Culturel

Inde: dans l’œil du cyclone

Pas sûre que les voyages forment la jeunesse… Après nos 18 heures de vol, André, mon amoureux des quarante dernières années, et moi sommes arrivés en Inde un peu épuisés. Nous avions loué une chambre dans un guesthouse avec Airbnb. L’eau courante a manqué dès notre arrivée. Pas de douche, mais au moins un peu d’eau pour se laver à la serviette, comme lorsqu’on était jeunes.

À COURT DE ROUPIES

Ces dernières années, on ne voyage qu’avec nos cartes de débit et de crédit et jamais nous n’avons eu de problèmes pour faire des retraits. Mais en novembre, le gouvernement indien a décidé de retirer du jour au lendemain toutes les grosses coupures de 500 et de 1000 roupies (10$ et 20$) pour lutter contre le marché noir et l’évasion fiscale, et de les remplacer par de nouveaux billets de 2000 roupies (40$). Les gens n’avaient que quelques jours pour déposer leurs vieux billets à la banque… et expliquer d’où venaient ces milliers de billets. L’idée n’était pas bête, sauf que le gouvernement n’avait pas pu, pour garder l’opération secrète, faire imprimer les nouveaux billets de 2000 roupies à temps. Il n’y a donc pas d’argent disponible, ni à la banque ni dans les guichets automatiques. De temps en temps, on approvisionne un guichet automatique ici et là où on peut retirer un seul billet de 2000 roupies après une longue file d’attente. Nous, on a pu une seule fois retirer un billet de 2000 roupies qu’aucun marchand ou chauffeur de taxi n’a voulu changer, car personne n’a de monnaie.

Bref, on était coincés sans argent, dans une petite ville de 6,7 millions d’habitants.

Là, on s’est dit qu’il fallait «penser jeune» et appeler nos parents. Comme c’était impossible, c’est notre fils Simon qu’on a appelé pour lui demander de nous envoyer de l’argent par Western Union qui semblait avoir accès à des roupies. On a beaucoup apprécié.

APRÈS LE TSUNAMI, LE CYCLONE

On doit certainement attirer la foudre, car en 2004, on était en Thaïlande lors du tsunami et nous voilà à Chennai où on s’est tapé le plus gros cyclone en 20 ans qui est passé directement sur la ville. Des vents de 170 km/h, c’est assez impressionnant! Heureusement, la maison était en béton, mais on n’a eu ni eau courante, ni électricité, ni réseau cellulaire pendant 3 jours.

Après la tempête, nous sommes sortis constater les dégâts à pied, car les autos ne pouvaient pas circuler. La majorité des arbres avaient été déracinés et ils recouvraient les rues. Quelle tristesse! Beaucoup de ceux qui vivaient dans des taudis en planches et en tôle se retrouvent sans abri. Vous pouvez certainement imaginer les rues puisque vous avez probablement tous vécu la crise du verglas en 98. Sauf qu’ici, c’est l’Inde. Les secours et l’aide ne sont pas aussi rapides.

La situation va sans doute s’améliorer, mais en attendant, le cyclone a laissé les pauvres gens dans une situation encore plus misérable. Il nous semble qu’avec les problèmes de files d’attente pour retirer quelques roupies pour faire leurs achats et se nourrir, c’était bien suffisant.

Nous avons finalement quitté Chennai pour Kanchipuram où la situation était beaucoup mieux, car notre hôtel avait une génératrice. On a repris le temps perdu et visité 3 temples, à pied évidemment, car on doit conserver notre monnaie.

LA PLAGE DÉSENCHANTÉE

Nous sommes maintenant dans une petite ville au bord de la mer. À notre arrivée, surprise! Il n’y avait toujours pas d’électricité, mais nous avons une belle chambre avec vue sur la mer… bref, le bonheur! On se croise les doigts, car on annonce un autre cyclone…

Je suis face à la mer et les spectacles ne manquent pas. Je vois des pêcheurs qui reviennent du large avec leur pêche qui ne semble pas miraculeuse. Un petit poisson capturé de temps en temps dans un grand filet qu’ils auront à démêler puis à réparer, leur tâche devenue quotidienne.

Bien sûr, je ne me lasse pas de regarder tant de vaches sacrées qui se font bronzer au soleil. L’inconvénient, ce sont leurs bouses qu’il faut contourner tant sur le sable chaud que dans les rues.

On s’y fait… Le plus drôle pour moi (je suis un peu langue sale à mes jours), c’est de voir ces belles touristes un peu mésadaptées avec leur tenue style Club Med qui se cherchent une place un peu plus propre pour s’allonger le temps d’une petite bronzette à travers de ce que je viens d’énumérer et à quoi j’ajoute les vieux moteurs de bateaux tout rouillés et abandonnés.

J’ai l’œil sur ces enfants, souvent souriants et insouciants, qui sont malgré eux devenus des vendeurs ambulants. J’ai aussi l’œil sur mon chum qui est en train de lire sur les différentes religions de l’Inde et qui se fera un plaisir de me raconter sa lecture pour compléter mes connaissances. Aujourd’hui, je n’en demande pas plus.

Avez-vous déjà été au centre d’un ouragan, d’un cyclone ou d’un tsunami alors que vous étiez en voyage? Avez-vous déjà été à court de sous à l’étranger? Comment vous êtes-vous débrouillés?

Partager cet article

Vous aimerez également