Vivre

Une Wi-Fille au pays du réel

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Je l’ai fait!!!! J’ai réussi! Deux semaines sans réseaux sociaux plus une semaine de retour progressif et savez-vous quoi? Cela n’a pas fait si mal. Bien sûr que j’aurais aimé publier des photos de notre rencontre backstage au St-Denis avec les filles, Marie Mai et ses musiciens (quelques jours avant la triste annonce) mais j’ai tenu le coup en faisant ma prière des AA…ou presque!.J’ai d’ailleurs failli ne pas rencontrer Marie ce soir-là, puisque j’ai réalisé que nous nous parlions que par messages privés sur Twitter et que je n’avais jamais pensé noter son numéro de cellulaire, ce qui prouve l’importance que ce genre d’application a pris dans nos communications.

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Comme tout le monde, j’aurais aussi aimé publier quelques jours auparavant la vidéo de la Miss Univers couronnée à qui l’on a retiré son titre après une minute de gloire, mais la vérité est que je ne me suis pas ennuyée une seconde de ma vie de Wi-Fille, même si au départ, j’imaginais une désintox plus brutale. Il y avait ceux qui ne croyaient même pas que je réussirais (allô Sébastien Benoit!) et ceux qui ont accepté de relever le défi (j’ai d’ailleurs hâte d’avoir de vos nouvelles!). Première étape: j’ai retiré toutes les applications de mon cellulaire et de mon iPad. Bye bye Facebook, Twitter, Echofon et Instagram. Par la suite, j’ai enlevé toutes les notifications qui auraient pu me chatouiller la fibre optique. Plus de messenger, plus de nouvelles qui «poppent» sur mon écran de La Presse, du Journal, même si j’ai gardé l’option de m’informer sur celles-ci, mais à mon rythme. Résultat? J’ai arrêté d’être dans l’urgence. Le Web est un vortex puissant qui aspire l’énergie sans en donner en retour. Avez-vous réalisé à quel point nous sommes vidés et parfois même anxieux après une journée passée devant l’ordinateur? De surcroît, nous pensons nous divertir après le boulot en pianotant, insouciants sur ces jeux sociaux (car ils en sont) sans voir le temps filer. Remarquez à quel point la formule des courriels est désuète comparativement à FB et Twitter qui sont en mouvement constant. Quand c’est rendu que l’on trouve ça plate, répondre à un simple courriel et que machinalement on saute sur les réseaux pour se désennuyer, ça en dit long!

Ma révélation? Pendant mon décrochage, la Wi-Fille que j’étais, déchirée entre trois sphères d’activités dans la même minute est devenue femme, mère et artiste. Entière. Je ne sais pas si mes filles se sont aperçues de la différence, mais moi, oui. J’étais tout ouïe à écouter leurs histoires, leurs peines et leurs envies. Je me suis préférée comme ça. J’ai préféré ma vie de mère comme ça. Je me suis donc promis de décrocher le plus souvent possible les soirs et les fins de semaine, et plus longtemps aux trimestres, pour saisir l’essentiel.

Est-ce que je recommencerais le défi demain matin? Si je n’avais pas le travail que j’ai, oui. Je me souviens de la première conférence au sujet des réseaux sociaux qu’un ancien employeur nous avait offerte lors d’une rencontre annuelle. Dominic Arpin (notre maître du Web à l’époque) nous avait donné le cours en réseaux sociaux 101. En bonne élève, je m’étais tout de suite mise à la tâche. Le message de l’entreprise était clair: vous êtes des animateurs engagés et suivis sur les réseaux sociaux ou vous le l’êtes pas du tout. Les plus anciens DJ s’étaient mis à l’œuvre en bougonnant, mais j’y avais vraiment trouvé un réel plaisir. C’était une activité grâce à laquelle je pouvais évacuer le trop-plein de mon esprit créatif. On n’est plus jamais seul grâce aux réseaux sociaux. Il y aura toujours quelqu’un pour accuser réception. Puis, cela m’a permis d’écrire comme jamais auparavant. De partager mes angoisses, mes folies, mes coups de cœur. Ce qui est moins bien, c’est qu’ils me scindent l’esprit à l’usage. Qu’ils font de moi un être en déficit d’attention, au cortisol au-dessus de la limite maximale et le pire, c’est que je m’y suis habituée. Pendant deux semaines presque trois, j’ai mis un stop sur les réseaux sociaux, mais ma vie n’était pas au neutre. Au contraire, je l’ai trouvée ravissante, apaisante et magique.

Je retournerai à la radio demain, en ayant trouvé une discipline de vie plus saine, mais en gardant mon amour du partage et de la communication. D’ailleurs, si vous m’avez lue jusqu’à la fin, je me félicite de ne pas être aussi plate qu’un courriel 🙂

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