Culturel

L’héritage de Marie-Sissi

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Vous avez presque « viré sur le capot » de devoir partager votre intimité pendant le temps des fêtes avec les 108 membres de votre famille/belle-famille? Join the club! Voici le livre qui m’a permis de décompresser, cachée dans ma chambre, quand je ne faisais pas la vaisselle ou de l’entertainment (recevoir presque 108 personnes, c’est de la job!. La lune dans un HLM de Marie-Sissi Labrèche est un roman qui traite justement de santé mentale et d’un nœud familial tissé très serré. Cette auteure de 44 ans, que j’ai connue comme journaliste chez Clin d’œil, avant qu’elle ne devienne écrivaine phare de la nouvelle génération (ses œuvres ont été adaptées au cinéma avec le film Borderline, porté par Isabelle Blais et Angèle Coutu). Marie-Sissi a fait paraître en 2006 un récit d’autofiction percutant, qui m’a permis de me consoler de mes petites misères cet hiver.

Le roman La Lune dans un HLM est un aller-retour entre la réalité et la fiction. Vacillant entre les lettres poignantes de Marie-Sissi à sa propre mère dépressive et un second récit, celui d’une relation mère-fille ultra difficile qu’entretient le personnage de Léa avec sa maman. Le point rassembleur? Les troubles de la personnalité. Léa une jeune dans la vingtaine, réalise aux funérailles de sa grand-mère qu’elle aura maintenant la pleine responsabilité de sa mère, une femme enfant qui frôle l’angoisse et la folie chaque jour.

Léa devra mettre un frein sur ses espoirs de devenir artiste-peintre, en retournant vivre avec sa mère dans un petit appartement infesté de détritus et de coquerelles. Celle qui rêvait d’aventures et de voyages, avec ses « timbres dans les cheveux », devient prisonnière d’une mère schizophrène et s’enferme avec elle entre les quatre murs crasses de l’appartement et doit vivre avec ses peurs et ses habitudes indélogeables (elle se lave les cheveux le lundi seulement, le mercredi, c’est sacré, elle avale des Rice Krispies dont le lait lui dégouline invariablement sur le menton). L’amour empêche Léa de faire interner sa maman, mais la haine lui fait imaginer broyer le cordon ombilical qui les unit, pour arrêter de se comparer, de mesurer combien la folie l’a aussi, peut-être, atteint elle-même. Trop près pour être confortable, mais jamais bien loin du cœur… Au fil du temps, Léa et Marie-Sissi, réalisent que leurs mères peuvent être des éléments importants de leurs propres créations.

Je suis tombée amoureuse de ces personnages et bien que le récit semble sombre, il est au contraire rempli d’espoir et d’émotion. Pour le plaisir de lire une excellente auteure et de s’évader… dans un HLM.

La vie de Marie-Sissi a bien changé depuis 2006, l’année de la parution de ce livre. Maintenant mariée à un Français, avec un petit garçon de 4 ans dans les pattes, elle a offert cet automne La vie sur Mars, une comédie dramatique futuriste dont l’histoire se passe en 2035 alors que le fils d’un astronaute et d’une auteure découvre la biographie étrange que sa mère a laissée à son décès. À lire, en imaginant le magnifique film qui pourrait en décliner.

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