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Les gens heureux ont une histoire

gens heureux

Ne tombe jamais amoureuse de quelqu’un qui te traite comme si tu étais ordinaire. (Oscar Wilde)

Monsieur Wilde en a dit pas mal des affaires, mais c’est sur cette citation que je suis tombée cet été au cours de mes nombreuses lectures et celle-ci m’a fait longuement réfléchir. La saison estivale est passée à la vitesse de l’éclair et comme je vous l’ai dit récemment, j’ai un peu abandonné la recherche de l’âme sœur pour me donner un léger répit et du recul. J’ai donc beaucoup observé l’être humain en général.

Au mois de juillet, une vieille connaissance m’a offert d’aller prendre un café. Pour faire une histoire courte de l’ami, j’ai déjà été amoureuse du gars et il a ensuite été mon amant pendant un gros 45 minutes. Plus tard, on a arrêté de se parler. Je l’ai détesté pendant quelques années pour finalement le revoir, le trouver cool et devenir son amie. Classique comme histoire non? Nous n’aurions pas pu être un couple. Nos défauts sont trop les mêmes. Et il n’y a rien de pire que de dealer avec quelqu’un qui nous remet nos défauts en pleine face. Lui et moi… Eh bien c’est ça.

On s’est donc donné rendez-vous dans un café du centre-ville un jeudi matin à 8h. C’est tôt pour se mettre à jour il me semble, mais bon. On travaille beaucoup tous les deux, donc c’était plus facile ainsi. Par contre, il est toujours difficile pour moi d’avoir les idées claires avant mon premier café. Je suis entrée dans le café franchisé bien connu, je me suis pris un latté et je l’ai attendu. À 8h05, je l’ai texté pour lui signifier que je l’attendais. Il m’a répondu: je te cherche, t’es où? Bien entendu, je m’étais trompée de café. Les rues sont longues à Montréal et des franchises, il y en a à tous les coins de rue.

Bref, j’ai pris un taxi et j’ai apporté mon café dans un autre café. À mon arrivée, il a ri de moi (avec raison). On s’est embrassé comme deux vieux amis et nous avons commencé à discuter. On a parlé de nos jobs, lui de ses enfants, moi de mes neveux, des gens que nous côtoyons…

C’est lui qui a posé la question en premier: Pis, comment ça va toi en amour? Un peu surprise par la question je lui a répondu: Moi… Euh… Rien? J’ai pris ma retraite. Tu ne savais pas? Et comme la courtoisie l’exige, j’ai rétorqué: Et toi, comment ça va?

Son visage s’est illuminé. Je savais qu’il était en couple depuis 2 ans, mais nous n’en avions jamais parlé. C’est avec de la lumière dans les yeux qu’il m’a parlé de sa douce. Il m’a raconté comment tout allait merveilleusement bien et à quel point elle était extraordinaire. Comment les ajustements du début n’ont pas toujours été faciles, mais que ça en valait la peine. Il m’a parlé d’elle avec une transparence désarmante. Il l’aime. Elle l’aime. Ils ont appris à se connaître, il veut passer le reste de sa vie avec elle. Je trouve ça beau. Très beau. Elle n’est pas ordinaire pour lui. Je la trouve vraiment chanceuse.

Son honnêteté à parler ainsi de son grand amour m’a profondément touchée. Les hommes aussi peuvent ressentir cela de la même manière que nous? Je l’avais presque oublié. La plupart du temps, les conversations que j’ai avec des hommes au sujet de leur conjointe sont surtout reliées aux problèmes qu’ils vivent avec elle. Elles sont souvent dépeintes par leurs paroles. Elles sont rarement, voire même jamais, extraordinaires.

Mais ce qui me frappe le plus, c’est à quel point on ne parle presque jamais de notre bonheur. Peut-être par pudeur, par modestie ou par peur de déranger l’autre personne à qui on parle. Pourtant, il n’y a rien de plus beau que de voir quelqu’un aimer. Il n’y a rien de plus inspirant que d’entendre un homme ou une femme te raconter comment va sa vie et comment il est heureux.

C’est vrai que le bonheur et l’amour avec un grand A font rarement la nouvelle. On dirait que des fois, notre société se conforte à voir les gens souffrir au lieu de les voir s’émanciper vers le bonheur. Pourtant, n’est-il pas plus difficile de travailler fort pour atteindre cet état? On devrait le saluer plus souvent. Peut-être que notre monde tendrait plus vers quelque chose de meilleur. Enfin, on jase là…

Avant de partir, il m’a lancé: Tu sais Sylvie, aimer est un magnifique sentiment. Je te le souhaite, car tu es quelqu’un d’exceptionnel à mes yeux et que c’est impossible qu’un jour ça ne t’arrive pas.

J’me suis sentie pas ordinaire.

Et c’est avec le cœur rempli d’espoir et le pied léger que je me suis rendue à mon bureau. Heureuse.

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