Vivre

Je ne suis jamais en colère pour la raison que je pense

Que de sagesse dans cette phrase!  Je ne saurais si bien l’expliquer qu’en vous donnant quelques exemples. Si je suis à cran avec mes collègues ce matin, c’est parce que je me suis querellée avec mon conjoint hier.  Si je perds patience avec mes enfants, c’est parce que je me sens submergée au boulot. Si j’engueule la caissière à l’épicerie, c’est parce que mon médecin a demandé à me voir pour passer d’autres tests.

Il semble quasi impossible pour l’être humain de compartimenter ses émotions de telle sorte que seules les personnes concernées puissent avoir droit aux éruptions volcaniques.  Tout est mis dans le même baril, prêt à exploser à la moindre tension ou provocation.

Cette boule inconfortable au fond de la poitrine

Pour éviter de faire payer la note à ceux qui ne sont pas impliqués dans l’histoire, nous devons apprendre à nous ressaisir rapidement ou, à tout le moins, à nous excuser lorsque nous perdons le contrôle. Les gens qui se trouvent sur notre passage sont prêts à accepter nos écarts de conduite jusqu’à un certain point si nous leur expliquons que l’attaque n’était, en fait, pas vraiment dirigée contre eux. Évidemment, il ne faut pas voir ceci comme un prétexte pour constamment se laisser aller à son impulsivité.

Chaque fois qu’une personne s’adresse à moi d’une façon pour le moins menaçante ou déplacée, je ne peux désormais m’empêcher de penser que cette dernière est en train de vivre quelque chose qui la perturbe. Elle ne se sent pas bien et elle cherche par tous les moyens à se débarrasser de cette boule inconfortable au fond de sa poitrine.

En fait, c’est sûrement par pure coïncidence que je me trouve là et, inconsciemment, cette personne fera dévier notre conversation de sorte qu’elle puisse arriver à expulser son trop-plein de stress et de frustration. Ainsi, elle me prendra en défaut sur quelque chose qui, habituellement, n’aurait pas attiré son attention. Ou encore elle démolira l’une de mes opinions.  Ordinaire, vous me direz? Mais c’est ce que nous faisons tous à différents degrés. Surtout avec les personnes avec qui nous sommes très à l’aise.

Plus nous vivons un stress intense, plus nous sommes portés à avoir la mèche courte

Petite parenthèse… Il est à noter que les gens qui ont des postes de haute responsabilité sont souvent ceux qu’il faut éviter dans les couloirs. Surtout lorsqu’ils sortent de leur bureau en ayant l’air préoccupés.  Il me semble encore voir le président d’une entreprise pour laquelle j’ai travaillé au début de ma carrière…  C’était un homme qui était déjà très grand, mais quand il arpentait les couloirs avec un air contrarié, il prenait des allures de titan. Ses longs bras et ses longues jambes fendaient l’air donnant l’illusion qu’il se déplaçait au ralenti.  Du moins, c’est l’impression que j’en avais. (Sourire) Un homme qu’on pouvait craindre, mais un homme exceptionnel, je dois dire.

Pour revenir à nos moutons en colère…  Plus nous vivons un stress intense, plus nous serons portés à avoir la mèche courte.  Mais ce qui est sûr, c’est que faire du rentre-dedans à la première personne qui apparaît dans notre champ de vision ne nous apportera jamais qu’un soulagement passager. Il vaut donc mieux apprendre à ne plus dégainer sur la mauvaise personne. Ce sera profitable pour nous et bénéfique pour les autres.

Cela vous arrive-t-il de vous en prendre à la mauvaise personne ?

Extrait tiré du Carnet de route pour manifester l’inattendu. Visitez jackiebhamilton.com.

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