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Mitsou et Léa: ne plus s’appartenir pour se reconstruire

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En psychologie, la résilience fait référence à l’aptitude de réussir à vivre et à se développer positivement malgré le stress ou l’adversité qui conduit normalement vers une issue négative. C’est donc la capacité de se relever, de s’adapter. C’est ce qu’il nous a été possible de voir dans le dernier épisode de Mitsou et Léa. Les histoires de Liane, ex-détenue, et de Nathalie, ancienne victime de violence conjugale, nous montrent bien comment ces deux femmes ont su rebondir de leur passé difficile.

LE DÉCLIC

C’est après huit tentatives de fuite que Nathalie a finalement pu quitter son conjoint. C’est après beaucoup plus d’essais infructueux d’entrée et de sortie de prison que Liane a fait le choix d’arrêter toute consommation de drogue. Elles ont rapporté ne pas trop savoir pourquoi cette dernière fois était la bonne. Pourquoi il y a eu ce déclic à ce moment précis. C’est définitivement en raison d’un ensemble de facteurs, mais ce qui est clair, c’est qu’il y a eu contact.

Pour survivre dans leur milieu de vie, Nathalie et Liane ont dû se couper de leurs émotions et même de leurs pensées. Toutefois, au moment du déclic, elles ont repris contact avec elles-mêmes. Cela leur a permis de se sortir de leurs habitudes pour voir et aborder la vie différemment. Elles se sont donné la chance de vivre, pour ne plus avoir à survivre.

Parfois, dans votre vie quotidienne, vous avez peur d’affronter une situation. Un deuil, une séparation, une enfance difficile, etc. Votre corps et votre esprit s’empêchent de prendre pleinement conscience de cette adversité par peur de sombrer. Vous le faites pour votre survie psychique. Toutefois, pour ne pas avoir l’impression de traîner un boulet jour et nuit, vous vous mettez en mode déconnexion. Vous vous déconnectez le plus possible de vos émotions et de vos pensées en lien avec cette inquiétude qui vous habite. Le hic, c’est que se déconnecter ne veut pas dire que vous n’en êtes plus victime. Vous traînez quand même ce boulet, et tant qu’il est là, vous ne pouvez pas être libre. Vous ne pouvez pas vivre pleinement. Cette déconnexion n’est souvent pas sans conséquence. Votre corps et votre esprit réagissent. Toxicomanie, dépression, irritabilité/colère, peuvent être des symptômes lorsqu’il n’y a plus contact entre toutes les parties de qui vous êtes. Intégrer le tout sainement, à l’aide d’une thérapie par exemple, vous permet plutôt d’accéder à une prochaine étape positive comme ce fut le cas pour Liane et Nathalie.

LE STRESS, ENNEMI DE LA MENTALISATION

Survivre, c’est stressant. Les milieux de vie de Liane et de Nathalie l’étaient grandement. Le stress est un ennemi important de la mentalisation. Brièvement, la mentalisation est un mécanisme mental qui permet à l’humain d’interpréter ses actions et celles des autres de façon à y trouver un sens. C’est l’habileté de se comprendre soi-même, de s’autoregarder, mais également d’analyser ses relations avec les autres. La mentalisation permet donc d’accéder à vos désirs, vos besoins, vos sensations, vos pensées, etc. Reprendre contact avec soi-même permet de mentaliser, alors que le stress l’empêche.

Et vous, êtes-vous trop préoccupé pour mentaliser?

Êtes-vous trop stressé pour réfléchir à ce que vous ressentez, ce que vous voulez, ce que vous pensez vraiment? Si c’est le cas, c’est probablement que vous avez encore une partie de vous à découvrir ou à redécouvrir. Vous trouver en vaut la peine! Et ce, malgré le travail que cela peut demander. Liane et Nathalie  en sont de beaux exemples et elles profitent aujourd’hui de la liberté de s’être retrouvées.

LA COMPASSION, UN REMÈDE PUISSANT

Profitons de l’expérience de Liane et de Nathalie pour se rappeler comment la société peut contribuer à double victimiser. Liane a rappelé qu’il est difficile de se trouver un emploi ou un logement après être sorti de prison. Le jugement envers les ex-détenus est donc tenace, alors que c’est de soutien dont elles ont besoin pour s’en sortir. Heureusement, elle a su rencontrer des figures significatives qui l’ont aidée et accueillie.

Nathalie, elle, a eu la chance de rencontrer une intervenante qui l’a accueillie à bras ouvert, sans jugements, et ce à plusieurs reprises. Nathalie a souligné comment cette écoute empathique et chaleureuse a été déterminante dans son cheminement. Nous pouvons tous prendre exemple sur Catherine et Martin, les intervenants, et rappelons-nous que la compassion est un remède puissant pour aider tous ceux qui nous entourent.

Finalement, peu importe votre situation actuelle, si elle vous fait souffrir, rappelez-vous que vous n’êtes pas seule. Un intervenant, un groupe de soutien, ou tout simplement une oreille compatissante n’est jamais trop loin.

Pour obtenir de l’aide comme celle que Nathalie a reçue au Carrefour pour elle contactez dès maintenant SOS violence conjugale (24 heures sur 24 / 7 jours sur 7) : 1 800 363-9010

CE QU’ON RETIENT

  • Reprendre contact avec soi-même permet d’avoir un autre regard sur sa vie.
  • Le stress empêche souvent de trouver un sens à ce que nous sommes et à ce qui nous entoure.
  • Le jugement de l’autre n’aide pas. Optez plutôt pour une écoute empathique et compatissante.


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