Culturel

Opérette et Voltaire

C’est moi! C’est moi ici, sur le cheval cabré. Un vrai cheval! Comment suis-je arrivée là? Pas parce que j’ai passé ma jeunesse dans les écuries, au contraire. Je suis allée passer un après-midi dans le coin de l’Estérel, au Haras laurentien.

Ce centre équestre unique constitué de chevaux rescapés de l’abattoir, blessés, ou que les anciens propriétaires n’avaient plus les moyens de nourrir. Avec beaucoup de soin, d’amour et un entraînement dévoué, ils deviennent des artistes pour un spectacle de type cabaret de la belle époque à Paris, avec cracheurs de feu, musiciens à cheval et acrobates, présentés à la fin de chaque mois dans un théâtre nouvellement bâti pour eux à Sainte-Marguerite-Estérel dans les Laurentides.

Le Théâtre du Haras a été fondé par Samuelle Ducrocq-Henry, une Franco-canadienne tombée amoureuse du Québec il y a presque 20 ans, docteure en communications et professeure universitaire en multimédia, spécialisée en jeux vidéos, et son mari Geoffroy Garnier, un avocat parisien, qui ont imaginé et financé ce lieu magique, nourri par leur passion pour les chevaux.

L’écurie, la plus propre que j’ai vue de ma vie, est composée d’animaux qui ont des histoires aussi touchantes les unes que les autres. La jument blanche Rozada, 27 ans en sont un bon exemple. Elle a traversé le Canada à sabot, d’Halifax à Vancouver, son ancienne propriétaire sur le dos.

Avec le temps, la proprio s’est désintéressée de sa bête et n’en voulant plus, elle a demandé au couple de l’adopter. Il a fallu six mois pour que Samuelle et Geoffroy apprivoisent la jument effarouchée qui ne voulait plus manger. Elle est maintenant devenue un élément pédagogique important du spectacle Opérette et Voltaire, et devient pour quelques instants un écran vivant sur quatre pattes.

Le Haras laurentien est aussi un centre équestre dédié à la relation homme-cheval et la dynamique de groupe en « team building », une formation en renforcement d’équipe pour tisser les liens entre employés. On y explique entre autres que comme les chevaux, les humains se divisent en différents types de personnalités, comme les sangs chauds et les sangs froids. Il y a les stoïques sangs froids, au tempérament calme qui écoutent les directives et qui sont souvent utilisés comme cheval de trait ou cheval militaire; puis les sangs chauds, plus caractériels, vifs, nerveux, et courageux, souvent utilisés pour les sports équestres. On jumellera des employés avec des chevaux qui leur ressemblent, qu’ils devront apprivoiser pour travailler en équipe.

À la fin des sessions, on offre à tous d’avoir sa photo individuelle auprès d’un cheval. On peut choisir le cheval très calme couché docilement par terre que l’on peut caresser, le sang froid qui répond à la voix quand on lui demande de se tenir sur ses deux pattes de derrière (photo ci-dessous) et le sang chaud fougueux qui nous fait un saut digne de films de guerre à grand déploiement (photo du haut).

J’ai eu un grand coup de cœur pour ce centre après y avoir vécu tant d’émotions. À visiter, pour découvrir le lien entre l’art et le monde hippique avec le «music-hall» Opérette et Voltaire et peut-être pour se découvrir un peu soi-même, grâce à l’enseignement de Samuelle, Geoffroy et leur cavalerie.

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