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Le jour où j’ai été heurté par une tornade nommée Mitsou

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Le 20 novembre 1988, j’ai été heurté de plein fouet par une tornade blonde au prénom exotique: Mitsou. Inutile de vous dire que la tornade a fessé fort! Elle a été si puissante que je ne m’en suis jamais relevé.

C’est Marguerite Blais qui a fait les présentations: je lisais un roman dans le salon pendant que mes parents regardaient paisiblement Bon Dimanche. C’était le calme plat jusqu’à ce qu’on présente un reportage sur le lancement d’El Mundo, l’album d’une nouvelle chanteuse, la petite-fille de Gratien Gélinas. Le lancement de cet album avait eu lieu quelques jours auparavant. Bang! C’est à ce moment précis que j’ai levé la tête, que je l’ai aperçue et que j’ai fait la connaissance de celle qui ferait toujours partie de ma vie, à sa façon.

Je me souviens du jour où mon amie Véronique Baril et moi désirions écouter Bye Bye mon Cowboy à la radio. Comble de malheur, c’est toujours sur la parodie de Rock et Belles Oreilles qu’on tombait: Bye bye mon cowboy, bye bye mon GI Joe! L’achat de la cassette d’El Mundo s’imposa et elle a rapidement trouvé sa place définitive dans le système de son de ma chambre! J’ai immédiatement été séduit par l’univers coloré et théâtral de Mitsou, un univers rempli de folie et de soleil, ainsi que par sa personnalité positive, souriante et unique. Ses photos sont venues rejoindre celles de Cyndi Lauper, de Madonna et de Michael Jackson sur les murs de ma chambre.

Après avoir lancé son deuxième album, Terre des hommes, Mitsou est venue rendre visite à ses admirateurs joliettains. J’allais, pour la première fois, pouvoir la voir de très près. Peut-être aurai-je la chance de lui parler ou encore mieux, de la serrer dans mes bras! J’avais assisté à son spectacle à La Ronde deux années auparavant, mais une rencontre de très près allait être une nouvelle expérience pour moi. À Joliette, vêtue de longues bottes noires et arborant ses cheveux bruns et courts (mon look préféré), elle est arrivée, ravissante, énergique et chaleureuse avec, en trame sonore, Mademoiselle Anne qui jouait en boucle. J’en avais le souffle coupé. Lorsqu’elle m’a serré dans ses bras avant d’autographier son album, l’ado de 15 ans s’est transformé en petit gamin! Je regrette encore de ne pas avoir apporté d’appareil photo. Une erreur de débutant!

J’ai continué à suivre sa carrière avec beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme et nous avons correspondu pendant toutes ces années. Nos rencontres sont devenues de plus en plus rapprochées et nos conversations de plus en plus riches et personnelles.

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Nous avons tous les deux évolué et de mon côté, je suis devenu enseignant. Au début de ma carrière, en 2001 ou 2002, Mitsou a d’ailleurs eu la générosité d’accorder une entrevue radiophonique à mes élèves dans le cadre d’un projet de classe.

Quelques semaines après la sortie de son album éponyme, lequel contient ma chanson favorite, Lonely, il s’est passé un déclic. J’ai assisté à une performance endiablée de Mitsou au Complexe Desjardins, le jour de l’anniversaire de Iohann, son nouvel amoureux avec lequel elle venait de fonder une petite compagnie, Dazmo et produire pour la première fois son propre album. Tout était nouveau dans sa vie et en sortant de scène, elle semblait préoccupée. Elle m’a demandé de la suivre dans sa loge puis jusqu’à sa voiture. On a parlé de nos amours et de nos projets respectifs. Tout au long de cette conversation, Mitsou a su déceler une petite étoile éteinte dans mes yeux. Une minuscule étoile perdue au milieu de toutes les autres, si brillantes. Le sujet était grave et délicat, car je venais de vivre un moment très difficile dans ma vie. Ses propos, venus directement du cœur, ont été justes et réconfortants. Mitsou a toujours eu de l’empathie, comme on peut voir maintenant lors de ses entrevues à Dis-moi. Elle a aussi le don d’ajouter minutieusement, juste au bon endroit, une petite phrase bien choisie qui redonne le sourire et qui déclenche à tout coup un rire. C’est à ce moment que j’ai rencontré Mitsou, la femme. Une journée que je n’oublierai jamais. Parler de ce moment et aujourd’hui le mettre sur papier m’émeut beaucoup. Depuis cette journée riche en émotions, une complicité que je ne veux et ne peux expliquer s’est installée.

En 2011, j’ai pensé publier un livre présentant un souvenir d’enfance de 24 personnalités québécoises. La majorité des profits serait remise à une fondation pour les enfants défavorisés. Mitsou m’a offert de très bons conseils et son appui m’a donné le courage d’entamer Souvenirs d’enfance.On y retrouve, entre autres, Mitsou âgée de 5 ans, arborant un oeil de pirate et jouant du violon en Louisiane.

Mitsou m’a démontré beaucoup de confiance en me demandant d’être le tuteur académique de sa nièce Viva. Je l’ai accompagnée pendant plus de 6 ans et nous avons bâti une solide amitié. Mitsou m’a également offert d’être collaborateur pour son site web Mitsou.com, afin d’écrire des articles sur l’enseignement et ce qui entoure mon métier. Une autre belle preuve de confiance et un défi de taille.

Mitsou a été présente lors de plusieurs étapes importantes de ma vie dont la plus belle et touchante: mon mariage. Quelle chance d’avoir été entouré de tous ceux que j’aime lors de cette journée si spéciale.

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Au fil des années, j’ai découvert en Mitsou une artiste talentueuse, audacieuse, brave et déterminée puis, j’ai rencontré une femme directe, franche, remplie d’amour, de compassion et d’humour. Merci d’être dans ma vie.

Que nous réservent nos 50 prochaines années?

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