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Single fille: Le printemps

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Ce que j’aime du printemps, c’est cette espèce de renouveau qui revient chaque année. Cette énergie que nous n’avions plus et qui revient sans crier gare, insufflant en même temps un vent doux de positivisme et de gaieté sur toutes les parcelles de nos vies. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais dès que le soleil commence à déployer ses rayons, dès qu’un ou deux bourgeons se montrent le bout du nez, je me lève aux aurores, ma tête bouillonne de projets et, la chose la plus bizarre, je n’ai besoin de rien d’autre.

Ce qu’il y a de particulier au Québec lorsque le printemps arrive, c’est que tout à coup, les hommes sont plus entreprenants. Ils n’hésitent pas à vous faire des compliments et à prendre les devants s’ils vous sentent le moindrement ouverte. Chose certaine, sans nos manteaux d’hiver, dans des vêtements plus légers, nous devenons plus attrayantes et plus séduisantes. Après l’hibernation vient la saison des amours, c’est animal et juste normal.

Donc, samedi dernier, deux copines et moi décidons d’aller marcher sur le mont Royal. Expédition ultra urbaine quand la chaleur commence à se faire sentir. Je n’aime pas particulièrement aller sur le mont Royal pendant cette saison. Il y a trop de monde. Marcher devient un périple en soi et une grande concentration est de mise afin de ne pas se faire happer par des cyclistes trop excités de pouvoir enfin pédaler à leur guise. Mais j’avoue aimer cette ambiance de fête qui y règne, où plein de gens de toutes les cultures se rencontrent en groupe ou en duo pour célébrer un genre d’hymne au printemps.

Nous étions deux célibataires et une en couple. La copine, celle qui est en couple, nous dit d’emblée: Là, les filles, dans les sentiers que nous allons faire, si vous croisez de beaux bonshommes, vous allez les saluer. C’est le printemps, profitez-en! Mon autre amie et moi avons trouvé ça cucul, mais on est de bonne humeur, alors pourquoi pas? Nous commençons notre marche. Les premiers hommes que nous avons croisés, c’est mon amie Geneviève qui les a salués. Moi, je ne les avais même pas remarqués. J’étais prise dans notre conversation et j’avoue n’avoir même pas levé la tête pour les regarder. Mon amie Geneviève, plus courageuse que moi, oui. Les filles me rabrouent un peu et rient de moi un tantinet. Mon côté un peu sauvage et timide me fait souvent regarder par terre. Comme s’il y avait quelque chose de plus intéressant à voir parmi les roches et la terre sur lesquelles nous déposons nos pieds. Chantal me dit alors que je trouverais la nature bien plus jolie si je levais la tête de temps à autre, ce qui est vrai. Le décor du mont Royal est en effet magnifique, mais ceux qui y gambadent y sont souvent aussi.

C’est ainsi que mon aventure je regarde autour de moi débuta. Mon premier essai fut avec un joggeur. Je lui dis bonjour. Pas de réponse. OK, il portait des écouteurs. Échec total. Deuxième essai: deux amis qui marchaient tranquillement dans un sentier. Je leur ai lancé un bonjour! Ils ont ralenti et m’ont dit bonjour à leur tour avec de grands sourires surpris. L’un d’eux a même ajouté Ça va bien? Oui ça va, bonne journée! Et voilà! Chose faite! J’ai relevé le défi, je ne suis pas morte et surtout, mon ego a vraiment aimé ça. Allez on recommence! C’est avec les épaules bien droites et la tête bien haute que nous avons commencé à saluer carrément tout le monde. Les cyclistes, les joggeurs, les randonneurs, ceux étendus dans l’herbe et même les policiers faisant leur ronde à dos de cheval y sont passés. Mais savez-vous quoi? My god que j’ai ri! On a eu le droit pendant notre activité à de généreux sourires et à des regards ébahis et approbateurs. Même que souvent, après notre passage, les hommes se retournaient pour nous regarder de nouveau.

Il n’y a pas eu de rapprochement, mais beaucoup de plaisir et de fous rires. J’pense que le but n’était pas de faire des rencontres ou quoi que ce soit. L’objectif était de participer à la magie du printemps, cette courte saison qui arrive une fois l’an et où il est bon de s’abreuver de promesses. À la fin de la randonnée, on se trouvait belles et hot. Vraiment, mon estime de moi était à son comble.

Et tout cela, juste parce que j’ai décidé d’oser lever la tête et être ouverte à tout ce qui se passait autour de moi. Juste ça. Avoir su plus tôt, j’aurais essayé avant! Parce qu’entre me regarder les orteils et regarder ce que la nature offre de plus beau, c’est tout de même cette nature qui m’a fait me sentir belle, pas ma pédicure que personne n’a remarquée de toute façon. Essayez ça lors de votre prochaine sortie. Votre confiance en vous vous remerciera et un sourire se dessinera naturellement sur votre visage. Je vous le garantis.

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