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Il était une fois des vacances en République dominicaine et la découverte d’un superbe roman: «Ce que le jour doit à la nuit»

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La lecture, c’est comme l’amour. Il faut parfois tomber sur un mauvais livre, ou un mauvais gars, pour que par la suite nous trouvions le bon. C’est ce qui m’est arrivée pendant les vacances du temps des fêtes, alors que je m’entêtais à continuer la lecture d’un livre poche (et non de poche:). J’adore les biographies et je privilégie trop souvent ces dernières. Il y a tant d’histoires vraies à connaître, avant de me laisser tenter par une histoire inventée, je laisse donc les romans sur les tablettes.

Je poursuivais donc l’interminable lecture d’une biographie mal ficelée, jusqu’au moment où, énervée, je me suis dit que je ferais mieux de « wikipédier» le sujet et survoler sa vie rapidement plutôt que de perdre mes vacances avec un mauvais bouquin. Je fermai donc le livre et pris une marche vers la réception de l’hôtel où je séjournais (au Club Med en République dominicaine pour être plus précise). Rendue à la réception, je furetai les tablettes en quête d’un livre laissé par un généreux vacancier qui en avait terminé la lecture: Il était là et m’attendait, tout beau, tout propre, et je sus à ce moment qu’il était le bon. Une belle brique dont j’avais lu le joli titre à plusieurs reprises dans les journaux…

Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khandra est si bien écrit que je me suis demandée à un certain moment s’il y avait meilleur auteur sur terre. Évidemment que oui, me direz-vous, mais ce qui est important, c’est qu’à l’instant où je m’y suis plongée, je fus transportée par la volupté des paragraphes. Comme une symphonie, la poésie et les métaphores inattendues de cet homme me souleva de ma chaise longue. La plage, les enfants, les amis, rien ne pouvait m’arracher de l’histoire de ce petit garçon algérien musulman. Né dans la pauvreté en 1936, sa vie change quand son père, totalement ruiné, l’abandonne aux mains de son frère, plus chanceux que lui, devenu pharmacien et vivant dans les beaux quartiers de la ville.

Je suis restée souvent dans ma chambre d’hôtel, en plein jour, à être consumée par ce livre pendant que le soleil brillait de tous ses feux. Que voulez-vous, c’est ce qu’on appelle la fusion entre le lecteur et les pages qui lui glissent entre les doigts!

Et vous, votre dernier coup de foudre littéraire, vous l’avez eu quand?

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