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Séparation : 5 conseils pour que tout se passe bien avec les enfants

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Me Sylvie Schirm est une avocate qui se consacre exclusivement au droit de la famille. Auteure, chroniqueuse et conférencière, elle fera partie des invités du Salon Féminin Pluriel le dimanche 8 novembre prochain, à 10h30. Disons qu’elle en a vu, des situations familiales compliquées, des enfants déchirés, des conjoints ou conjointes de mauvaise foi. Sujet souvent tabou – qui veut raconter à ses amis que la séparation est un désastre? – beaucoup de gens se retrouvent complètement perdus pour prendre des décisions éclairées dans une période tumultueuse. Voici 5 précieux conseils de la spécialiste.

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Me Sylvie Schirm

  1. Contacter un avocat pour obtenir une consultation juridique au tout début pour être certain de ne pas commettre des erreurs qui pourraient nous nuire par la suite. Par exemple, récemment, une dame victime de violence conjugale décide de prendre l’enfant et de déménager dans une autre région. Monsieur est allé au poste de police pour dire que la mère avait enlevé ses enfants. En cour, plus tard, le juge a finalement donné la garde à l’agresseur parce qu’il trouvait que madame avait pris une décision sans consulter monsieur. Si elle avait eu dès le départ une consultation avec un avocat, elle aurait su que si elle prenait la décision de partir avec les enfants (même dans une maison d’ébergement pour femmes battues) il faut absolument entreprendre les procédures légales immédiatement pour ne pas être accusé d’enlèvement.                           On peut aussi éviter des situations de faits qui s’installent : quelqu’un qui accepte une garde partagée alors qu’il n’est pas vraiment d’accord. Si la garde existe depuis un ou deux mois, un tribunal peut décider qu’une situation de fait est installée et donc, garder cette garde existante. Pour vendre une maison, et récupérer la portion d’avant mariage, ça prend un avocat pour ne pas perdre ses droits et savoir à quoi on a droit. Souvent, on pense à des avocats en cas de litige, mais en droit de la famille, ce n’est pas ce lien qu’on doit faire. Ce n’est pas parce qu’il y a un avocat au dossier qu’on va aller nécessairement à la cour. On utilise toutes sortes de méthodes de négociation de nos jours, on tente de résoudre le dossier et on va en cour seulement quand il n’y a pas de possibilité de conclure une entente. 80 % des dossiers se règlent hors-cour. Une consultation peut donc vous sauver beaucoup de problème et on peut en avoir pour 100-150 $. Ça vaut la peine.
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  2. Ensuite, on se demande dans quel état on est. Suis-je dans un état émotif tel que je ne suis pas certaine de prendre les bonnes décisions? C’est à ce moment-là aussi qu’on peut avoir besoin de soutien. Ce dernier peut prendre plusieurs formes. On peut consulter un psychologue si on pense que des choses dans notre passé peuvent avoir des répercussions dans notre futur. On peut aussi se trouver un coach, ce qui se fait de plus en plus, qui va nous soutenir pendant une courte période et nous aider à prendre les bonnes décisions. On peut également aller voir un travailleur social en passant par le CLSC, même si les délais sont souvent longs. Il peut être utile de s’entourer de professionnels en santé mentale qui peuvent nous aider à passer au travers de l’épreuve de la séparation, car une rupture est un choc et si le conflit s’ajoute, ce n’est pas facile. Accepter de l’aide des amis et leur en parler, c’est bon pour vous et pour messieurs aussi!
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  3. Informez-vous! Avec Internet, on peut tout trouver. Allez lire sur l’impact de la séparation sur les enfants, par exemple. Allez faire un tour sur le site educaloi.com qui est excellent et donne beaucoup d’information. Ainsi, quand vous irez voir votre avocat, vous aurez déjà une base d’information et peut-être aussi une liste de questions plus spécifiques à poser. Renseignez-vous sur les besoins émotifs des enfants : de quoi ont-ils besoin? Les centres communautaires ont aussi parfois des ressources comme des groupes de soutien. Ça vaut la peine d’aller jeter un œil pour voir ce qui est disponible et ce, souvent gratuitement. Dans beaucoup d’entreprises, un service d’aide aux employés, confidentiel et gratuit, est offert.
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  4. Mettez de l’ordre dans vos papiers! Faites une liste de vos priorités : vendre la maison? Avoir une garde partagée? Obtenir une pension alimentaire? Mettez un peu d’ordre dans un moment de grand désordre pour vous ancrer, pour vous aider à vous concentrer sur ce qui est important.
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  5. Essayez de voir quelles sont les façons de vous protéger dans la situation… Souvent, des clients me disent que juste recevoir un courriel, un appel ou encore un texto de leur ex, ça les rend malades. Toutes ces communications, il y a des façons de les contrôler. On peut mettre des règles comme par exemple, décider de ne pas ouvrir le texto avant que l’enfant soit au lit, pour lui éviter de subir les contrecoups de la colère que le texto pourrait générer. Ces règles peuvent vous aider en attendant de savoir comment composer avec la situation. Ça va diminuer grandement le stress existant.

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