Vivre

Malade, mais pas coupable

Je m’en doutais. Quand j’étais clouée au lit au Mexique, kidnappée par une bactérie mangeuse de fun, j’ai publié une photo sur Facebook juste pour partager un peu de ma détresse de fille hyper fiévreuse, bloquée des sinus et incapable de respirer trois fois sans tousser.

Les commentaires m’ont aidée, car je n’aurais jamais consulté un médecin si je n’avais pas vu des dizaines de messages me racontant des histoires malheureuses de bronchites non traitées. Effectivement, j’ai bien fait de contacter un médecin mexicain qui m’a injecté un bon margarita mix pour me soulager et prescrit des antibiotiques. Cependant, j’ai aussi reçu des messages qui m’ont fait réfléchir sur une phrase que l’on entend souvent dans ce genre de situation. On vous l’a sûrement déjà dit, ou vous vous l’êtes déjà dit à vous-même celle-là: c’est ton corps qui te parle.

Qu’est-ce qu’il me dit donc mon corps? Que je n’aurais peut-être pas dû manger dans le bol de pâtes de ma fille? Que l’air devait être pas mal moche dans l’avion? Que peut-être la bouffe dans le resto végétarien de Playa del Carmen n’était pas si santé que ça ou que les glaçons de mon drink au bar provenaient d’eau non traitée. Que devrait-il me dire de plus? Que j’ai travaillé trop fort avant les fêtes? Que c’est ma faute? Que je me suis causé ma propre grippe?

UNE PUISSANCE ÉTOUFFANTE

On le sait, le stress a des répercussions. Mais qui peut vivre sans stress? Il y a certainement un lien entre la maladie et l’état psychique, mais je trouve que nous lui accordons une puissance étouffante. Je crois que notre vie, nos pensées, nos actions ont certainement un impact sur notre santé, mais je refuse depuis quelques années de culpabiliser quand je ne suis pas en forme ou que j’attrape un virus. Et croyez-moi, je suis ceinture noire en culpabilité. J’ai eu mes dans quand j’ai accouché de ma première fille, directement à l’hôpital. Je crois même que j’ai reçu mon diplôme en même temps que son certificat de naissance! Depuis, je fais la gestion de ce sentiment tant bien que mal, mais j’ai fait une passe de karaté à la maladie.

Ce qui m’a complètement guérie? Une phrase que mon cher Dr Béliveau, spécialiste du cancer, m’a lancée lors d’un enregistrement de Kampaï:

Si le stress causait le cancer, les juifs qui ont survécu au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz pendant la Deuxième Guerre mondiale auraient un taux de cancer beaucoup plus élevé que la population juive de même âge qui n’a pas vécu l’horreur des camps de concentration, et ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de différence. Il n’y a d’ailleurs aucune agence de lutte au cancer qui place le stress comme agent causal du cancer. Cessons de nous culpabiliser avec le stress.

UN SENS AU CANCER

C’est la raison pour laquelle je suis triste quand j’entends une personne dire qu’elle a le cancer de la gorge parce qu’il y a des choses qu’elle n’a jamais dites ou le cancer des poumons parce qu’elle gardait trop de rage à l’intérieur. En plus d’être malade, cette personne souffre aussi de la culpabilité de penser qu’elle est responsable de ce cancer qui lui est tombé sur la tête. Les femmes qui souffrent du cancer du sein ne se le sont pas créé, mais c’est humain de chercher le sens d’une terrible épreuve comme celle-ci dans tous les racoins.

La maladie n’est pas une défaite. Elle fait partie de l’expérience humaine. Peut-être que les gens pensent c’est ton corps qui te parle avec les meilleures intentions du monde, mais on peut dire aussi prends soin de toi et tu as le droit de prendre ça cool. Effectivement, le shut down du corps est un bon moment pour faire une réinitialisation, une remise à zéro pour mieux repartir… L’important, c’est de récupérer en faisant une pause de tout, même de la culpabilité!

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