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La responsabilité partagée: pour en finir avec la guerre à table

Mange tes brocolis. T’as presque rien mangé. Il faut manger tes légumes pour être grande et forte. Finis ton assiette si tu veux du dessert.

Finis ton assiette

Ces phrases, moi et mon appétit d’oiseau, nous les avons entendues des millions de fois. Je me souviens d’avoir négocié de manger la moitié de ce qui restait dans mon assiette pour avoir une part de gâteau ou un biscuit qui n’était finalement pas du tout satisfaisant parce que mon estomac était déjà trop plein. Je ne ressentais aucun plaisir à déguster mon «trophée» gagné à coups «d’une autre bouchée et c’est fini».

Une autre génération, une autre approche

Je ne blâme pas du tout ma mère qui suivait la mode de son temps. Mais quand je suis devenue maman, j’avais bien l’intention de ne jamais forcer mes enfants à vider leur assiette. Je ne savais pas trop comment m’y prendre non plus. Au moment d’introduire les aliments pour ma première, j’ai discuté de mes préoccupations alimentaires avec la pédiatre qui m’a expliqué les principes de la responsabilité partagée, la nouvelle approche alimentaire qu’elle prônait. Ça rejoignait vraiment mes valeurs alors j’ai décidé de l’adopter. 5 ans plus tard, je ne regrette rien.

En résumé l’approche de la responsabilité partagée c’est:

Le parent choisit , quand, quoi et comment l’enfant mange.
L’enfant décide combien (la quantité) il mange.

Par exemple, chez moi, on mange toujours à la table (où) et ensemble, sans télé (comment). Les enfants ont 3 repas et 2 collations à peu près aux mêmes heures (quand). Je leur sers une variété d’aliments et quand j’en introduis un nouveau, je m’assure d’en mettre aussi un qu’ils aiment (quoi).

Les enfants décident ce qu’ils mangent parmi les aliments dans leur assiette et combien ils en mangent. Ils ont droit de ne rien manger, mais ils doivent rester à table tant que toute la famille n’a pas fini de manger.

Les deux grands avantages de la responsabilité partagée
Cette approche vise principalement à apprendre à l’enfant à reconnaître la sensation de satiété, c’est-à-dire quand il n’a plus faim. C’est un atout qui le suivra toute sa vie et un beau cadeau à lui faire à mon avis. Aussi, comme l’enfant n’est pas forcé de manger, on évite les crises et l’ambiance est (presque!) toujours agréable. Généralement, les enfants sont plus ouverts aussi à goûter de nouveaux aliments quand ils ne sentent pas de pression. Le panais est là, ils le regardent et on devra peut-être en servir 2, 3 ou 4 fois avant qu’ils décident d’y goûter. Éventuellement, la curiosité l’emportera et la petite main choisira le curieux légume.

Et le dessert dans tout ça?

Ce qui a le plus fait jaser au sujet de mon approche, c’est que les enfants ont droit à une portion de dessert, même s’ils n’ont rien avalé. L’objectif ici est de ne pas utiliser la nourriture comme une récompense. Qui ne s’est jamais dit «je mérite bien un peu de chocolat après cette dure journée»? Chez moi, il y a du dessert tous les soirs alors les enfants ne considèrent pas les aliments sucrés comme un bonus, un trophée à gagner à grands coups de cuillérées. Cela crée une saine relation avec la nourriture. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que ce sont les parents qui décident QUOI. Donc si mes enfants ont très peu mangé, je vais opter pour du yogourt, de la compote ou des fruits pour dessert qui sont plus nutritifs. Et si j’offre de la crème glacée, je ne mentionne pas que c’est parce qu’ils ont bien mangé.

S’il n’a rien mangé

Comme le disait si bien la pédiatre, aucun enfant n’est mort d’avoir sauté un repas. Alors si un enfant picore dans son assiette ou la boude carrément, il a droit à sa portion de dessert et c’est tout. S’il a encore faim, il doit attendre à la collation. Offrir des collations à horaire fixe permet à l’enfant de ne pas avoir d’insécurité face à la nourriture.

Mon verdict après 5 ans

Comme je vous disais plus haut, je ne regrette rien. À 3 et 5 ans, mes enfants sont à l’écoute de leur appétit. Nous sommes passés à un autre niveau et je sers quelques fois par semaine le repas au milieu de la table et chacun se sert selon ses préférences et son appétit. Ça crée de belles discussions et j’en profite pour enseigner quelques notions. Tu prends combien de carottes? Tu mets la sauce dessus ou dessous? Mine de rien, on travaille aussi la motricité.
Mais ce que je préfère, c’est que l’absence de tensions à table crée de beaux moments de partage en famille. Ces 30 minutes où nous faisons une pause de notre vie de fous pour être ensemble et partager sont extrêmement précieuses à mes yeux. Beaucoup trop pour être gâchées pour une bouchée de viande ou de spaghetti.


Crédit : nospetitsmangeurs.org

Pour en apprendre davantage sur la responsabilité partagée:
http://www.nospetitsmangeurs.org/un-repas-agreable-un-travail-dequipe

http://naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/viefamille/fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-arrivee-bebe-partage-responsabilites

 

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