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La Saint-Jean : je me souviens

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Au Québec, on n’est pas nés pour un petit pain, mais à la Saint-Jean, moi j’aime les petits partys! Cela vient de mon enfance passée à Saint-Charles-sur-Richelieu, alors que la fête se faisait dans le parc sur le bord de l’eau. Les quelques mètres carrés me semblaient énormes à l’époque et quand j’y retourne, je suis toujours surprise de constater comme mes souvenirs ont rapetissé!

N’empêche que cette région est mythique dans l’histoire puisque le 23 novembre 1837, les patriotes y ont remporté une bataille contre les soldats britanniques, bataille où plusieurs de nos Québécois à la ceinture fléchée moururent, juste en face de mon beau parc de Saint-Charles, à Saint-Denis-sur-Richelieu. C’était l’époque du référendum, nos parents étaient crinqués à bloc et nous, les enfants, du haut de nos 10 ans, nous nous trouvions dans l’effervescence d’un nouveau pays à inventer.
Après mon déménagement vers Montréal, je n’ai jamais retrouvé cette magie. Les petits partys se sont transformés en énormes rassemblements où je ne m’y suis jamais autant retrouvée. Les souvenirs par contre sont restés. Et vous? Votre façon de fêter la Saint-Jean-Baptiste a-t-elle changée avec les années? J’ai posé la question à mes amis blogueurs de Mitsou.com.

Josée Brunet assume son déclin en tant que party animal.

« À 16 ans, je fêtais la Saint-Jean sur la beach de la Polyvalente Saint-Jérôme en sirotant quelques Boomerang que j’avais pris soin de bien cacher dans mon sac. La totale délinquance! À 20 ans, j’étais à Québec sur les plaines d’Abraham, au cœur de la fête. Ma trentaine a vu naître deux bambins ainsi qu’une envie de m’éloigner de la foule et de me centrer sur mon petit clan. Il faut que j’avoue aussi qu’en vieillissant, mon corps tolère moins bien les abus et que l’idée de me réveiller en lendemain de veille avec mon terrible two en manque de sommeil a de quoi anéantir toute envie de déraper. Cette année, ma participation aux fêtes de quartier se résumera à emmener les enfants jouer dans les jeux gonflables en après-midi. Nous célébrerons notre fête nationale en faisant honneur aux produits et au savoir-faire d’ici. »

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Annie Leclerc a été coordonnatrice artistique sur le show de la Saint-Jean sur les plaines quand Charlebois a fait son come-back.

« C’était quelque part autour de 2005. Il est sorti de la voiture, très juste dans le temps, et m’a dit : crisse, j’ai jamais vu autant de monde à la Saint-Jean! Quand c’est le grand Charlebois qui te dit ça, tu le crois! Je me disais que je vivais un moment assez privilégié que le retour de Charlebois à une Saint-Jean après plusieurs années d’absence… Je me retrouvais avec LE symbole de la Saint-Jean qui regardait la foule avec de grands yeux.»

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La Saint-Jean de vos 18 ans, l’âge légal pour boire de l’alcool, a-t-elle été mémorable? Ce fut le cas pour Lory Zéphyr.

« Ma Saint-Jean la plus mémorable, c’est à mes 18 ans : deux amis et moi qui s’époumonons au show d’Éric Lapointe en chantant TOUTES les chansons. Je pense même lui avoir crié mon numéro de téléphone dans la foule (on peut blâmer les bières pour ça ha! ha!)
Et cette année, ça va se résumer à faire des exercices de Kegel post-accouchement (fun fun!) tout en essayant de divertir mon toddler!»

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Sylvie Savard en bonne attachée presse est toujours ‘à la job’ lors de la Fete nationale. Toutefois, elle se souvient des années où elle avait moins de responsabilité avec un clin d’œil.

« Ma meilleure Saint-Jean est celle où j’ai essayé du mush pour la première fois… »

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Pour Alex Marsolais, la Saint-Jean-Baptiste a une signification bien spéciale puisqu’elle marque le début des vacances.

« Je me souviens que vers 10-11 ans, je célébrais la Saint-Jean avec la famille d’une amie d’enfance, Annie Lewis. Autour d’un feu, nous mangions des guimauves tout en chantant des chansons de Beau Dommage. Je me rappelle encore avoir été gêné de fredonner les charmes d’une certaine Ginette qui mettait de la brume dans les lunettes! Adulte, étant enseignant, la Saint-Jean est également synonyme de fin d’année scolaire. J’en profite, par exemple, pour refaire le plein d’énergie avec quelques amis lors d’une balade à la montagne. La seule règle pour la journée : que toute musique écoutée soit québécoise! »

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Vous avez certainement en mémoire un souvenir semblable à celui d’Ingrid Falaise.

