Vivre

J’ai seulement besoin de dormir

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La vie avec un enfant, ça change bien des choses. Non loin, là-haut, en tête de liste: le sommeil! Pour la plupart des femmes, dès les premiers instants de la grossesse, l’opération est déjà enclenchée. Au premier trimestre, je me souviens que je ne faisais que dormir. Une vraie marmotte. À l’époque, je trouvais ça insupportable. Aujourd’hui, j’en rêve. Je pouvais sommeiller n’importe où, n’importe quand. Mon corps avait un criant besoin de dormir et, joie, il pouvait le faire à sa guise… ou presque!

Ensuite, le besoin de sauter à pieds joints dans les bras de Morphée est passé. La grossesse a suivi son cours puis, au troisième trimestre, le premier jour du reste de ma vie est arrivé: je n’ai plus jamais dormi! (OK. J’exagère un peu.) Comme un petit ver à chou bien bedonnant, je n’arrivais plus à trouver une position confortable pour m’endormir. Impossible d’être sur le ventre depuis belle lurette, impossible sur le dos, la bedaine est trop lourde, mal de dos sur le côté, coussin de corps, pas coussin de corps, oreiller, pas d’oreiller, en cuillère avec le chien… et innombrables envies de pipi! On entend souvent dire qu’à la fin de la grossesse, les futures mamans n’arrivent plus à dormir «c’est une pratique pour le moment où le bébé sera là et qu’elles ne pourront plus jamais dormir». C’EST VRAI! Je suis certaine que c’est vrai.

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Photo prise par ma bonne amie photographe Christel Bourque, alors que j’étais enceinte de 35 semaines.

Puis, bébé est arrivé! Et je n’ai plus dormi. (OK. J’exagère un peu.) Les nuits ont été courtes, mais relativement faciles. J’étais sur le qui-vive à tout moment, prête à bondir au moindre couinement. Mon 6e sens de mère est certainement plus aiguisé que la moyenne, c’est phénoménal. Je me réveille maintenant pour tout et pour rien. Je ne suis pas à plaindre, j’ai eu un bon bébé. Dans les circonstances de la vie avec un nouveau-né, ça s’est très bien passé.

Les mois ont passé. La méthode du 5-10-15 pour endormir bébé a sauvé nos vies. Même si elle est controversée, nous l’avons appliquée quelques jours et pour nous, le tour était joué. Les mois ont passé. Puis, le retour au boulot et implicitement la garderie sont arrivés conjointement avec 1001 virus. Un beau party de microbes qui se passe d’enfants, à parents, à garderies, à d’autres familles: un beau cercle infini de passation de désagréments. On ne m’avait pas avertie que ça arriverait! Honte à vous, parents cachottiers. Et là, je n’ai plus dormi. (OK. J’exagère un peu.) Fièvre, nez plein ou coulant, démangeaisons, otite, toux… Name it! Les virus sont l’ennemi numéro 1 des nouvelles familles.

Et puis, à un moment, au boutte du boutte, j’ai atteint le font du baril: j’avais épuisé toutes mes petites bribes de sommeil emmagasinées ici et là. Ça ne pouvait plus continuer. Je répétais sans cesse à qui voulait bien l’entendre: «J’ai seulement besoin de dormir». Et c’était vrai. Je n’avais jamais vécu ça avant, mais la carence en sommeil, c’est l’une des pires punitions qui soient. Tout bonnement, j’ai réalisé que ce n’est pas avec une vitamine prise assidûment tous les matins que j’allais me remettre sur pied. J’ai dû revoir mes priorités et façons de faire pour passer par dessus toutes ces heures de récupération sous la couette disparues. Les premières années avec un enfant nous apprennent à fonctionner très bien avec moins de sommeil, mais l’accumulation de toutes ces heures manquées finissent un jour où l’autre par nous rentrer dans le corps, tel un coup de brique et de fanal à la fois. Et ce moment, pour moi, est arrivé quand ma fille a eu 18 mois. J’ai lu que pendant les deux premières années de vie d’un enfant, les parents accumulent l’équivalent de six mois de sommeil manqué. Wow!

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Ma fille alors qu’elle avait 6 mois et moi qui faisons une petite sieste.

Refusant de me laisser abattre, j’ai fait toutes sortes de recherches pour trouver une solution à mon problème de manque de sommeil. Force est d’admettre qu’il n’y en a qu’une: dormir. Si comme moi, vous avez rêvé pendant trop longtemps de récupérer, voici quelques trucs qui m’ont aidée à le faire.

  • Se coucher tôt! Parfois, je suis au lit à 20h30… Je l’avoue.
  • S’alterner la nuit. Lorsqu’on est deux parents, l’idée d’avoir chacun notre nuit de garde, ça permet à l’autre parent de récupérer un peu plus.
  • Ne pas se lever nécessairement chaque fois que l’enfant pleure. On connaît les pleurs de notre enfant. Il est possible qu’il n’ait pas besoin de nous. Il doit apprendre à se rendormir seul (sauf lorsqu’il est malade… ça demande plus de visite à la couchette.)
  • Faire des siestes, lorsque c’est possible!
  • Accepter et/ou demander de l’aide. Je me suis pensée au-dessus de tout ça trop longtemps. Je ne voulais pas déranger. J’ai réalisé que les gens qui veulent nous donner un coup de main le font de bon cœur: ça leur fait plaisir. Il faut dire oui!
  • S’assurer d’avoir un sommeil réparateur lorsqu’on arrive à dormir. Pour les conseils de Mitsou, c’est ici.

Parents en manque de sommeil, gardez espoir, la vie est bien faite. Quand j’étais au bord du désespoir, tout est soudainement rentré dans l’ordre. Ma puce a recommencé à faire des nuits complètes! Hourra! Puis, sur semaine et j’ai réussi à prendre une journée pour moi, en reprise de temps au travail. Ma fille est allée à la garderie. Je n’ai eu aucun remords, en mou, devant un beau feu de foyer sur mon sofa à somnoler en lisant un bon roman. J’ai eu MA journée, un petit boost qui m’a redonné espoir pour la suite! Il faut s’accorder un peu de temps, parce qu’on le mérite bien!

Je vous pose la question à vous, parents plus expérimentés: est-ce que le sommeil redevient normal un jour? Éternelle optimiste, j’ose encore croire que oui.

 

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