Culturel

Une auteure est née

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On dit que l’on renaît un peu quand on enfante. En adoptant une petite Haïtienne à 47 ans, Diane Lavoie a aussi donné naissance à un nouveau métier. De créatrice de costumes à Radio-Canada, elle est devenue auteure d’un premier livre, Tremblement de mère, à qui je réclame déjà un frérot ou une sœurette.

N’ayant pu attendre un jour de plus que l’éditeur m’envoie une copie de son livre, je me suis téléchargé Tremblement hier soir. Préférant l’œuvre aux bras chauds de mon mari, j’ai eu un coup de foudre littéraire comme ils sont rares. Exactement comme le jour où je suis tombée en amour avec l’écriture de Yasmina Khadra, grâce à un exemplaire de Ce que le jour doit à la nuit, emprunté à la réception d’un tout-inclus dans le sud. L’impression de vouloir manger les pages, de se délecter des mots choisis, de suivre les connexions cérébrales d’un autre être humain. Même chose avec Amélie Nothomb et son fameux Stupeur et tremblements. Lire et vibrer de l’intérieur. Vouloir en acheter un exemplaire à tous ses amis… Les sommer de le lire… C’est exactement ce que j’ai envie de faire aujourd’hui avec le récit tumultueux de Diane Lavoie. Comment ne pas applaudir cette auteure « débutante » qui a eu envie d’offrir à sa fille son histoire en quelques centaines de pages?

« Je t’ai écrit ce livre pour m’excuser.

Je porte la peine de ma mère, celle de sa mère avant elle, celle de toutes les femmes avant, avant elles. Je suis comme une poupée russe et j’ai peur de te remplir le ventre.

Je t’ai écrit ce livre pour que repoussent tes racines. Je ne veux pas te rendre tes trois premières années, je peux seulement t’aider à recommencer ton histoire. Excuses et racines. Accepte ce que je t’offre avec humilité, inclinée bien bas devant ta force et ton courage. »

C’était l’introduction du livre. La suite nous fait un peu penser à un épisode de La Galère. Une écriture « parlée », empreinte d’humour et de poésie, qui ne semble jamais empruntée à personne. L’histoire de Diane est surtout d’une humilité telle face à la maternité, qu’elle nous renvoie à la dure réalité que vous et moi, père ou mère, avons un jour ou l’autre vécue. Que notre enfant nous ait été offert ou que l’on ait créé le fœtus à l’aide de nos propres cellules, viendra tôt ou tard la rencontre-choc entre deux êtres humains bien différents qui doivent s’apprivoiser. Tout n’est pas rose au pays de la parentalité et le voyage de Diane en est un des plus bouleversants.

Maintenant, est-ce que cette nouvelle auteure dont tout le monde parle aura envie de nous proposer un deuxième récit ou s’en tiendra-t-elle à un enfant ou un livre unique? Qu’importe la progéniture, je lui souhaite de prendre son temps, car une histoire comme celle-là se mûrit pendant des années, pour notre bénéfice et plaisir à tous. Mais si jamais elle en veut un autre, je m’offre pour garder n’importe quand!!!

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