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Maman Mono et le Viking à New York

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Trois mois depuis la Saint-Valentin. Moment où j’avais fait une déclaration d’intérêt à un Papa Mono. Sans trop y croire? Je ne sais pas trop. Quand on a cumulé quelques histoires qui ont fini en queue de poisson, on pêche avec prudence. Car si on voit en surface de quoi à l’air la bête, ça peut toujours nous surprendre une fois qu’on tire un peu sur la ligne et que le poisson sort de l’eau. Sylvie pourrait aussi vous en parler.

Après plusieurs semaines de fréquentation, le Viking tenait la route. Il était même question d’une escapade de plusieurs jours, ce qui était un exploit en soi, car le Viking est très attaché à ses petits et n’aime pas manquer une journée ou deux de sa garde partagée. C’est d’ailleurs l’un de nos points en commun. Bref, nous avons pris notre courage à deux mains et planifié une escapade à New York où j’étais invitée à découvrir un nouvel hôtel.

Notre planning: transport en voiture (ce qui veut dire au moins 6 heures de route à l’aller et au retour), deux jours dans un studio dans Greenwich Village trouvé sur Airbnb puis deux jours au chic et très convivial INNSIDE, premier hôtel de la chaîne Meliá aux États-Unis (je vous le recommande d’ailleurs chaudement!). De bons restos, un peu de shopping, des musées, un spectacle sur Broadway, de longues marches, une croisière et un après-midi à écouter du jazz dans un petit bar new-yorkais.

La réalité qui venait avec l’escapade: choisir des vêtements pour trois niveaux de température, alliant confort et charme, avec souliers assortis, pour que ça rentre dans une valise de format moyen, question de ne pas lui faire croire que je faisais partie de ces clichés de femmes qui apportent tout le temps trop de choses. J’ai d’abord très fort essayé pour la petite, grandeur cabine. Puis, je suis passée à celle de format moyen. Pour ensuite comparer ma grosse valise qui a de plus des roues multidirectionnelles et finalement voir qu’il était en effet difficile pour moi de voyager léger. On prenait la voiture en plus alors tant pis, j’ai assumé.

Autres réalités qui venaient avec l’escapade: passer 5 jours en compagnie de quelqu’un avec qui je n’avais jusqu’alors passé que quelques heures de suite (son fils a du foot le samedi matin et il reprend ses enfants le dimanche s’il ne les a pas en début de week-end). Prendre des décisions un nombre incalculable de fois par jour (Est-ce qu’on a faim? On va manger tout de suite? Quel genre de cuisine? Dans quel quartier? On marche? On prend le taxi? On fait quoi ce soir? T’es le genre à aimer les comédies musicales? On va au musée? On tourne ici ou à la prochaine rue?). Faire face aux petits détails du quotidien comme la gestion des envies d’aller aux toilettes (je n’en dis pas plus, vous comprenez), le temps de préparation le matin (se sécher les cheveux avec une tignasse comme la mienne prend au moins 25 minutes), avoir envie de faire la sieste après avoir parcouru 25 000 pas, payer le resto et autres grignotines sans toujours se dire que c’est 50/50. Et la liste continue…

Tout gérer à deux pour la première fois, c’est tout un test, qu’on le veuille ou non. Si c’est très agréable de découvrir les alentours, découvrir la véritable nature de l’autre ne l’est pas toujours… J’avais déjà donné. Car même après plusieurs mois de fréquentation, un voyage peut en révéler beaucoup. Comment l’autre gère le quotidien, la patience, l’écoute, la générosité, l’esprit d’aventure, la fatigue, les besoins de l’autre…

C’était ma cinquième visite à New York et aucune ne fut aussi douce, tendre et drôle. Parce qu’on a jonglé comme de vrais artistes du Cirque du Soleil avec tous les irritants. Parce qu’on les a transformés en éclats de rires et en blagues. Parce qu’on partait là avec un tout petit espoir que ce soit aussi plaisant que nos soirées de quelques heures à Montréal et que c’était le cas. Parce qu’on était bien ensemble, qu’on soit sur un tout petit balcon de Greenwich ou une terrasse branchée du NoMad.


S’apercevoir que ça peut fonctionner, ça fait aussi peur que ça fait du bien. Parce que grimper une autre marche veut dire qu’on pourrait tomber d’un peu plus haut. Mais j’ai bien observé ses grandes mains et son grand cœur et je pense avoir déniché un attrapeur. Quand deux écorchés de l’amour sont cultivateurs d’espoir, qui sait où ça peut mener… À New York, c’était beau et bon en tout cas.

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