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Suis-je queer? Parce qu’on est en 2016!

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Queer, c’est quoi exactement?

Certaines personnes ne sont pas à l’aise de se définir comme étant gaies, lesbiennes ou bisexuelles. Peut-on vraiment les blâmer? Pourquoi voudraient-elles s’apposer une étiquette? Les étiquettes sont malheureusement synonymes de normes et d’oppression. Trop souvent encore, des préjugés sont attribués aux personnes qui affichent leurs différences. Enfin, se définir par son orientation sexuelle est pour plusieurs synonyme de se définir uniquement que par une partie de ce que l’on est vraiment comme individu.

La théorie queer est apparue vers le milieu des années 1980. Le terme queer vient à la base d’une insulte qui signifie étrange. Les militants gais et lesbiens de la théorie queer ont choisi stratégiquement de se réapproprier cette insulte pour en faire une fierté. Ils ont en quelque sorte transformé une catégorie réductrice en une catégorie valorisante qui en plus crée une solidarité entre les membres.

Le fondement de la théorie repose sur un refus de s’identifier à des catégories qui ont été construites dans un système social où la norme est l’hétérosexualité. Les queers sont donc des personnes qui refusent toute catégorisation qu’elle soit de sexe, de genre ou d’orientation sexuelle.Pour eux, le monde n’est pas divisé en deux groupes soit les hétérosexuels et ceux qui ne le sont pas. Au contraire, ils voient l’identité comme étant changeante au cours d’une vie et selon les multiples contextes. L’orientation sexuelle est perçue davantage comme un continuum entre homosexualité et hétérosexualité. La théorie queer va même plus loin. Elle voit un continuum entre masculin et féminin. Qu’est-ce qu’un homme et qu’est-ce qu’une femme ? Le sexe et le genre ne coïncident pas toujours. Les histoires de femmes et d’hommes qui se sentent prisonniers dans le corps d’un sexe auquel ils ont peine à s’identifier sont nombreuses. Nous pouvons tous attester de la puissance du social qui dès notre jeune âge nous catégorise comme étant des filles ou des garçons. En nous attribuant des attitudes, des qualités ou encore des valeurs différentes selon notre sexe anatomique. Pourtant, à la base, nous sommes tous des êtres humains uniques et complexes, avec nos expériences de vie, nos préférences et une identité qui nous est propre. En fait, nous sommes tous des êtres attirants. Les bisexuels nous confrontent bien à cette réalité : pourquoi choisir un genre au détriment d’un autre et est-ce vraiment un choix ou simplement une préférence faisant partie de notre identité? L’important ici est de choisir l’amour plutôt que la haine. Le respect des différences plutôt que la peur.

Mais quelle est donc la grande différence entre bisexuel et queer? Certains accuseront les bisexuels de ne pas assumer leur homosexualité, d’être confus. Au contraire, nous devrions applaudir leur courage de revendiquer une indépendance face aux normes sociales et leur capacité d’affirmation de soi. L’ambivalence peut être très difficile à vivre si on se conforme aux normes sociales qui sont ancrées en nous depuis notre tendre enfance. Au fond, l’important n’est-il pas l’épanouissement personnel ?

La grande différence entre bisexuel et queer vient du fait que les queers s’attaquent aux catégories pour permettre une plus grande ouverture sur la diversité. Leur combat vise à mettre fin à l’intimidation et à l’oppression comme tous les militants des minorités sexuelles.

Vivre sa bisexualité

Il existe plusieurs types de bisexualité. L’attirance pour les deux sexes peut être en alternance ou simultanée. Elle peut servir de transition entre les orientations homosexuelle et hétérosexuelle. Elle peut aussi être expérimentale ou encore à tendance homosexuelle ou à tendance hétérosexuelle. Ce qui est important, c’est de ne pas confondre la bisexualité avec des pratiques sexuelles plus libertines comme l’échangisme ou les ménages à trois. En amour, la majorité des gens préfèrent encore l’exclusivité au partage. Il est simplement possible pour les bisexuels de tomber amoureux d’une personne plus que d’un genre. Quand on y pense, leur sexualité est simplement plus flexible! L’important pour une qualité de vie amoureuse chez tous les individus, c’est encore d’avoir une bonne communication et de respecter notre partenaire.

Et les bispirituels (2-spirited)?

Le terme bispiritualité vient des indiens Zuñis du Nouveau-Mexique qui reconnaissaient les hommes-femmes comme des chamans ou des guérisseurs pour la tribu. Ils appelaient ces individus des berdaches. En bref, les berdaches étaient libres de changer de genre en portant des vêtements de l’autre sexe et en adoptant les rôles et les activités associés à l’autre sexe. Les activités sexuelles avec des individus du même sexe biologique devenaient alors possibles et étaient acceptées par la tribu. Le terme two spirited people vient du fait qu’on leur attribuait le don de double vue, car ils possédaient la connaissance des deux sexes.

Certains auteurs affirment que cette acceptation du passage facile entre les deux genres viendrait du respect et du pouvoir que l’on accordait aux femmes dans ces sociétés. En se transformant en femmes, les hommes n’étaient aucunement rabaissés par leur communauté. Bref, moins les différences sont marquées entre le féminin et le masculin, plus il existerait de place pour l’expression de sa différence sans oppression ou intimidation. L’acronyme LGBTQ2 nous démontre la fabuleuse diversité des comportements sexuels humains. Une femme est beaucoup plus qu’une lesbienne ou une bisexuelle. Il en va de même pour les hommes. Pourquoi enfermer les gens dans des catégories? Célébrons plutôt nos différences.

Les personnes intéressées à en connaître davantage sur les queers peuvent trouver sur Internet pas mal d’information. Voici quelques sites en particulier :

http://www.lespantheresroses.org

http://www.politiq.info/

http://riotcoco.blogspot.com

http://www.qzap.org

 

*Source : Langis, P. a. (2015). La sexualité humaine (2e édition): Montréal : Pearson, [2015], ©2015.

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