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Mitsou et Léa : quoi dire à une personne atteinte du cancer

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Ouf! Que d’émotions nous avons vécues en regardant Dire adieu à ses enfants. Il y a eu de la tristesse. Beaucoup de tristesse. Parfois de la colère, mais aussi des rires. Ceci dit, un seul sentiment, hautement inconfortable, était présent en trame de fond tout au long de cet épisode: l’impuissance. Cette perte de contrôle sur le futur, sur notre vie ou celle d’un autre, est souvent angoissante.

L’envie de faire

Lorsqu’une personne de notre entourage reçoit un diagnostic de cancer, un sentiment de panique peut nous envahir. En fait, face à cette situation inimaginable, on se demande quelle action poser. On souhaite aider et être omniprésent. On désire tout donner pour mettre un baume sur la douleur de cette personne fragilisée. Surtout, on se demande quoi faire, quoi dire. Voici la réponse:

Rien.

Dans notre société actuelle, nous avons souvent tendance à croire qu’il faut faire pour vraiment agir sur une situation. Pour se sentir utile. Encore et toujours ce désir de performance qui teinte nos interactions. Nous nous précipitons pour donner des conseils, essayer de faire rire ou organiser des activités pour changer les idées. Par contre, la réalité est que vous ne pouvez pas savoir ce qu’il faut faire. La personne elle-même ne le sait peut-être pas. Parfois, nous oublions qu’un lien sincère et empathique entre deux personnes apaise bien des cœurs. Souvent, être est la seule réponse, surtout face à une situation sur laquelle nous avons si peu de contrôle.

Bref, vous ne faites rien. Vous offrez une oreille attentive, vous écoutez beaucoup.

C’est en écoutant que vous pourrez savoir comment suivre le rythme de la personne qui vit des temps difficiles: a-t-elle besoin de rire ou de pleurer? Vit-elle de la colère ou essaie-t-elle de s’éloigner du négatif? Désire-t-elle un bon souper bruyant, rester en silence avec vous dans son salon ou carrément de la distance? Parfois, c’est tout ça en même temps! Et c’est correct ainsi. Votre objectif est d’être sensible à tous ses besoins pour être en mesure de l’accompagner délicatement.

Tolérer la souffrance

Nous évitons la souffrance comme la peste. Comme société, nous ne voulons plus souffrir psychiquement. Face à une émotion négative, plusieurs se tourneront vers le travail, le sport, la fête, ou autre pour éviter de la ressentir pleinement. De la vivre. Pourtant, comme la joie ou la fierté, les sentiments négatifs peuvent nous construire, nous apprendre, nous guider et même nous aider.

Malgré ces tentatives d’évitement, la souffrance est bien là. Aussi fort que soit notre désir de l’oublier, cela est impossible. Les familles de Lynn et de Caroline ont été confrontées à cette obligation de souffrir. C’est ce qui est injuste. Elles ont dû apprendre à tolérer la souffrance et à vivre avec celle-ci. Certes, ça ne semble pas facile. C’est probablement une montagne russe d’émotions tous les jours. Pourtant, comme moi, vous avez pu constater que ces familles continuent de vivre de beaux moments d’amour, de tendresse, et ce souvent avec le sourire.

C’est donc une belle leçon que Caroline et Lynn nous ont enseignée par leurs histoires; un rappel que l’humain est capable de tolérer la souffrance. Tout comme vous le pouvez. En vous permettant de vivre toutes vos émotions, vous êtes sincères et honnêtes envers vous-même. Être vous, n’est-ce pas là une belle façon de célébrer la vie?

Être aidé

Tolérer la souffrance ne veut pas dire qu’il faut s’y abandonner. Au contraire. Lynn et Caroline ont la chance d’être entourées et de se sentir soutenues tous les jours. Une belle preuve que lorsque la souffrance, physique ou psychique, nous accable, s’appuyer sur une une épaule pour nous aider à continuer. Cette épaule peut être celle d’un conjoint, d’un ami ou ce rôle peut être joué par un psychologue comme Caroline et la mère de Béatrice, Lynn l’ont rapporté.

Peut-être que vous aussi, aujourd’hui, vous avez besoin de vous appuyer sur quelqu’un. Parfois, pour se montrer fort, on repousse l’aide psychologique. Par orgueil. Par honte. Par manque de ressources. Songez à ceci: lorsque vous tentez de maintenir votre tête hors de l’eau, vous ne profitez pas pleinement de la vie. S’il y a bien une chose que nous devrions saisir à la suite de cette émission, c’est bien que nous devons profiter de chaque instant et mordre dans la vie à pleines dents. Parce que, parfois, la vie est injustement trop courte.

Ce que l’on retient

  • Priorisez l’écoute plutôt que l’action
  • Du positif peut également ressortir de vos sentiments négatifs
  • Recherchez de l’aide, amoureuse, amicale ou professionnelle pour vous permettre de vivre pleinement.


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