Culturel

Paint in the city

Cet été, j’ai eu la chance de visiter l’atelier de la peintre Joanne Corno. Dans un studio blanc immaculé et des pots de peinture au centre de la pièce, elle m’avait raconté son histoire avec passion, comme elle le fait avec une simplicité désarmante dans le documentaire qui porte son nom et qui sera présenté sur grands écrans à partir de cette semaine. J’ai dû attendre le soir de la première du film pour enfin la voir peindre « live » sur pellicule et nous expliquer sa relation, parfois exaltée et parfois ardue, avec ses œuvres.

La voir verser des galons d’acrylique sur d’immenses toiles, étendre de la peinture pour façonner un grain de peau ou une mèche de cheveux au vent, dessiner au pinceau l’œil et son étincelle, une lèvre et sa moue sensuelle… Tout ça est un réel délice pour les amateurs de films sur l’art et les peintres frustrés (comme moi!).

J’envie le courage qu’elle a eu, il y a vingt ans, de s’exiler dans la grosse pomme pour devenir une de nos artistes québécoises contemporaines les plus appréciées à l’échelle internationale. La peintre que j’ai connue à la fin des années 80 à Montréal est devenue lumineuse. Elle est un modèle pour moi tant par son œuvre que sa démarche.

Elle est une des femmes les plus indépendantes et déterminées que je connaisse. Sans recul, elle expose sur ses toiles la sensualité que bien des hommes et des femmes ne peuvent soutenir. Je m’extasie sur le modèle de soixante ans (vous avez bien lu!) qu’elle est. Sans conjoint pour la définir, sans Botox pour la soutenir, elle court dans les rues de New York en bottes de cuir pour rejoindre son seul amour, celui qui se courbe sous son pinceau.

Les personnages de ses tableaux se déchaînent dans une danse charnelle et donnent envie de les accompagner. Le temps d’un regard, ils nous rappellent que l’énergie sexuelle est la plus forte sur terre.

Bien que certains de ses contemporains dénoncent le côté commercial de son art, Joanne Corno est devenue à la fois artiste et muse. Celle qui fut une jeune rebelle de son Chicoutimi natal est devenue Madone de la nouvelle génération de peintres québécois.

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