Vivre

Je n’irai pas à cette soirée

fille-sofa-soiree

Je n’ai jamais été la plus wild, mais j’ai quand même eu mes beaux moments de gloire! Sans avoir tout vécu, j’ai l’impression d’avoir bien profité de mes belles années, tout en demeurant la bonne fille que je suis. Fidèle à moi-même, il a eu excès, mais jamais d’excès d’excès… Rien vraiment que je n’assume pas avec le recul. Je n’ai pas de regret ou l’impression d’être passée à côté de quelque chose. C’est quand même pas pire à 31 ans!

Fut une époque pas si lointaine où j’étais de tous les 5@7, spectacles, happenings impromptus et cie. C’était dans une autre vie. Celle où j’étais trendy dans mon condo sur le plateau et que nachos et mojito rimaient avec souper convenable. Celle où je commençais ma vie d’adulte et où je n’avais pas vraiment de responsabilités autres que de me rendre au boulot, payer mes comptes et être une bonne citoyenne, blonde, amie… fille. Alors que je me sens maintenant à des milles de là (voire même des galaxies), de cette vie de jadis, je me surprends parfois à envier mes amies qui surfent encore sur cette vague de liberté. Je ne m’accorde plus le loisir de partir en roadtrip un vendredi soir pour le week-end ou de prendre un verre après le travail qui va s’étirer en 5@7, puis en soirée endiablée jusqu’aux petites heures du matin (sous peine de vivre le plus houleux des lendemains avec mini-moi qui pète le feu à 6h du matin). C’est une question de perception et de choix. Je salue les supermoms qui arrivent à mener de front à égalité leurs vies sociale et familiale. Moi, j’échoue lamentablement! (Mais je réussis à merveille plein d’autres choses, comme cuisiner des barres tendres maison pour les lunchs un mardi soir ou être à jour dans How to Get Away with Murder sur Netflix…) Je me permets évidemment, de temps à autre, un saut ici et là avec «mes chums de filles»; une petite sortie pour jaser (lire ici, «potiner»). Ça n’a pas de prix. Les escapades en couple et les activités avec la famille élargie s’ajoutent également à tout ça. J’ai une petite vie extracurriculaire pas très chargée, mais pas banale non plus.

D’un autre côté, alors que jadis, je n’aurais jamais manqué l’occasion de sortir de la maison, maintenant, je me fais un plaisir d’y rester. Je suis devenue une maman louve heureuse dans sa tanière. Avoir des enfants, ça change une vie. Je n’ai aucun malaise à dire que «je n’irai pas à cette soirée», parce que c’est vendredi et que ça fait 5 journées consécutives que je vois ma fille 2h par jour et que sentir son petit cou, lui lire des histoires et la bercer, c’est tout ce dont j’ai envie.

«Je n’irai pas à cette soirée» parce que ces temps-ci, je me couche bien avant En mode Salvail (Voyons, c’est ben trop tard!). Oui, je suis devenue matante. Tous les virus inimaginables courent en un seul et unique lieu depuis le retour des fêtes, le CPE de mon enfant. Ils ont élu domicile dans son petit corps comme dans un appartement beaucoup trop en demande sur Airbnb.

Je veux être là pour elle. Je suis crevée et rien ne me semble plus réconfortant que mon chum, mon kit de jogging mou et mon lit beaucoup trop moelleux… un vendredi soir.

«Je n’irai (donc) pas à cette soirée» où j’aurais certainement eu beaucoup de plaisir, car je suis privilégiée de pouvoir la passer chez moi, mais surtout d’avoir envie de le faire, semaine après semaine, année après année. Cette «liberté» que je n’ai plus dans son entièreté, mais à laquelle je peux goûter de temps à autre, je la cultive et l’entretien (du mieux que je peux, parfois pas assez, je le sais). C’est tellement important de le faire. Je porte plusieurs chapeaux qui doivent avoir des allures «hauts-de-forme», comme ils s’empilent les uns sur les autres. Je me demande parfois même où est rendue ma tête dans tout ça. Je savoure cette vie que l’on s’est bâtie, à notre façon, à l’ombre des planchers de danse et des bucks à 5$, dans un nid douillet sur une rive de la métropole où les feux de foyer sont  permis et où les oiseaux gazouillent à ma fenêtre quand il fait doux… Je suis consciente qu’elle ne sera pas toujours telle qu’elle est, alors aussi bien en profiter. (Et non, ce n’est pas toujours rose, loin de là, mais j’aime me dire qu’en moyenne, la couleur s’y rapproche pas mal.)

Pour toutes ces raisons, «je n’irai pas à cette soirée», par choix ou par obligation. Vous me la raconterez demain et j’aurai beaucoup de plaisir à vous écouter. N’épargnez surtout pas les détails croustillants. Je ne culpabiliserai même pas de ne pas avoir été là (sinon on n’en finit plus!). Je serai peut-être de la partie la prochaine fois, par choix. Je vous aime toujours autant, gentilles personnes qui m’invitent (et continuent de le faire). Je vous surprendrai peut-être en dansant sur une caisse de son avec des mouvements pas très gracieux (comme dans le temps)… Qui sait?!

Partager cet article

Vous aimerez également