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L’école au temps de la techno

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Quelle est la première chose que vous faites en vous levant? Pour ma part, je mange mes fruits et mes céréales, les yeux rivés sur ma tablette électronique afin de consulter mes courriels et ma page Facebook. Si j’ai le temps, je lis quelques articles d’un journal en ligne dont je terminerai la lecture en fin d’après-midi. Il y a 10 ans, j’aurais déjeuné en lisant mon journal papier, n’ayant pas assez de temps pour attendre que mon ordinateur dinosaure s’allume et qu’Internet démarre! Les temps changent et le milieu de l’éducation doit s’adapter.

Depuis 5 ans, en classe, j’utilise moins les manuels et les cahiers d’exercices et je laisse plus de place aux ordinateurs portables. Cette nouvelle approche a suscité des prises de conscience sur ma façon d’enseigner et sur l’implication des élèves dans leur apprentissage. Bien sûr, beaucoup de planification et d’organisation ont été nécessaires. En 2011, ma collègue Marie-Andrée et moi avions le goût de relever un nouveau défi pédagogique et l’idée d’utiliser quotidiennement des portables avec nos élèves du troisième cycle nous a plu.

Le lundi matin, lorsque mes élèves de 10 et 11 ans entrent en classe, ils disposent de 20 minutes pour faire leur agenda, ouvrir leur ordinateur et consulter leurs courriels et le blogue de la classe. Je me suis vite rendu compte que si je ne leur offrais pas cette courte période de temps, ils seraient, pendant la journée, tentés de le faire en cachette. Je me revois consulter mes courriels à la première heure et je comprends qu’ils veuillent en faire autant.

Je varie beaucoup mon enseignement: j’utilise un peu mon bon vieux tableau, mais je préfère de beaucoup utiliser mon TNI (tableau numérique blanc) afin de présenter des documents interactifs. Le seul fait que les notions soient présentées en couleurs et sur un écran tactile suscite grandement l’attention des enfants. C’est également un grand plaisir pour eux de venir le manipuler. Depuis que j’ai accès à cette nouvelle technologie, la participation des élèves a largement augmenté, l’apprentissage étant plus dynamique. Aussi, pour des notions plus simples, je laisse un enseignant virtuel présenter la matière (de nombreux sites proposent cette option intéressante) et mon rôle consiste alors à répondre aux incompréhensions. Les maisons d’édition ont pris le virage électronique et proposent des versions TNI de leurs manuels et de leurs cahiers d’exercices, ainsi que des activités supplémentaires en lien avec la matière enseignée. De nombreux autres sites pédagogiques en proposent également, mais il est intéressant de préparer ses propres activités, adaptées à ses élèves.

Plusieurs cahiers d’exercices et feuilles photocopiées ont laissé leur place à des exerciseurs en ligne. Les élèves adorent. Faire de la grammaire n’a jamais été aussi amusant! Trouver ces exercices demande beaucoup de temps de recherche et de programmation, mais selon mon expérience, cela en vaut la peine. Par contre, il arrive que certains élèves prennent les exercices en ligne moins au sérieux. Il faut donc varier ses approches.

Avant cette ère numérique, la rédaction de textes était un vrai combat. À leurs yeux, je me transformais en monstre lorsque je leur demandais d’écrire un texte de 200 mots. Ce n’est plus le cas. Le seul fait de rédiger leur texte sur un logiciel de traitement de texte les stimule beaucoup. Ils n’ont plus à écrire un brouillon et un propre, c’est donc une étape en moins.

Les présentations orales n’auront jamais été aussi stimulantes! Finis les simples cartons où l’on colle quelques photos. Vive les logiciels de présentations interactives simples à manipuler comme Pretzi ou PowerPoint!

Travailler les mathématiques à l’ordinateur est également possible. J’utilise quotidiennement le site Netmaths, qui est un bon complément de mon enseignement. Les élèves adorent y travailler et le font sérieusement, comme s’ils travaillaient dans un véritable cahier. De mon ordinateur, j’ai accès à tout ce qu’ils font et je peux ainsi voir les erreurs et la progression de chacun. N’est-ce pas génial? Un peu moins de correction, le site le fait pour moi! Cependant, après quelques essais, j’en suis venu à la conclusion que l’ordinateur n’était pas la meilleure option pour résoudre de gros problèmes mathématiques.

Mes élèves adorent utiliser divers moteurs de recherche pour trouver la bonne réponse à mes défis de sciences et d’univers social. Pour y arriver, ils ont dû apprendre à utiliser les mots-clés afin de rendre leurs recherches plus efficaces.

Travailler ainsi me permet d’expérimenter divers projets: courts-métrages, photos-romans, baladodiffusions, reportages radio, etc. Je me suis rapidement rendu compte que la majorité des élèves sont habiles et débrouillards avec les divers outils numériques mis à leur disposition: les caméscopes, numériseurs, programmes, etc. Certains sont même plus habiles que moi! Ils deviennent alors les élèves experts à consulter en cas de besoin.

Je crois en cette nouvelle pédagogie et je constate l’enthousiasme des élèves, notamment chez les garçons. Cette nouvelle pédagogie leur plaît énormément et vient rejoindre leurs intérêts et leur besoin de bouger et de manipuler. Le niveau de participation des garçons a largement augmenté et je sens chez eux un plus grand désir de fréquenter l’école. Plusieurs élèves garçons sont valorisés par leurs connaissances et leurs habiletés en informatique, ce qui n’est pas négligeable.

En établissant des règles claires, la classe numérique est stimulante pour tous, autant pour les enseignants que les élèves garçons et filles!

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