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Lettre au prince charmant

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Hey, le prince charmant… Tu voudrais bien t’extirper de mon inconscient qu’on ait une vraie discussion, dis? Parce qu’on fait vie commune depuis un long moment déjà, mais soyons honnêtes, au fond, on ne se connaît pas vraiment.

Je ne me rappelle pas notre première rencontre, mais je me souviens qu’avant même de savoir ce qu’était l’amour, je t’avais souvent croisé. Chaque fois, tu me faisais un clin d’œil avec ton iris chatoyant et tes cils fournis. Tu m’inspirais confiance. Puis j’ai grandi en te côtoyant souvent et tu as influencé ma vie au point où je voulais que nous deux, ça devienne exclusif. Comprends-moi, tu es si parfait! Dès qu’une brise légère aurait déplacé une mèche de mes cheveux, tu me l’aurais illico replacée derrière l’oreille. Tu n’aurais pas hésité à ériger un mur entre le monde parfois cruel et ma sensibilité. Tu aurais toujours eu dans ta poche le baume parfaitement dosé pour apaiser mes blessures. Ta carrure si imposante aurait été un lieu où j’aurais pu sans cesse me réfugier. Ta peau douce et immaculée aurait été un terrain de jeu où je me serais attardée pendant des heures. Ton intelligence aurait été si raffinée que je n’aurais pu me nourrir que de tes mots. Tu aurais sorti ton mouchoir dès qu’une larme se serait pointée au coin de mon œil. Ta richesse m’aurait mise à l’abri de tout souci et je me serais plue à errer dans notre château pour toujours. Et que dire de nos enfants parfaits et nombreux.

Sans me le dire directement, c’est ce que tu as bien voulu que je crois, même juste un peu, non?

Prince charmant, je voulais te parler parce qu’en fait, toi et moi, c’est terminé. Tu fuckes mes relations sentimentales, men. En fait, non, c’est moi qui les fucke. Parce que, s’en m’en rendre compte, je t’ai attendu. Pas consciemment, car je suis une fille intelligente, mais chaque fois que je rencontrais quelqu’un, tu étais toujours présent, comme une sorte d’amant jaloux derrière mon épaule, pour me chuchoter qu’il manquait quelque chose à mon histoire pour qu’elle soit parfaite. Tu m’as fait miroiter une vie de famille où aucun enfant ne serait partagé. Une histoire d’amour sans anicroche. Tu n’as jamais parlé de déception, d’écorchures, d’attentes, de famille recomposée, de problème d’abandon dans l’enfance, de difficulté à communiquer. Bref, de tout ce qui est juste humain et qui compose les relations. Ta vision des choses imprégnée d’innocence et de candeur s’est incrustée en moi et je viens d’en trouver les dernières miettes. Il était temps, j’en conviens.

Je te demanderais donc de prendre la porte de mon inconscient et d’aller reprendre ta place dans les contes pour enfants. Je n’ai plus 5 ans et je n’ai jamais voulu être une princesse. Il est vrai que j’ai toujours aimé les histoires, mais la nôtre est terminée pour toujours, jusqu’à la fin des temps. Et c’est maintenant moi l’héroïne qui sera la seule à décider, de façon consciente ou non, ce que je trouve vraiment charmant.

—————————————————-  FIN ————————————————-

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