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Même les lesbiennes ont une vie amoureuse de marde pis le coeur brisé

Crédit photo: Julie Robillard

Si j’avais écrit des billets de blogue pour Mitsou il y a quatre ans, j’aurais certainement écrit un article qui se serait intitulé «Même les lesbiennes ont une vie amoureuse de marde». Je vous aurais enfilé, l’une derrière l’autre, les horreurs de dates que j’ai vécues. Vous auriez certainement pensé que j’en aurais rajouté pour faire moins plate. Mais pour vrai, j’aurais rien rajouté parce que les rencarts bizarres et les fréquentations incroyables existent, même chez les lesbiennes.

En fait, j’ai écrit Les chroniques d’une louzeuze, mais seules mes amies les plus proches pouvaient bénéficier de ces épisodes hebdomadaires olé olé qui dorment maintenant paisiblement dans un recoin de mon disque dur.

Y’a une fille qui aurait pu m’éviter pas mal de tracas, celle qui se surnomme elle-même «Miss de Marde», Anne-Marie Dupras. Ce n’est pas qu’elle n’existait pas il y a quatre ans, c’est simplement que je ne l’avais pas encore rencontrée, ni elle, ni son blogue initié en 2013, ni son premier ouvrage de 195 pages, le couru livre Ma vie amoureuse de marde (MVADM pour les intimes).

J’ai quand même rencontré Anne-Marie Dupras dans une période de ma vie où j’allais… franchement pas bien pantoute. C’était une période où j’avais décidé que je me laisserais mourir à petit feu en me privant d’amour et d’eau fraîche, parce que mon cœur avait eu trop mal, parce que je ne pouvais pas en prendre une goutte de plus, parce que j’avais enfin physiquement et viscéralement compris l’expression «heartbreak».

Car oui. Après avoir tenté de jouer les superhéroïnes qui continuent la vie au même rythme malgré les circonstances (faire l’équivalent de trois jobs à temps plein, ramasser des fonds pour des organismes qui luttent contre le cancer, m’entraîner, et à travers tout ça, continuer à faire des jokes), j’ai été rattrapée par une fatigue de vivre si extrême qu’elle m’empêchait même de dormir. Je pouvais juste pleurer, pis Netflixer. Tant pis pour moé.

Anne-Marie, véritable dynamo sur deux pattes, en avait vu d’autres. Avec son gros bon sens, son authenticité pis ses phrases assassines dignes des plus grands maîtres de la pub, placées au bon moment, prononcées sur le bon ton, envoyées juste à la vitesse qu’il faut, elle m’a dit des affaires que je ne voulais pas nécessairement entendre, même si j’en avais besoin.

D’ailleurs, peu de gens le savent parce qu’elle ne le dit pas dans le livre, mais Anne-Marie a écrit Ma vie amoureuse de marde après s’être fait briser le cœur en mille miettes par… une femme.

Je lui dois la réouverture de mon cœur, moi qui avais choisi de m’enfermer à tout jamais dans ma tour d’ivoire de veuvage ben triste – ma vie est pire que celle de tout le monde merci bonsoir – et ma navigation dans le monde virtuel du dating à travers les textos et les réseaux sociaux a été moins houleuse grâce à elle**.

Et la voilà qui récidive avec non pas une suite à MVADM, mais plutôt avec un complément ludique intitulé Le compagnon du cœur brisé.

Crédit photo: Isa photogaphie

Je vous le dis tout de suite: c’est LE livre à offrir à toute personne éprouvée, cynique ou désabusée par l’amour, peu importe son identité ou son orientation sexuelle. Pis ce qui est l’fun avec Anne-Marie, c’est qu’on rit tout le long. Bienvenue la dédramatisation, mais aussi l’accueil de ce qui est là quand c’est là (la peine, la colère, etc.). À coup de métaphores, d’images, de pensées, d’exercices et de cœur à colorier, elle nous remplit le coffre d’outils qu’on peut utiliser sans culpabilité selon nos besoins et notre rythme.

Ton histoire est réglée? Ta vie amoureuse est au beau fixe? Pas grave: les exercices sont éclairants. J’ai même le goût d’en mettre une couple sur le frigidaire pis dans la sacoche de quelques amies.

Anne-Marie est une abuseuse d’analogies et ce, pour notre plus grand plaisir. Je vous en montre une de mes préférées (ça doit être parce que je suis Montréalaise):

«Quand je conduis ma voiture, je dis au moins une fois aux quinze minutes: Mais y’a-tu juste moi qui sais conduire dans cette ville, bordel de merde? Pourtant, je reprends la voiture presque tous les jours. Parce que même si je remarque surtout les gens qui me coupent, qui n’ont apparemment pas de clignotants et qui textent au volant, il y en a aussi qui, comme moi, conduisent de façon pas pire intelligente et prudente.

Et je n’arrête pas de prendre mon auto malgré les morons qui conduisent comme des enfants de cinq ans en Big Wheel. Pourquoi? Tout simplement parce que j’ai besoin de me déplacer. Et parce que renoncer, ça serait leur donner beaucoup trop de pouvoir et, par le fait même, éteindre tout espoir.

Vous avez compris l’analogie: N’arrêtez pas de croire en l’amour parce qu’il y en a qui se promènent sur l’autoroute de la rencontre sans signaler, qui ralentissent ou klaxonnent pour rien, qui vous coupent par la droite et qui textent en avançant. Ils vont finir par avoir des contraventions ou par frapper un mur et par dégager de la route anyway.»

Moi, j’ai eu Anne-Marie live dans mon salon, par texto ou devant un verre de vin: vous pourrez l’avoir directement vous aussi par le truchement de son livre Le compagnon du cœur brisé*** dès le 8 février dans toute bonne librairie. Vous pouvez même venir vous le procurer et la saluer en personne à son lancement le13 février en cliquant juste ici.

* Voir mon premier texte: Même les lesbiennes ont des deuils.

**Je vous dis pas à quelle page elle parle de moi, z’avez qu’à le découvrir par vous-mêmes, bande de curieux.

*** Autant pour les hétéros que les lesbiennes, oui oui.

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