« Reculons il y a de cela 20 ans, alors que du haut de mes treize-quatorze ans, je m’apprêtais à fêter ma première Saint-Jean sans supervision parentale… À cette époque, j’habitais à Mont-Saint-Hilaire et la fête nationale c’était « L’événement » avec un L majuscule tant attendu. Pas parce que nous connaissions l’histoire du Québec. Pas parce que nous étions de fiers ados patriotes, mais parce que nous avions réussi à acheter de la bière au dépanneur du coin, que porter la fleur de lys sur la joue c’était in et que la butte de l’église nous appartiendrait cette soirée-là. Et surtout… mais surtout, parce que Mikäel serait ma date. Bien assise sur la butte de l’église, une bière entre les deux mains, entourée de la gang (parce qu’ado, faire partie d’une gang c’était siiiii important), j’ai frenché Mikael sous les feux d’artifice pendant que Marie-Carmen s’époumonait sur la scène. Oui. Marie-Carmen chantait du rock à Saint-Hilaire et on était fiers.

D’année en année, les Saint-Jean se sont enchainées et l’intérêt a bifurqué vers un réel sentiment d’appartenance à cette journée totalement québécoise. Ce n’était plus la butte de l’église ou le french de Mikaël qui primait. L’important, c’était de se retrouver parmi une foule solidaire et clamer haut et fort notre identité. Lever le poing dans les airs et se souvenir… de qui l’ont est. Difficile de l’oublier alors que je me suis retrouvée aux côtés d’un certain beau-père, emblème de bière et de lys, chantonnant des hymnes nationaux en hiver comme en été. Parce que même à 65 ans passés, il continuait à faire jaillir chez tous et chacun la fierté d’être Québécois. Lui, je le porte dans mon cœur pour l’éternité.

Cette année, c’est entourée de mon mari, d’enfants, d’amis, de passionnés que nous irons brûler du bois dans un chalet au bord d’un lac. Parce que le 24 juin, une guitare à la main, des guimauves et de la musique pure laine, c’est toujours aussi bon et que cette fête mérite d’être célébrée.»

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Vanessa Brown est fière d’être Québécoise.

« La Saint-Jean… combien de fois j’ai hurlé BONNE ST-JEAN vêtue de mes shorts en jean, ma camisole blanche et ma fleur de lys fièrement dessinée sur la joue droite. La fête nationale des Québécois a toujours été pour moi un moment magique. Un moment où on se retrouve tous entre amis à chanter à tue-tête du Paul Piché, du Jean-Pierre Ferland et en sirotant de la Labatt bleue gaiement. Il n’y a pas un moment où à chaque Saint-Jean, je ne lève pas mon verre à René Lévesque, cet indépendantiste qui a presque changé le cours de l’existence de notre beau Québec. La Saint-Jean, c’est le temps de se remémorer à quel point il est bon d’être québécois. Cher Québec, je t’ai souvent renié pour partir à l’aventure vers d’autres contrées lointaines qui m’apparaissaient à l’époque plus intéressantes que toi. Aujourd’hui je suis fière de dire que partout où je suis allée tu restes l’endroit où j’ai le plus de plaisir à fêter.
Je ne célèbre plus la Saint-Jean avec autant d’ardeur qu’avant. Ma vie de maman mono étudiante sur le marché du travail m’oblige à limiter les soirées sans lendemain. Toutefois, je n’ai jamais eu autant d’amour et de respect pour notre belle province. Du respect aussi pour le Québécois, j’en ai! On s’est longtemps fait bafouer, mais aujourd’hui on rayonne de partout et je ne voudrais pas être citoyenne d’aucun autre coin du monde. La femme québécoise est la femme qui selon moi est la plus épanouie de la planète. L’homme québécois, que j’ai trop souvent snobé au profit de l’exotisme des autres cultures, est à mon humble avis le plus évolué de tous les hommes. Cette année c’est ma fille qui portera fièrement la fleur de lys et je compte bien célébrer avec elle en participant aux nombreuses activités et concerts de la fête nationale dans Villeray. »

Et vous, comment célébrerez-vous notre fête nationale? Êtes-vous du type grand rassemblement ou petit party?

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