Culturel

Si jeune et si grande

film-une

Le destin fabuleux de Rachel Mwanza…

Je venais de trouver le titre parfait pour mon article sur l’actrice du film Rebelle, qui est passée d’enfant de la rue au Congo, à actrice dans un film nommé aux Oscars. Fabuleux, le destin de Rachel l’est certainement. C’est pourquoi 2600 journalistes ont eu la brillante idée de faire référence au fameux film et/ou d’utiliser ces deux mots dans leur article. Preuve que l’histoire de cette jeune fille de 17 ans fait vibrer au diapason.

Allons donc à l’essentiel. Les meilleurs récits sont souvent écrits simplement. L’auteur de Survivre pour voir ce jour, Rachel Mwanza a choisi de raconter son histoire à Dédy Bilamba, coauteur du livre, dans la simplicité et l’ouverture, ce qui fait de Survivre une biographie extrêmement poignante dès les premières pages, où elle raconte son arrivée à Berlin, en février 2012, pour le prestigieux festival de films. C’est là que le choc des réalités fit son effet : on s’arrête à un feu pour laisser traverser les piétons. Je remarque des enfants dans la foule et réalise qu’aucun d’entre eux n’est seul. Ils sont tous accompagnés de leurs parents, enfin, je pense qu’il s’agit de leurs parents. Inconsciemment, je m’attends à voir apparaître des enfants vagabonds, livrés à eux-mêmes, mais non, à ma grande surprise, je n’en vois aucun. Jusqu’à huit ans, Rachel vit une enfance paisible, dans une riche province à près de 1000 km de la capitale du Congo. À cette époque, son père décide de se débarrasser de sa femme et de ses six enfants pour se remarier. Ils se retrouvent en ville, sans le sou et peu à peu, la mère de Rachel, une jolie femme peu instruite, s’imagine que Rachel est possédée et qu’elle est donc la source de toutes les malchances de la famille. Après de longues sessions d’exorcisme, Rachel est accusée de sorcellerie et abandonnée par sa famille, dans les rues de Kinshasa. Elle a 9 ans. C’est dans la rue qu’elle connait la douleur de la faim, de la peur, du viol. Cette douleur, elle est racontée telle quelle, sans détour, sans mélodrame. Survivre n’est pas une biographie larmoyante, bien au contraire. Rachel témoigne avec sa jeune voix la réalité de millions d’enfants qui n’auront pas la même chance, d’être repêchée par une équipe de production québécoise, qui lui donne un premier rôle dans un film. La productrice, Anne-Marie Gélinas et le réalisateur Kim Nguyen ont depuis parrainé l’adolescente et elle vient tout juste d’arriver à Montréal pour terminer ses études (qu’elle a dû abandonner à l’âge de huit ans). Rachel a maintenant sa fondation pour aider les enfants de la rue et deviendra sous peu Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO. Celle qui n’a jamais pu retrouver ses parents a écrit ce livre qu’elle qualifie elle-même de récit sur l’espoir. Une histoire fabuleuse, pour une fille qui l’est tout autant.

Bravo Rachel et merci de nous avoir choisis comme terre d’accueil.

Je suis une survivante. Je ne veux pas susciter la pitié, mais l’espoir… Cet espoir, je veux le donner à tous ceux qui, abandonnés à leur triste sort, n’ont même plus la force de rêver.

006012014104950000000mwanzacouv

Partager cet article

Vous aimerez également