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Tablette électronique et les enfants: on se déculpabilise?

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Téléphones intelligents, tablettes électroniques, télévision, les écrans font indéniablement partie de nos vies. Ce sujet revient dans l’actualité alors que l’American Association of Pediatrics s’apprête à changer ses recommandations sur le temps d’écran auquel les enfants devraient être exposés. Sera-t-il plus long? Sera-t-il différent selon le type d’écran? Plusieurs questions se posent, mais d’ici là, est-il possible de déculpabiliser les parents, tout en expliquant pourquoi il est mieux de limiter le temps d’écran des enfants?

Une utilisation équilibrée

D’abord, il faut s’admettre que la technologie fait partie de nos vies d’adulte. Comment croire qu’il est réaliste de l’évincer complètement de la vie de nos enfants comme si nous vivions chez les amish? De la même façon qu’il est bénéfique pour vous de limiter votre utilisation, vous devriez appliquer cette règle pour vos enfants.

Intégrer l’utilisation des écrans dans votre quotidien ne veut pas dire que l’enfant doit être rivé dessus 24 h par jour! Il s’agit plutôt d’instaurer une utilisation saine, équilibrée et contrôlée. Bouger, parler et lire avec son enfant, c’est merveilleux. Mais lorsque vous avez un souper à préparer en quelques minutes, installer votre enfant devant un petit film peut vous permettre de respirer un peu et c’est correct ainsi.

Du cas par cas

Chaque contexte est différent. Cela implique que vous deviez faire preuve de jugement et adapter l’utilisation des écrans à votre réalité. Si vous sentez que votre patience a atteint ses limites aujourd’hui, alors oui, peut-être que la tablette électronique est l’option à choisir pour occuper vos enfants. Ce moment pourrait vous permettre d’être plus calme et reposé et d’être ensuite davantage disponible pour votre enfant.

La situation dépend aussi de l’âge; plus l’enfant est jeune, plus il est bénéfique pour lui d’explorer son environnement plutôt que d’être devant un écran. L’idée à retenir, c’est que lorsque l’enfant se trouve devant un écran, surtout en bas âge, il ne fait pas d’autres types d’activités essentielles à son développement. En revanche, il a tout à gagner à explorer son monde, car c’est la meilleure façon d’apprendre.

Favoriser la diversité des apprentissages

Si un enfant se trouve dans un environnement qui lui offre des occasions de lire, d’être créatif, de faire de l’activité physique, de socialiser, de passer du temps en famille et d’expérimenter, ce n’est pas un peu de temps d’écran qui va compromettre son développement. Conscientisez alors votre enfant à reconnaître ses options pour qu’il ne choisisse pas toujours l’utilisation des écrans pour s’occuper. D’ailleurs, gardez en tête que la gestion de l’ennui et la patience, ça s’apprend aussi! Amenez votre enfant à comprendre qu’il n’a pas à se ruer sur un écran dès qu’un moment libre se présente. Au contraire, un livre ou un casse-tête peuvent tout autant combler son besoin de se divertir!

Ce que la science en dit

Il est vrai que plusieurs études rigoureuses ont relevé des liens entre certains problèmes de développement (sommeil, langage, attention, comportement, alimentation, scolaires, etc.) et le temps d’écran. Ces conclusions nous rappellent qu’il est nécessaire comme parent d’exercer un contrôle sur la quantité et la qualité du matériel auquel nos enfants sont exposés. Aussi, évitez de choisir les écrans au détriment d’autres sphères de développement de votre enfant (ex. : motricité, socialisation, etc.)

Quoi choisir?

Certains experts en technologie, comme Alexandra Samuel, suggèrent qu’au-delà de la durée de temps auquel l’enfant est exposé, c’est le contenu qui est important. Dans une entrevue, elle a défendu le fait que certaines applications/émissions peuvent surstimuler certains enfants alors qu’elles peuvent être bénéfiques pour d’autres. Ce genre d’opinion est à considérer avec précaution, car jusqu’à présent, la recherche n’appuie pas ce fait.

Alexandra Samuel

Alexandra Samuel

Ceci dit, madame Samuel souligne que les médias actifs, tels que les jeux sur la Wii Fit, sont particulièrement intéressants, car ils permettent également à l’enfant de faire de l’activité physique. Autre exemple : votre enfant apprend présentement ses lettres à l’école? Pourquoi ne pas choisir une application où il peut reconnaître les lettres! L’application pour iPad Fin Lapin d’Allô Prof est l’une des plus intéressantes pour les maths également.

D’ailleurs, si vous êtes avec votre enfant pour discuter de ce qu’il voit et fait, c’est encore mieux! Cherchez à développer un rôle de parent-mentor en ce qui concerne la technologie. Alexandra Samuel propose que ce type de parents a pour objectif d’apprendre à leurs enfants à avoir une consommation équilibrée. Ils les conscientisent et les guident dans leur utilisation des écrans. Selon l’experte, cette approche peut facilement être adaptée par les parents d’enfants de tous âges. En revanche, les parents-facilitateurs permettent à leurs enfants d’accéder aux écrans avec un minimum de guidance et de contrôle. Leur environnement et leur entourage déterminent comment ils utiliseront la technologie dans leur quotidien. Ce phénomène semble être particulièrement présent chez les parents d’adolescents. Pour ce qui est des parents-limiteurs, qui ont généralement des enfants d’âge préscolaire, ils sont très préoccupés par le temps d’écran auquel leur enfant est exposé. Ils saisissent chaque occasion de fermer la télévision ou la tablette, car ils s’inquiètent entre autres des répercussions au plan cognitif et social. Selon l’auteur, parmi ces trois catégories, les enfants de parents-mentors sont les mieux préparés pour faire une utilisation saine, responsable et réaliste de leurs écrans. Cette perspective nuancée d’Alexandra Samuel est particulièrement intéressante compte tenu du contexte actuel des familles.

En terminant, même si les recommandations de l’American Association of Pediatrics sont à venir, vous pouvez déjà réfléchir aux raisons qui vous poussent à utiliser les écrans chez vous. Est-ce pour alléger la routine ou c’est plutôt un indice que vous êtes épuisé par votre vie familiale? Cette réflexion peut amorcer une prise de conscience de votre situation, et déboucher vers une demande d’aide. N’hésitez pas à le faire si c’est le cas.

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