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Ranger sa maison pour ranger sa tête : le livre à lire

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Le rangement. Comment dire… Je n’y arrive pas. Littéralement. Quelqu’un arrivant à l’improviste chez moi pourrait penser que je souffre de syllogomanie, soit la drôle d’habitude d’accumuler de manière obsessive des objets sans égard à leur utilité. Je pourrais invoquer le fait d’être une maman mono ou encore la percutante commotion cérébrale qui diminue mon efficacité, mais il n’en reste pas moins que le rangement est pour moi une sorte de rêve inatteignable. Parce que les miracles arrivent rarement — et que pendant ce temps, la pile de vaisselle défie l’Everest et le courrier tarde au point où je pourrais y trouver mon bulletin du secondaire — j’ai décidé de m’accrocher à du vrai. Et ce vrai, c’est l’ouvrage L’art du rangement, de Hideko Yamashita.

Yamashita a nommé sa méthode DanShaRi qui signifie refuser, jeter et se détacher. Si ces trois actions semblent faciles, croyez-moi, ce n’est pas le cas.

LES TROIS ACTIONS DE LA MÉTHODE DANSHARI

REFUSER

Nous gardons tous un nombre incroyable de choses, au point où souvent celles-ci viennent compliquer notre quotidien. Selon l’auteure, le problème c’est que nous n’avons pas la bonne attitude envers les objets. Il est primordial de s’interroger sur la nature de la relation que nous entretenons avec eux. Prenons par exemple ce jean que vous gardez parce qu’il qui vous fera à merveille quand vous aurez dix livres en moins? Pourtant, vous ressentez le malaise d’avoir à perdre du poids chaque fois que vous le regardez. Il y a aussi cette armoire qui peine à fermer, car elle contient trois ensembles de vaisselle même si vous n’en utilisez qu’un. Chaque fois que vous ouvrez cette armoire, vous vous répétez que vous trouverez le temps de la ranger ce week-end. Le week-end venu, vous ne le faites pas et chaque fois le malaise de ne pas avoir respecté votre promesse grandit. Bref, l’accumulation d’objets vous nuit, car outre le fait de vous encombrer, elle touche aussi votre état psychologique.

La solution? Réfléchir à votre besoin réel et immédiat pour chaque objet. Refuser, c’est donc élire un objet, lui donner de la valeur, lui donner sa place et se débarrasser du reste. Vous avez certainement un jean préféré. Imaginez que vos tiroirs ne soient remplis que de vêtements utiles que vous aimez vraiment comme ce jean… Quel bonheur alors de les ouvrir! Ou encore, imaginez que le service de porcelaine de votre grand-mère devienne le celui que vous utilisez tous les jours parce que vous l’aimez et que vous méritez de vous accorder ce plaisir. Selon l’auteure, la conscience des objets que vous développerez changera votre mode de pensée et vous servira dans toutes les sphères de votre vie.

JETER

Yamashita classe les accumulateurs en trois catégories. Déterminer à laquelle vous appartenez peut vous aider à surmonter votre difficulté à jeter.

  • Ceux qui fuient la réalité : Ils ne veulent pas être confrontés à la tâche qui les attend. Ils ont le temps de ranger, mais ils occupent ce temps à faire autre chose pour ne pas se retrouver chez eux à ranger. Plus ils sont absents, plus les tâches s’accumulent et moins ils sont chez eux pour les accomplir.
  • Ceux qui sont très attachés au passé : médailles, mots doux d’un ancien amoureux et autres reliques du passé s’entassent et indiquent une obsession pour les temps heureux du passé. Peut-être refusent-ils d’être confrontés à la réalité.
  • Ceux qui sont angoissés par le futur : La particularité des gens de cette catégorie, c’est qu’ils accumulent des produits nécessaires au quotidien en (trop) grande quantité.

Si vous vous cachez derrière un sentiment de gaspillage, l’auteure vous recommande de plutôt voir l’action de jeter comme celle d’offrir une autre vie à un objet qui n’a aucune utilité pour vous en le donnant à un ami, des organismes, etc.

SE DÉTACHER

La pratique du Dan (refuser) et du Sha (jeter) vous mènera à « un état de détachement des liens qui vous unissaient aux objets, à un sentiment de légèreté et de liberté, soit le Ri ». On peut dire que le Danshari n’est pas une méthode de rangement traditionnelle dans la mesure où elle adopte une approche personnelle plutôt que matérielle. Autrement dit, en faisant le ménage dans notre maison, nous faisons aussi le ménage dans notre tête et notre cœur. En se débarrassant de l’inutile et de l’encombrant, tant dans notre environnement que dans notre esprit, on crée de l’espace pour mieux respirer. Avec soi, puis avec les autres.

Certains trouveront l’idée un peu ésotérique, mais quand on fait l’exercice, le résultat peut être surprenant. J’ai rempli 6 gros sacs qui ont pris le chemin de Renaissance. Il y a maintenant assez d’espace dans mon placard pour que j’y trouve facilement mes vêtements préférés. Je voulais prendre une photo tant l’image des six gros sacs alignés dans le couloir était frappante, mais je m’en suis débarrassée trop rapidement. Je craignais d’avoir envie d’y jeter un coup d’œil. Depuis une semaine, juste ouvrir la porte me donne le sourire. Plus rien ne me tombe sur la tête, je ne jure plus tout bas et je suis fière d’avoir enfin respecté la promesse que je me faisais depuis des mois.

Le livre est encore sur ma table de chevet. Parce que les bonnes habitudes sont difficiles à prendre et qu’il me reste toutes les autres pièces de la maison à faire en récitant tout bas, comme un mantra, « Danshari ».

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