Vivre

Je me présente, mon nom est Sylvie.

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Je me présente, mon nom est Sylvie. Je suis une femme heureuse et je me considère accomplie. Je travaille en relations publiques dans le monde du spectacle. J’ai 42 ans, mais presque 20 ans dans ma tête. Je vis dans un condo sur la montagne à 7 minutes du centre-ville de Montréal. Je partage ma vie avec des voisins anglophones et des ratons laveurs. J’aime la bonne bouffe, boire du vin (blanc, le rouge tache les dents) et les soirées entre amis (bref, le baratin habituel). Je suis pas pire en plomberie, avec une drill aussi (il faut juste se tenir loin de moi, c’est tout). Je déteste sortir les poubelles. J’adore la musique. Quand une femme chante une chanson que j’aime, j’imagine toujours que c’est moi qui l’interprète (pis en plus que j’ai écrit les paroles ET la musique!). J’aime cuisiner. Je suis même pas pire là-dedans aussi semble-t-il. Je n’ai aucune aversion vis-à-vis les araignées ou autres bibittes du genre, mais je perds connaissance quand je vois une couleuvre. Je trouve ça laid une couleuvre. Ça rampe, (ARKE!) et je suis certaine que ça pue. Je n’ai jamais vérifié, ça ne me tente pas (ARKEEEE!!!). Et autre fait important: je suis célibataire.

Mais une vraie là.

Une endurcie.

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Je n’ai jamais eu de relations sérieuses, de relations stables (bon, peut-être «quelques relations» de «quelques années» à gauche et à droite, mais sans plus). Je ne crois pas avoir été vraiment amoureuse dans ma vie et je ne crois pas qu’un homme ait déjà ressenti ce sentiment à mon égard non plus. Je n’ai pas eu d’enfants (à mon grand chagrin). J’ai vécu ma vie à mille à l’heure, mettant tout en veilleuse en pensant que «plus tard» allait venir bien assez tôt. J’ai fini par oublier le «plus tard» et il n’est jamais venu.

Ma vie semble triste? Pourtant non. Je suis même souvent celle que vous enviez (du moins pour un week-end). J’ai une magnifique carrière dont je suis hyper fière. Je suis de toutes les soirées. Je vois tous les spectacles. Je suis invitée à toutes les ouvertures de restaurants, de bars, de terrasses. Je voyage, je côtoie des gens brillants, sexy, glamours, connus. Sur papier, c’est magnifique. Dans la réalité, c’est encore beaucoup mieux (sans blague)! De plus, je suis entourée d’une merveilleuse famille, celle que j’ai choisie, mes amis qui font partie de ma vie. Tous les gens qui sont dans ma vie sont là parce que je les ai choisis. N’est-ce pas extraordinaire? C’est magique. Je ne deal jamais avec l’ami macho/insupportable/gluant de mon chum, car il n’existe pas. Mieux encore, je n’ai jamais à supporter la belle-mère fatigante qui juge les vêtements que je porte, car ELLE NON PLUS N’EXISTE PAS! Je n’ai donc jamais de confrontation. Je ne fais jamais de compromis (pas besoin!). Oui madame, j’ai la vie parfaite…

Sauf que…

J’ai toujours cette foutue impression d’être la maudite cigale de la fable… Tsé celle avec la fourmi.

J’ai chanté tout le printemps et l’été de ma vie. Je suis rendue à l’automne.

Et j’avoue qu’il me manque quelque chose. Un je-ne-sais-quoi. Il y a un vide. J’aimais la solitude avant, elle était ma meilleure amie, celle qui me laissait faire ce que je voulais, quand je le voulais et avec qui je le souhaitais. Là, je la trouve fade et sans éclat.

Je ne dors plus le matin… Avant, je pouvais faire la grasse matinée. Je dormais, pas d’enfants pour me réveiller. Je me permettais même le verre de trop, celui que vous calculez lorsque vous vous permettez de sortir un soir:

– Puis-je le prendre?
– Aaahhh, Justin va se lever dans 6 h?
– Ouais, mais je me suis levée moi la dernière fois que mon chum s’est enfargé les pieds lors du dernier match des Canadiens.
– Ahhh c’est à son tour!
– Ok. Un dernier!
– AAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!!!

Moi, c’était la dolce vita à longueur d’année…. J’me posais jamais de question.

Mais maintenant à 7h, le samedi, j’ouvre les yeux.

À quoi bon ne pas avoir eu d’enfant si à 40 ans, je ne peux même pas en profiter. Pfff…

Le célèbre Léandre disait dans sa chanson «On court toujours»: (no jugment à mes références de chanteur pop des années 80 SVP. Merci.):

« On court toujours après ce qu’on n’a pas
À la poursuite de nos rêves
On court toujours après ce qu’on n’a pas
Emmène-moi au bout de tes rêves »

Donc c’est ça. J’ai envie de courir après ce que je n’ai pas. J’ai eu de belles années, hyper heureuses, mais je sens que je dois passer à autre chose. Je veux apprendre à vivre en groupe. J’ai envie d’être confrontée, j’ai envie que ça bouge, j’ai envie d’une famille que je dois apprivoiser. J’ai envie de faire des compromis, j’ai envie de me prendre la tête et d’avoir une belle-mère qui me juge gros comme le bras (je t’aime déjà future belle-maman! xxx). Je ne veux plus de cette facilité. J’ai besoin de bruit. Merde, on dirait que j’ai envie que ça soit compliqué!

Quand j’avais 20 ans, on disait qu’une femme de 40 ans avait plus de chance de se faire tuer par un terroriste que de se marier. Même si aujourd’hui, les statistiques se sont un peu améliorées je vais tout faire pour trouver l’amour et ce sans filtre. Et cette fois-ci, je n’abandonnerai pas.

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