Culturel

Le sac de drogue et le douchebag

condo

Un jour, j’ai trouvé un sac de drogue chez moi. Un gros sac de stupéfiants. Bien entendu, il n’était pas à moi.

Mon radiateur avait décidé de rendre l’âme en plein milieu d’un hiver très froid. La nuit, le thermomètre pouvait facilement descendre à un petit 10 degrés dans mon appart de célibataire sans chum pour me réchauffer les pieds.

L’engin s’était envolé au paradis des radiateurs et je venais d’en accueillir un tout nouveau, mais avant que cela fonctionne je devais le « saigner ». Jeudi soir de congé, ma bouteille de vin et moi (ce n’est pas vrai que j’allais faire ça toute seule!) avons décidé d’affronter la tâche. Le calorifère étant encastré dans le mur et ne sachant pas trop comment m’y prendre,  j’ai passé ma main juste derrière. J’y suis allée à tâtons.

Ça m’écœure tellement de mettre mes mains dans un endroit inconnu à l’aveugle! J’avais l’impression d’être à Fort Boyard, sans public pour m’encourager. Je m’aventure tranquillement et ma main glisse sur quelque chose de doux et duveteux, comme le pelage d’un RAT!!!! ARKKKKEEEEEEEEEEEEEEE!!!!!!!!! Dans mon élan, ma main s’est bloquée et en la libérant, j’ai trainé avec elle le contenu du mur. C’est là, que je me suis presque évanouie. On me retrouverait un jour décédée sur le plancher, avec un rat mort à mes côtés.

J’ai fini par reprendre mes esprits. En ouvrant les yeux,  je vis un sac de papier brun fermé. La panique s’empara de moi.

sylvie-une

Ça pourrait être une main humaine. Pourquoi la main? Sais pas…  Je décidai de finir ma bouteille de vin et d’étudier le sac brûlé par mon calorifère. J’aurais tellement pu passer au feu! J’ai maudit le ciel de ne pas avoir de conjoint parce que 1- il aurait lui-même saigné cette patente là et 2 – il aurait sauté sur le sac pour l’ouvrir.

Puis la lumière fut : et s’il y avait de l’argent dedans? Bingo!

Le sac magique ne contenait pas de bidous. Il était plutôt rempli de plusieurs petits Ziplocs avec des pilules de toutes les couleurs. Dire que j’ai pensé que c’était des vitamines! Ben oui Sylvie! Pourquoi aurait-on pris la peine de mettre des Centrum derrière un calorifère?

Mais qu’est-ce qu’on fait avec un sac de drogue? En bonne célibataire que je suis, je décidai d’appeler mes chums de filles.

La réponse de ma première amie (qui était complètement crampée) : Vends-les!!!!

Ma deuxième amie, plus sage, mais encore plus paniquée : Là, là (Chicoutimi power !), tu vas prendre une marche et balancer le sac dans un container à déchet, ni vu, ni connu…

Ma troisième amie : Appelle la police tu suite! Ce que je fis.

En ce jeudi soir d’hiver, je restai donc chez moi à attendre les policiers avec mon verre de vin et mon sac de drogue, devant la télé en essayant de ne pas trop halluciner!

Vers 22 h 30, un sympathique agent m’appelle pour me dire que ça irait au lendemain. Libérée, j’entrepris de me détendre en prenant un bain avec un masque hydratant pour couper mon buzz de stress. Après quelques minutes à m’imbiber d’eau et d’argile, la sonnette de ma porte retentit. De l’intercom, mon agent s’excusa de ne pas m’avoir appelée avant de se pointer. J’attrapai un legging taché d’eau de javel et un t-shirt promo XXL et j’enlevai vite l’argile pour découvrir mon visage rouge sous les résidus verts. Mais quoi, le policier avait certainement vu pire dans sa vie!

J’ouvris à l’agent de la paix et je tombai sur… Mama Mia ! Non seulement, il avait une belle voix au téléphone mais en plus, il était beau comme un dieu. Bon-jour la po-lice! Il avait lui aussi arrêté de parler, comme s’il était hypnotisé par ma beauté ou peut-être était-il découragé de mon look (j’aime mieux penser que la première option était la bonne). Beau bonhomme fit le tour de mon condo avec son acolyte. Il inspecta les murs, et pendant que l’autre agent repartit vers la voiture, il pris le temps de me poser quelques questions… qui devinrent subtilement personnelles. Je le vis rougir et s’excuser rapidement en me disant que si j’avais un problème, je n’avais qu’à l’appeler au poste.

Quelques jours plus tard, il me redonna des nouvelles pour m’annoncer que rien ne sera retenu contre moi (heuu…j’espère!!! C’est moi qui les ai appelés!) Puis il a glissé furtivement : « Êtes-vous célibataire? ». Question que je trouvais très pertinente, car j’aurais pu avoir un chum mafieux, qui se sert de mon condo comme cachette spéciale pour ses histoires croches… PFFF

Et là, il ajouta : « Bon, je vais essayer d’être moins subtil… Est-ce que vous accepteriez de prendre un verre avec moi un soir? Je n’ai jamais abordé une femme de cette façon. Si je vous importune, veuillez m’excuser et on oublie tout ça. ».

Moi : BEN OUI!!!…heuu… Ben non… j’accepte!!! Quand j’ai raccroché, honnêtement, c’est comme si j’avais gagné la coupe Stanley. Je dansais sur place en faisant de drôles de sons…

Rendez-vous dans un bar la semaine suivante. Je le trouvais cool, brillant, ambitieux. Pas l’image que je me faisais d’un policier. Il aimait la musique, le cinéma, l’humour, bref, il était parfait. Nous avons commencé à nous fréquenter et c’est à ce moment-là que je suis devenue le genre de fille que j’aime juger. Celle qui s’inquiète quand elle envoie un texto et qu’il ne répond pas tu suite. Celle qui annule sa soirée parce qu’il a dit qu’il allait « peut-être » passer… Je parle de moi à la troisième personne, car croyez-moi, je ne me reconnaissais plus. À ma défense, c’est vrai qu’à un moment donné, il a commencé à espacer ses appels. Il disait qu’il allait passer et finalement, il ne venait pas. Je me sentais à la merci de son horaire d’agent secret… Ou d’agent double. Je l’ai toujours soupçonné d’avoir quelqu’un d’autre dans sa vie mais ça, je ne le saurai jamais. Mon intrigue s’est terminée en queue de poisson.

Ça m’a fait de la peine. J’aurais du passer à un autre appel, mais mon orgueil m’en empêchait. Notre rencontre était si romantique : j’avais trouvé de la drogue dans un sac poilu et mon futur époux était venu me sauver dans son habit de policier! Je me voyais bien céder les droits de notre histoire pour un film. Je n’ai pas eu de deal hollywoodien, pas d’époux ripou non plus. La seule offre qui a vraiment tenue est celle d’écrire un blogue sur ma vie tumultueuse de célibataire.

La suite la semaine prochaine dans ces pages !

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