, 4 jours cette fois-ci, aussi emballants que les cinq premiers de celle de mai. Je n’ai pas attendu d’être brûlée. J’apprends. Au premier jour de ma retraite, j’ai ressenti un peu de pression. Puis, je me suis parlée: «Marie, t’es en train de faire ce qui a été ton passe-temps favori pendant des années. Transforme cette pression en joie explosive.» Ainsi, je suis partie arborant un magnifique sourire!

Ces derniers mois, je n’ai rien perdu. Je réalise que j’ai été moi-même, entière simplement. Ma batterie est pleine de tous ces plus et ces moins. Je suis maintenant chargée à bloc.

Et vous, ça va?

Bon automne les amis !

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