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Surplus de poids: histoires d’amour et d’anneau

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Je n’ai jamais eu de problèmes de poids si ce n’est d’avoir été trop maigre lorsque j’étais enfant. Du moins, c’était ce que ma mère pensait. C’est ainsi qu’à l’âge de 12 ans, elle m’emmena voir un médecin et insista pour qu’il me prescrive un médicament pour me faire engraisser. C’est donc, un peu traumatisée, que j’ai avalé pendant un an ce fameux médicament dont je n’ai jamais oublié le nom: Vimicon. Quelques mois plus tard, j’avais pris 10 lb à la grande satisfaction de ma mère qui, toutefois, aurait voulu que j’en prenne davantage.
Heureusement pour moi, cela n’a pas eu de répercussions sur mon métabolisme et, une fois la prise de ce médicament terminée, je suis demeurée stable. C’est ainsi que, quelques décennies plus tard, je maintiens toujours ce que j’appelle mon poids naturel, et ce, sans aucun effort. Mais ce n’est pas le cas de la plupart d’entre nous, j’en suis bien consciente.

Ça se passe entre le miroir et nous

Lorsque j’avais 20 ans, alors que plusieurs filles enviaient probablement ma silhouette, je passais dans les faits de longues minutes devant mon miroir à essayer de voir comment je pourrais cacher tel ou tel défaut. Bien entendu, avec du recul, je sais très bien que ces défauts n’existaient que dans ma tête, mais la perception que j’avais de moi à ce moment-là l’emportait toujours sur le raisonnement. Au fond, je n’étais qu’une jeune adulte de plus à vivre de l’insécurité parce que je n’avais pas appris à m’aimer et à m’accepter. Alors vous pensez bien que d’avoir eu le plus beau corps du monde n’aurait rien changé au fait que je n’arrivais jamais à être satisfaite et à me sentir bien avec moi-même.

Ce que j’ai réalisé, c’est que l’acceptation de son corps est d’abord et avant tout une question d’estime de soi. Combien de jeunes filles ou de femmes minces sont mal dans leur peau alors que d’autres, bien en chair, sont un véritable exemple de joie de vivre? Et ce qu’il y a de bien dans tout ça, c’est que plus on prend de la maturité, mieux on arrive à se comprendre et éventuellement, à mieux s’aimer.

La faim justifie les moyens

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Mon amie Karine, il y a cinq ans, a décidé de trouver une solution pour l’aider à maîtriser sa compulsion au niveau de la nourriture et ainsi perdre les nombreuses livres qui faisaient de l’ombre à son bonheur. Comme bien des gens, Karine mangeait ses émotions. Plus particulièrement lorsqu’elle vivait une insécurité ou un stress, ce qui revient à dire presque tout le temps finalement.

Après avoir consulté des spécialistes, on lui a proposé de se faire installer un anneau gastrique. Cela lui permettrait d’être rassasiée avec de faibles quantités de nourriture ce qui, évidemment, contribuerait à sa perte de poids.

Pour Karine, l’expérience a été comme suit:  elle passait autant de temps devant le bol de toilette à vomir qu’à manger. En fait, la nourriture avait de la difficulté à passer. Il lui fallait manger très lentement et savoir s’arrêter avant que le vase ne déborde. Mais le plus gros problème, c’était l’inconfort physique relié à l’anneau. Elle sentait la présence de celui-ci en permanence et cela lui occasionnait même parfois de la douleur.

Karine a-t-elle perdu du poids? Oui. Mais elle a aussi décidé de changer ses habitudes alimentaires en suivant une diète santé. Alors qui, de l’anneau ou de la diète, a été le plus efficace? On ne pourra jamais vraiment le savoir quoique les chiffres sur la balance se sont davantage mis à descendre quand elle a décidé de mieux contrôler ce qu’elle mangeait.

À vrai dire, cette expérience lui a fait réaliser que l’anneau n’avait en rien réglé le problème d’origine qui est le besoin qu’elle ressent de grignoter tout ce qui lui tombe sous sa main lorsqu’elle se sent angoissée. L’anneau n’a donc été qu’un sparadrap pour cacher une plaie beaucoup plus profonde. Par contre, grâce à lui, elle a tout de même appris à manger plus lentement et plus raisonnablement. Encore là, c’est relatif…

Karine est d’avis qu’une personne peut facilement contourner les effets restrictifs de l’anneau en mangeant, par exemple, continuellement de petites quantités de nourriture. Si ce qui est ingurgité est de la junk, cela finira par affecter la perte de poids qui était, au départ, l’objectif de la chirurgie.

Ce qu’il faut savoir, c’est que si nous sommes habitués à manger de grandes quantités de nourriture et ce, depuis de nombreuses années et que, tout d’un coup, nous devons nous contenter de très peu, il est fort possible que le message que nous envoie notre cerveau est que nous sommes probablement sous-alimentés. Ainsi, nous serons portés à vouloir ingurgiter davantage.  Cela n’a donc plus aucun rapport avec le fait d’être physiquement rassasiés, mais le fait que notre cerveau pense que nous ne le sommes pas. Finalement, c’est un retour à la case départ, du temps où nous mangions beaucoup trop sans tenir compte de notre faim réelle.

L’amour que l’on se porte n’a rien à voir avec son poids

Il y a deux semaines, Karine est repassée sous le bistouri pour, cette fois-ci, se faire enlever son anneau gastrique. C’est avec une véritable jouissance qu’elle a mangé son tout premier hamburger cuit sur le BBQ. Elle avait presque oublié à quel point c’est bon de manger sans aucun inconfort et sans le besoin de courir aux toilettes pour retourner la marchandise.

Bien qu’elle soit loin d’avoir atteint son poids santé, elle affirme qu’elle se sent bien et belle comme elle est présentement. Le plus important, dans toute cette aventure, c’est qu’elle a compris que le travail ne peut se faire exclusivement sur le paraître. C’est pourquoi elle a entrepris un travail intérieur qui lui permet d’atteindre un meilleur équilibre et l’empêche de basculer vers son ancien pattern qui l’incitait à manger ses émotions. En fait, c’est d’abord et avant tout sur la source du problème qu’il faut se pencher, sinon celui-ci trouvera toujours un moyen de réapparaître.

Travailler sur l’attention et l’amour que l’on se porte, c’est entreprendre la quête la plus importante de notre vie, car bien que plusieurs pensent le contraire, le bonheur ne se trouve pas sur la balance.

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