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Single fille: Occupation Double

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Juste avant les fêtes, je suis retournée sur Tinder. Encore une fois, j’ai eu l’impression de dire les mêmes choses et de voir les mêmes faces. Peu à peu, mon moral, tout comme les journées, a raccourci, en ayant l’impression que Tinder était l’endroit parfait où tous mes rêves allaient se cacher pour mourir. Pourtant, un vendredi soir, je suis tombée sur lui. Le premier contact a été maladroit de sa part, mais j’étais tellement désillusionnée que je m’en foutais un peu. Il était gentil, c’était mieux que rien.

Après quelques jours à me morfondre sur une application qui me donnait des boutons, j’ai décidé de laisser tomber. Noël s’en venait, le festival des partys allait commencer, valait mieux que je garde mes énergies au lieu de converser avec des émoticônes. J’ai invité le gars à venir me rejoindre sur Facebook. Nous avons continué à discuter sur Messenger. On parlait de nos vies, de nos blessures, de nos joies… Bref, le courant passait bien. Nous étions en pleine période des fêtes alors nous n’avons pas envisagé nous rencontrer.

Après les fêtes, l’envie de se voir en chair et en os s’est manifestée. Je le lui ai fait savoir. Il m’a dit qu’il avait le goût lui aussi. Ok… Alors, fixons une date! Je lui ai offert mes disponibilités. Il ne pouvait pas. Je me suis réessayée… Pas possible. Il y avait toujours quelque chose, que ce soit sa fille ou encore son travail. Je commençais à être comme un peu frustrée. Le doute a fait son entrée singulière : comment pouvais-je m’abaisser à ce niveau? Je n’avais pas à quémander un rendez-vous comme une mendiante ou comme une pauvre paumée!

Plus j’avais de refus et plus cet homme n’en était plus un pour moi. Je lui ai donné un ultimatum. Il m’a répondu que ça n’allait pas super bien au travail et que financièrement, il ne pouvait pas faire de grandes sorties et donc, qu’il était impossible de me rencontrer. Ok, il me niaise? Je vaux plus que ce genre de réponse. Je l’ai laissé tomber et l’ai enlevé de tous mes réseaux sociaux.

Quelques semaines plus tard, je suis de retour en selle sur Tinder. De nulle part, il trouve le moyen de me recontacter de fixer un rendez-vous. Mon enthousiasme n’est vraiment pas là, mais une amie me dit que je n’ai rien à perdre. Je le rencontre un jeudi après une semaine chaotique. Je suis complètement brûlée, j’ai juste envie de rentrer chez moi et de regarder un film. Mais je me rends dans ce bar quand même. Je n’ai rien à perdre, c’est ce que je me répète.

En quelques secondes, le contact devient magique. On prend un verre, on parle, on rit. Tout est agréable. Je retourne chez moi le cœur léger. Je ne sais pas pourquoi, mais pour la première fois depuis un an, j’ai le goût de revoir un homme. Le lendemain, il m’écrit un texto. Le plus beau que je n’ai jamais reçu. Il m’a trouvée belle, sexy, drôle, intelligente et il veut me revoir. Cette fois-ci par contre, j’ai envie de prendre mon temps. De toute façon, il n’y a rien qui presse et je sens qu’avec lui, je peux m’offrir ce luxe.

Quelques jours passent, une semaine, deux semaines et il n’y a toujours pas de deuxième rendez-vous de planifié. Je ne m’inquiète pas trop, mais en même temps, au fond de moi, il y a une petite fille qui commence à devenir craintive. Il me rassure en me disant qu’il a beaucoup de travail et qu’il se languit de me revoir… Bon ok, s’il se languit, je suis correcte!

Un soir, je discute avec une amie qui est aussi célibataire. Elle a rencontré quelqu’un sur Tinder. Il est gentil et elle adore parler avec lui. Elle semble avoir beaucoup d’affinités avec lui, et plus la conversation avance, plus je commence à trouver quelques corrélations entre son nouveau prétendant et le mien. Je lui demande de m’envoyer sa photo. Surprise! Nous partageons un intérêt pour le même homme!

Ma première réaction a été de me dire: il ne me doit rien. C’est vrai. Mais mon orgueil, lui, fut piqué à vif.

Je tente de tester l’honnêteté de «mon homme»:

Coudonc, es-tu encore sur Tinder?

Il me répond qu’il a un compte, mais qu’il n’y est pas allé depuis des siècles. Je n’ai pas oublié qu’au cours de nos grandes conversations, il m’avait parlé de sa désintox de tous ces sites qui ne menaient à rien.

Je lui réponds :

C’est vraiment bizarre. Aujourd’hui, j’ai une copine qui me disait qu’elle correspondait avec un gars super intéressant sur Tinder. J’ai été curieuse, je lui ai demandé qui c’était et elle m’a envoyé ta photo… Le monde est petit, hein?

Il me répond qu’il a toujours été clair à ce sujet (ah bon?), qu’il voulait développer des amitiés avec des femmes et que, quand il allait le sentir, il allait choisir parmi elles celle avec qui il allait développer un autre type de relation.

Tu voulais te faire des amies? Vraiment? Petit conseil d’amie, mon chum, si tu veux te faire des copines, ne va pas sur Tinder. Inscris-toi plutôt à un club de marche!

Il me répond:

Mais toi, tu as une longueur d’avance sur les autres en ce moment…

Damn! Je fais partie d’un genre d’Occupation Double pour quarantenaire sans le savoir! WOW!

Ce gars-là ne me doit rien, mais l’idée d’être «en compétition» contre d’autres femmes, dont l’une que je connais, ne me plaît pas du tout. Ça rentre dans la case: j’aurais aimé mieux pas l’savoir! Car si j’avais voulu ça, je me serais inscrite dans un jeu télévisé (si cela existait pour les gens de mon âge, évidemment). J’aime ça, moi, avoir comme l’impression que je suis la seule.

Je fais un pas en arrière et je regarde les balbutiements de cette relation qui dure depuis 4 mois. J’ai discuté longuement sur Internet avec lui sans avance de sa part. Je l’ai quasiment supplié pour un rendez-vous. Après en avoir eu un, je n’en ai pas eu d’autres, même s’il me dit sans cesse à quel point il a hâte de me revoir. Et là, je suis finaliste dans un concours. Cela me frappe de plein fouet: ce gars-là ne veut pas s’engager. Il ne veut pas de blonde. Il n’est pas prêt. Il a un plan qui ne peut pas tenir la route. Sa tête veut être en couple, mais son cœur n’y est pas.

Son aventure va se continuer sans moi. Dans son jeu de la séduction, j’ai décidé de me donner le premier prix. Je me suis choisie. Je repars sans nouvelle voiture et nouvelle maison, mais au moins, mon amour-propre va rester intact.

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