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Nouvelle perspective concernant les troubles alimentaires

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Je suis tombée sur les informations hyper intéressantes d’une sommité, Howard Steiger, chef des Troubles alimentaires à l’Institut Douglas.

Cliquez ici pour écouter une vidéo très pertinente de Mr. Steiger.

Je ne suis pas spécialiste, mais j’ai tenté bien humblement de vulgariser ses propos. Voici donc mes notes sur l’article, mais je vous conseille fortement de le lire au complet, si vous en avez le temps.

On entend souvent dire que l’anorexie est le produit de notre société, du culte de la minceur et pourtant, elle existe depuis le début des temps et dans toutes les régions du monde. C’est plutôt la boulimie qui serait actuellement en croissance, même chez les hommes. Aujourd’hui, 1 gars pour 10 femmes développe le trouble.

Les troubles alimentaires se présentent en trois formes (ils sont tous cousins) :

Anorexie nerveuse : La restriction de nourriture

Boulimie : (opposé de l’anorexie) la personne s’empiffre, puis compense avec des laxatifs, des jeunes ou donne même du sang, « C’est comme retenir son souffle… jusqu’à devoir reprendre une grande inspiration dans l’urgence. »

Hyperphagie boulimique : la personne s’empiffre, mais ne se fait pas vomir. Elle prend du poids avec le temps. Ce trouble est plus fréquent chez les hommes à partir de la quarantaine (2 hommes pour 3 femmes)

Les personnes ne développent pas ces troubles par manque de force de caractère ou par le fait qu’elles sont superficielles ou trop axées sur l’apparence. Elles sont, certes, allumées par la pression des médias, l’industrie de la beauté, évidemment, mais aussi par l’hérédité! C’est dans le ventre de la mère que ça se passe. Le niveau d’estrogène dans l’utérus fait une différence sur le fœtus.

Pourtant, pendant des années, on a pensé à tort de blâmer le milieu familial et l’éducation des enfants.

Même si c’est un problème épigénétique, il faut savoir qu’un gène n’est pas déterminant en lui-même : c’est comme un interrupteur, il doit être activé ou désactivé. Alors qu’est-ce qui est l’effet déclencheur? L’état nutritionnel. (Une personne privée de nutriments va altérer la répartition de la chimie sur le génome) DONC, une personne qui a déjà ces tendances génétiques va l’accentuer en étant sur une diète restrictive.

Fait intéressant, la psychothérapie est hyper importante dans le traitement parce qu’elle peut entraîner une normalisation épigénétique, ou un ajustement de l’état de détresse de la personne.

Et effet de détresse il y a :

« La personne qui souffre d’un trouble alimentaire a une phobie massive de prendre du poids ou de la perte de contrôle sur la prise de poids ». Comme la peur des araignées, des hauteurs, ou des chiens. La plupart des gens sont empathiques devant quelqu’un qui a la phobie des chiens, mais une anorexique n’a pas toujours droit à la même compréhension. Personne ne penserait à lancer quelqu’un qui a peur des chiens, dans une pièce pleine de dobermans! À Douglas, il arrive que des intervenants demandent à leurs patientes : « as-tu flatté le chien aujourd’hui? » ça veut dire: « as-tu mangé trois repas? » La patiente comprend que c’est quelque chose dont elle a peur et qu’elle a besoin de maîtriser.

Typiquement, on suit le patient en externe en thérapies de groupe ou individuelle, des consultations nutritionnelles et dans les cas extrêmes, en séjours à l’hôpital.

La réponse au traitement dans le cas de la boulimie est définitivement bonne. 75 % des personnes sont complètement rétablies à long terme. Pour l’anorexie nerveuse, c’est un peu moins favorable, 50 % des personnes anorexiques traitées auront un bon ajustement. La plupart demeurent préoccupées par l’image corporelle, mais vont mieux sur le plan du poids, de l’humeur et des relations. Un peu comme pour la toxicomanie ou l’alcoolisme, 20 % des personnes hospitalisées pour anorexie feront une rechute dans les deux années suivantes, mais les récidives diminuent avec le nombre de rechutes, la personne développant chaque fois de nouvelles habiletés pour composer avec sa situation.

Pour se faire aider, différents organismes au Québec :

Cliniques Muula

Hôpital Douglas (Verdun)

Aneb Québec, programme de soutien de groupe très présent sur le web

Ados Sainte-Justine et le Montréal Children’s (plusieurs hôpitaux au Québec).

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