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Liberté, égalité, sécurité… pour toutes!

violune

Malgré ma vie douce et paisible, je ne vis pas dans une bulle. Je vois, je lis et j’entends toutes ces femmes au Québec, aux États-Unis et ailleurs qui dénoncent ces jours-ci des agressions sexuelles. Ça se passe ici et maintenant. Dans nos sociétés de droits. Dans nos pays « civilisés » où l’égalité des sexes est reconnue depuis quelques dizaines d’années. Que se passe-t-il?

Je ne peux pas m’empêcher de lire toutes ces dénonciations sur Twitter réunies sous le hashtag #NotOkay. Invitées par l’auteure canadienne Kelly Clarkson, des femmes se sont mises à raconter leur première agression sexuelle. En une seule journée, plus de 10 millions de gazouillis ont été envoyés! On parle de culture du viol. Les mots sont durs, effrayants. On se dit : vraiment? En 2016? On n’en avait pas fini avec les grandes luttes contre les abus et le patriarcat? Manifestement, non! Alors, on reforme les bataillons, mesdames, et on finit cette guerre contre l’injustice. De nombreux hommes vont se battre à nos côtés. On a la loi, la morale et l’opinion publique avec nous!

Toutes ces histoires tristes, injustes et enrageantes m’interpellent en tant que femme, en tant que mère et en tant que citoyenne. Je ne veux pas éduquer mes enfants dans la peur. Alors, je dois trouver le fragile équilibre, dans mon discours et dans mes actes, entre « tu peux tout faire et le monde t’appartient, vas-y ma fille! » et « sois prudente, méfie-toi de tous et sois toujours un peu sur tes gardes! ».

Parce que toutes les filles ont, un jour ou l’autre, eu peur… dans la rue, dans le métro, dans des partys ou au boulot. On apprend jeune à baisser les yeux et à doser nos sourires. À marcher vite et sans trop de flamboyance passé une certaine heure. On se questionne sur notre habillement et nos talons hauts. Je m’oppose fermement à cette idée qui dit que la femme devrait se couvrir et être modeste et pudique pour éviter de provoquer les hommes. Je dis NON! Aux hommes à apprendre à se dominer.

Il faut que ça change

Le sentiment de liberté et de sécurité ne devrait pas être l’apanage des hommes. Il faut que les évènements qui occupent l’espace public depuis quelques semaines servent de déclencheur à une véritable action concertée entre les gouvernements, le système judiciaire, le système scolaire et la société civile pour que le message soit limpide : tolérance zéro envers toutes les formes d’abus. Les jokes plates, les remarques sexistes, les regards trop appuyés, les gestes déplacés…

Non c’est non

Quand je lis toutes ces histoires, je cherche à comprendre. Pourquoi des gens (plus souvent des hommes, mais aussi des femmes) agressent-ils? Pourquoi vouloir obtenir ce « semblant » de sexe. Celui qu’on obtient en soumettant l’autre, contre sa volonté. Il faudrait enseigner que le sexe c’est beau, c’est bon et c’est fabuleux. Ça permet à deux personnes qui se sont plues, séduites et charmées d’ajouter une dimension physique à une relation préexistante qui a pris naissance dans l’esprit et l’imaginaire. La mécanique de la chose, la partie de jambes en l’air, c’est l’aboutissement d’une connexion psychique. Si l’objectif, c’est juste la petite jouissance du monsieur, eh bien, la masturbation existe et on sait maintenant que ça ne rend pas sourd.

Il est très facile de reconnaître quand une femme est consentante, excitée et attirée. De nos jours, les femmes n’ont plus à jouer le jeu et faire semblant de protéger leur vertu. Elles savent ce qu’elles veulent et sont capables de l’exprimer. Les yeux d’une femme séduite brillent. Son sourire est gourmand et éclatant. Elle rit et sa gorge se renverse, déjà un peu offerte. Toutes les aventures ne sont pas obligées de se conclure par un mariage, mais chacune devrait évoquer un moment agréable. Pas un souvenir amer ou douloureux.

Et pour l’avenir, on fait quoi?

On ne perd pas espoir. Je trouve ça beau et encourageant de voir que les femmes se servent des médias sociaux et qu’elles parlent enfin publiquement. Elles dénoncent des crimes. Elles s’épaulent. Elles partagent leur vécu, leur douleur, leur honte. Pour l’instant, c’est plutôt déprimant et même triste à pleurer certains jours. Chaque agression en est une de trop. Mais les agresseurs, longtemps protégés par le silence des victimes, doivent commencer à trembler. Ils savent qu’ils peuvent être exposés à la vindicte populaire, et perdre prestige et réputation instantanément. La place publique existe encore, mais elle est aujourd’hui virtuelle et mondiale. Et Google a la mémoire longue!

Pour les générations futures, il y a l’éducation, encore et toujours. Qu’attendons-nous pour imiter le Danemark et instaurer des cours d’empathie dans le cursus scolaire? On sait que les gens empathiques considèrent l’autre. Ils hésitent donc davantage à assouvir leurs propres besoins aux dépens de leur prochain. Le fait qu’ils soient capables de se projeter dans la situation de l’autre agit comme un autocontrôle. Une police intérieure. Une morale, quoi!

Que pensez-vous de tout ça? De toutes ces dénonciations? Êtes-vous optimistes ou pessimistes quant à l’avenir? Avez-vous des idées pour que ça cesse et que les femmes se sentent véritablement en sécurité?

J’aimerais bien vous lire là-dessus!

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