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Novembre, le mois des ruptures toxiques

ingridnovembre

Je suis un oiseau de nuit, je l’ai toujours été.  Alors que l’insomnie me gagne et que mes amours, eux, ronflent dans la maison, au lieu de compter les moutons je compose des chansons… ou des chapitres, ou des billets. Cette nuit, je réfléchis à novembre, le mois des ruptures. Tout juste avant Noël, alors que la grisaille accapare notre moral, les séparations pleuvent comme si les nuages n’avaient pas assez fourni…

ingrid

À la petite cuillère, nous ramassons les états d’âme accumulés au sol.  Détruits, meurtris, rien ne va plus, « j’ai tout perdu » nous raconte ces morceaux brisés, étalés sur le plancher.

Ce qui me frappe ces temps-ci, c’est la quantité de confidents qui étaient prisonniers d’une relation toxique empreinte de manipulation. Des histoires de hics et de heurts répétées depuis des années. Le nombre de fois où ces paroles ont résonné lors de conversations…

« Cette fois-ci c’est la bonne »

« Il a compris » ou

« Elle va changer »

« Je reste pour les enfants »

« Je ne veux pas briser la famille. »

Rester au nom des enfants… Ces petits bouts d’humain, candides et remplis d’amour méritent au contraire d’avoir un parent épanoui, solide, confiant et… heureux surtout. Non pas un papa ou une maman qui reste dans une relation en leur nom.  Imaginez la charge que ces enfants porteront sur leurs épaules…  « Papa est malheureux à cause de moi. »

Toxique. La voix intérieure le sait. Mais le niveau de dysfonction et de manipulation dans le couple est si élevé qu’on ne l’écoute plus. Les petits coups de scie que le partenaire de vie a donnés sur l’arbre de l’estime de nous l’ont fait s’écrouler.  Alors on encaisse et on diminue la gravité des propos, des infidélités, des mensonges. Car une personne toxique et manipulatrice ne souhaite pas le bonheur de son partenaire. C’est une égocentrique qui sabote l’épanouissement du conjoint qu’elle dit aimer.  « Je t’encourage dans tes projets », dira-t-elle pour, par la suite, reprocher à son partenaire ses heures de travail, de répétition ou d’étude ».

Il y a autant de degrés de toxicité que d’histoires d’amour ou de relations amoureuses.  Mais le maître du toxique est un individu qui ne reconnaît pas ses torts et méprise et rabaisse l’autre afin de garder sur lui une emprise, un pouvoir.  « C’est toujours quand tu le décides », nous reprochera cette personne alors qu’au contraire… le reproche devrait être inversé.   « Si tu m’aimais réellement, tu aurais fait autrement », nous lancera-t-il pour nous culpabiliser. Un toxique s’amuse avec nos sentiments. « Comment peux-tu me faire du mal après tout ce que je t’ai donné? » Il semble tout savoir, il « affirme » des choses, il reporte ses responsabilités sur nous. Il nous demande de répondre immédiatement à ses demandes. Il nous critique, nous dévalorise et nous juge. Il nous fait du chantage. Il fait des sous-entendus. Et puis, nous doutons et nous finissons par avoir peur de lui dire certaines choses. Il est doué pour créer de la confusion dans notre tête.  Il ne formule pas ses demandes de manière claire, ses propos sont flous, il ne termine pas ses phrases, il déforme la vérité, il nous rend coupable de faits imaginaires. Il se contredit d’un moment à l’autre ou d’une personne à l’autre, il crée des malentendus, il prêche le faux pour savoir le vrai.

Et tout ceci derrière un masque, si beau et attrayant. Autour d’une table, ils sont sympathiques, séducteurs, cultivés…

Une relation toxique, ce n’est pas une dispute de temps à autre. C’est lorsque les efforts ne sont qu’en sens unique, lorsque les sentiments exprimés sont  balayés du revers de la main. Oserez-vous demander quoi que ce soit par la suite? Non… Le simple fait d’exposer une émotion ou de demander un changement au sein du couple est difficile, alors de ne pas être écouté, entendu et recevoir des reproches en guise de réponse fera clore nos lèvres pour de bon.

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Être dans une relation toxique, c’est oublier de se choisir au réveil et de porter notre attention sur l’autre par peur de faire un faux pas ou de s’attirer un reproche, un mépris, un regard de travers. Être dans une relation toxique, c’est être envahi par le stress  et l’angoisse en présence de l’autre. C’est aussi ne pas pouvoir s’en passer, car il vous aura rentré dans l’esprit que vous n’aurez jamais personne de mieux que lui.

Ces relations prennent forme à différentes échelles, à divers degrés.

« Aujourd’hui, il m’a quitté pour de bon. C’est vrai, c’est terminé » jure-t-on les yeux dans l’eau. L’amoureux ayant rompu après quatre années de concubinage.

Ma question demeure. Pourquoi attendons-nous qu’il nous quitte?  Pourquoi endurons-nous ces nuits où il n’est pas rentré, ses mensonges à répétitions et ses cachoteries qui nous rendent paranoïaque?

Parce que… toutes les fois où nous avons confronté le toxique slash manipulateur slash pervers slash narcissique (un ou tous ces adjectifs à la fois), nous aurons été manipulé et entourloupé pour que nous restions. Car ces femmes et hommes toxiques-et-slash ne peuvent concevoir de perdre leur emprise sur leur conjoint.  Jusqu’au jour où il nous flanque à la porte, rabaissant davantage notre estime de nous.  Dieu merci, de cette façon, certains s’en sortent.

Dans un jadis non si lointain, je ne savais pas qu’il était possible de se choisir.  Se choisir, c’est s’aimer assez pour honorer qui nous sommes à chaque instant, à tout moment. C’est couper les fils du marionnettiste qui nous tient tel un pantin et nous fait valser à sa guise. C’est être doux envers nous-même et cesser de vivre pour l’autre. Mais surtout… surtout…  c’est d’ouvrir son cœur non pas vers l’extérieur, mais vers l’intérieur comme je l’ai fait il n’y a pas si longtemps. Vers nous même. Car nous sommes la personne la plus importante et nous méritons d’être aimé, respecté, honoré dans toutes les sphères de notre vie.

Pour recevoir Ingrid Falaise et sa conférence Je me suis choisie, communiquez avec Sonia Gagnon [email protected]

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