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Je suis jalouse de Larry Tremblay

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Je suis jalouse de Larry Tremblay, cet auteur saguenayen dont je viens de terminer le roman, L’orangeraie. Comment un homme a-t-il pu imaginer une histoire si tordue, mais criante de vérité ? Comment peut-il concevoir un texte sur la guerre et le rendre aussi poétique et touchant ? Je voudrais avoir son talent… dans une autre vie peut-être, mais dans celle-ci, je me contenterai de lire sa bibliographie au grand complet et de vivre la peine de ses personnages.

Dans une orangeraie, au Moyen-Orient, deux jumeaux de neuf ans, Aziz et Amed, sont si semblables qu’ils confondent même leur père, qui a désigné l’un d’entre eux à devenir kamikaze. Par honneur, pour venger sa famille et son peuple, il se fera exploser de l’autre côté de la montagne, achevant ainsi une centaine d’ennemis, « des chiens habillés », comme ils les appellent. Les jeunes jumeaux échangeront leur rôle au dernier moment. Le plus faible préfèrera se sacrifier pour sauver le plus fort, qui devra alors apprendre à vivre avec la peine et à transcender la culpabilité d’avoir consenti à laisser aller son frangin. Comment exorciser ce mal ? Peut-être par l’art. Ce récit aurait pu durer, durer… Mais Larry Tremblay a décidé d’en faire un roman de 160 pages, court comme une pièce de théâtre, qui est probablement le destin de cette œuvre.

Comment une histoire aussi horrible peut-elle être lue avec bonheur ? Parce qu’elle est écrite si finement que la douleur de la mère priant au clair de lune dans le jardin de l’orangeraie nous habite vivement. Parce que l’on voit même les particules de poussière entrer dans la lumière, dans la remise où les enfants jouent aux héros avec la ceinture d’explosifs ! Parce que l’on sent le parfum sucré du jus d’orange pressé présenté au jeune martyr avant de quitter sa famille pour devenir un saint.

Larry Tremblay est un auteur à la plume précieuse. L’orangeraie en est la preuve.

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