Culturel

L’enfant qui n’avait jamais vu de fleur

Impossible de ne pas entendre parler d’immigration illégale. Qu’on écoute les nouvelles à la radio ou à la télévision, qu’on lise le journal sur papier ou en ligne, on en parle partout.

Ça fait partie de notre réalité, mais également, de celle des enfants. De plus en plus d’élèves provenant de divers pays sont accueillis dans les écoles québécoises. L’école dans laquelle je travaille, par exemple, est fréquentée par des enfants provenant de 26 différents pays.

Certains d’entre eux sont arrivés au Québec en tant que réfugiés et ce sujet doit être présenté aux enfants. Une bonne façon de le faire est par le biais d’albums jeunesse.

Je vous en propose quelques-uns.

Samia

Qui n’a jamais vu une fleur? Seriez-vous capable de mentionner le nom de quelqu’un? Ce serait bien triste, non? C’est pourtant le cas de Samia, une jeune fille née dans un camp de réfugiés, entre les frontières de deux pays en guerre.

Samia est l’héroïne de l’album L’enfant qui n’avait jamais vu de fleur. Il existe plusieurs Samia dans le monde et il est important d’en parler aux enfants qui, un jour ou l’autre, la rencontreront.

Avec ses parents Yara et Mahmoud, Samia habite dans une tente, installée dans un triste camp beige et gris. Elle n’a jamais vu de verdure. Elle connait le sable, les cailloux, les fusils, les barbelés, les soldats et les yeux foncés de tous les habitants, mais des fleurs, Samia n’en a jamais vu.

Quotidiennement, Mayi, un vieil homme habitant dans la tente voisine, lui raconte des bouts de sa vie. Avec elle, il partage les bons moments qu’il a vécus hors de ce camp, des moments de paix, sans guerre. Un jour, Mayi mentionne une allée de bougainvilliers, une sorte de fleur. Des points d’interrogation dans les yeux, Samia lui demande ce qu’est une fleur. Triste et étonné, il fera tout en son pouvoir pour lui faire découvrir cette merveille de la nature.

S’en suivra une histoire touchante, déchirante, bouleversante, où un peu d’humanité sera perceptible, dans ce paysage si beige.

L’enfant qui n’avait jamais vu de fleur de Andrée-Anne Gratton, illustré par Oussama Mezher est publié aux Éditions de la Bagnole.

Azadah

Azadah, une jeune Afghane, a peut-être déjà vu quelques fleurs dans son pays en guerre, mais elle rêve de fréquenter une école, car la sienne a été détruite. Elle rêve aussi de visiter des musées, de visionner des films et même d’exercer un métier. Elle rêve de liberté. Le départ d’une photographe avec qui elle s’est liée d’amitié viendra la secouer.

Un récit tout en simplicité, avec peu de mots, mais rempli d’illustrations qui permettent bien de cerner le contexte socioculturel où évolue la fillette, tout comme l’imagination dont elle déborde.

Azadah de Jacques Goldstyn est publié aux Éditions La Pasthèque.

L’approche

Impossible de ne pas entendre parler d’immigration illégale. Qu’on écoute les nouvelles à la radio ou à la télévision, qu’on lise le journal sur papier ou en ligne, on en parle partout. Ça fait partie de notre réalité, mais également, de celle des enfants. De plus en plus d’élèves provenant de divers pays sont accueillis dans les écoles québécoises. Certains d’entre eux sont arrivés au Québec en tant que réfugiés et ce sujet doit être présenté aux enfants. Une bonne façon de le faire est par le biais d’albums jeunesse.

On ne lit évidemment pas ces albums à un enfant comme on lirait La belle au bois dormant. Pour le faire, on choisit le moment, le lieu et la façon de l’introduire. Je vous en ai parlé dans le billet où je présentais les livres Coup de poing. C’est important d’avoir une approche adéquate.

À lire également:

  • Demain je reviendrai de Karine Epenoy
  • Sans papiers de Rascal
  • Toi vole de Eve Bunting
  • Même les mangues ont des papiers de Yves Pinguilly

Je vous souhaite une agréable période de lecture! Gardez-vous un peu de temps, car cela suscitera certainement d’enrichissantes discussions.

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